Société

Camps de Musenyi I et II : 22 800 réfugiés congolais en détresse

Les camps de réfugiés Musenyi I et II abritent aujourd’hui 22 800 Congolais. Après l’arrivée massive de février 2025, les conditions de logement sont devenues critiques.  Entre maisons en dur, tentes et hangars communautaires, la vie diffère mais reste difficile pour tous. Les réfugiés dénoncent chaleur, vols, insécurité et abris détériorés, appelant à l’aide les bienfaiteurs.

Les tentes qui commencent à se détériorer sont fermées à l’aide de simples cordes, mettant en danger leurs occupants.

A 70 km du centre urbain de Rutana dans la province de Burunga au Sud-Est du pays se trouvent les camps de réfugiés congolais Musenyi I et II. Ces sites abritent aujourd’hui 22 800 personnes. En 2024, ils n’étaient que 3 000, mais l’afflux massif du 15 février 2025 a bouleversé la situation, portant le nombre total à près de 23 000 réfugiés.

Comme le précise Judicaël Kaburo, secrétaire exécutif des sites de Musenyi I et II, la vie dans ces sites est difficile. Effectivement, ce n’est pas du tout facile pour quelqu’un qui a laissé tout au Congo, les parents, les amis, le travail et de venir commencer à zéro au Burundi.

Le logement : Un grand défi

Dans ces sites, il y a un problème sérieux de logement. Trois types de logements y sont recensés : des maisons en dur, des tentes et des hangars communautaires. Les réfugiés arrivés en 2024 vivent dans des maisons construites en dur, tandis que ceux arrivés début 2025 sont installés dans les hangars ou les tentes. Comme le souligne Kaburo, ceux qui vivent dans les hangars et les tentes font face à beaucoup de risques. Un hangar communautaire abrite entre 125 et 130 personnes. La vie y est compliquée à cause du manque d’intimité et de la promiscuité qui rendent le quotidien particulièrement éprouvant.

La vie dans les tentes, bien que moins compliquée que dans les hangars, reste très difficile. Madame Siyapata Matumaini, 42 ans, vit avec cinq de ses enfants dans une petite tente subdivisée en trois petites pièces séparées par de vieux rideaux. La chaleur dans cette tente est insupportable pendant la journée. Ces tentes qui commencent à se détériorer sont fermées à l’aide de simples cordes, mettant en danger leurs occupants.

Sarah Zagabe, 27 ans, vit avec son frère dans une tente. Comme elle le raconte, le problème le plus fréquent rencontré par ces réfugiés, ce sont les vols. « Depuis février 2025, mon frère et moi avons déjà été cambriolés quatre fois. Trois fois pendant la journée, quand j’étais au travail, et une fois la nuit, alors que nous dormions », indique₋ t-elle. Comme elle le raconte, les voleurs ont coupé les cordes de leur tente pour entrer et ensuite voler. « Je commence à avoir peur qu’un jour, ils viennent nous agresser ou même nous tuer. Ici il n’y a pas d’éclairage nocturne. Les lampes torches qu’on nous avait données ont été dérobées par ces voleurs. Nous utilisons nos téléphones pour nous éclairer quand nous avons pu les recharger pour 1000 FBu. Sinon, nous dormons dans le noir total », ajoute-t-elle.

Un autre défi est lié à l’état des tentes. Elles sont usées et il y a quelques jours il a plu et toute l’eau est entrée dans leur abri. « J’ai peur qu’il pleuve encore une nuit, car cela pourrait devenir très difficile à gérer. », conclut-elle.

Face à ces conditions de vie difficiles, les réfugiés des camps Musenyi I et II lancent un appel pressant aux bienfaiteurs pour leur venir en aide.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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