Editorial

Les cultures d’exportation délaissées

C’est dommage que les cultures d’exportation telles que le thé, le café et le coton ne se portent pas bien actuellement. Elles sont en train de disparaître progressivement au vu et au su des décideurs.

Jean Marie Vianney Niyongabo, Journaliste.

Les producteurs de ces cultures ne sont pas dans des conditions optimales. Ils ne bénéficient pas d’un accompagnement bien structuré de la part de l’Etat et des partenaires techniques et financiers.

L’accès difficile aux intrants agricoles et aux insecticides, le manque d’un appui technique, la rémunération qui reste dérisoire au regard des efforts fournis par les producteurs, etc contribuent beaucoup à la diminution du rendement.

Les producteurs de ces cultures sont démotivés à tel point qu’on commence à les extirper dans certaines régions pour les remplacer par d’autres cultures jugées plus rentables tels que le haricot, le maïs, la pomme de terre, etc.

Suite à cette situation, les conséquences n’ont pas tardé à se faire sentir au niveau du trésor public. En 2022, lors du lancement du projet sur le renforcement des capacités pour l’intégration des PMEs du Burundi aux chaines de valeur régionales, un consultant du CNUCED a précisé que la filière thé a fait entrer dans le trésor public un montant de plus de 26 millions USD.

Pourtant, la même filière a généré un montant de plus de 11 millions USD en 2023, soit une régression de 15 millions USD sur une année.

Les statistiques produites par la Banque de la République du Burundi (BRB) abondent dans le même sens.

La production du thé sec a baissé de 16,9% au premier trimestre 2025 par rapport à la même période de l’année précédente (2.738,4 contre 3.296,0 tonnes) en liaison avec les problèmes de collecte des feuilles de thé vertes et d’usinage, mais aussi de relâchement de la part de certains théiculteurs.

La même situation s’observe dans les cultures du café et du coton. La production va decrescendo et le trésor public en pâtit.

Cette situation amère se présente ainsi au moment où le pays dépend en grande partie de ces cultures pour son approvisionnement en devises. C’est pour cela que le pays devrait alors se réveiller et prendre des mesures urgentes visant le développement de ces cultures, car le peu de devises dont il dispose provient de ces dernières.

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A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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