Economie

Bujumbura face aux incendies : Trois sinistres en l’espace de quelques jours

Dans l’intervalle de quelques jours, trois importants espaces commerciaux de Bujumbura ont été touchés par des incendies. Le 21 août 2026, les galeries ETS Ndayizamba et Le Parisien ont été ravagées au centre-ville, avant qu’un nouveau sinistre ne se déclare le 25 août au marché de Kinindo. Ces événements relancent les interrogations sur les capacités de prévention et de lutte contre les incendies dans la capitale économique.

Les incendies qui ont ravagé les galeries Ndayizamba et Le Parisien ainsi qu’une partie du marché de Kinindo ont plongé des centaines de commerçants dans le désarroi, soulevant de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité des infrastructures commerciales.

La journée du 21 août 2026 restera longtemps gravée dans la mémoire de nombreux commerçants du centre-ville de Bujumbura. Tôt dans la matinée, alors que les activités commençaient à s’animer dans les galeries commerciales, un incendie s’est déclaré à la galerie ETS Ndayizamba. Très vite, le feu a pris de l’ampleur. Une épaisse fumée noire s’est élevée dans le ciel de Bujumbura, tandis que les flammes gagnaient progressivement d’autres parties de l’immeuble.

Sur place, la panique s’est installée. Des commerçants tentaient, dans la précipitation, de sortir une partie de leurs marchandises pendant que d’autres, impuissants, assistaient à la destruction de plusieurs années de travail et d’investissements. L’arrivée des secours a marqué le début d’une longue bataille contre les flammes dont la violence et la propagation rapide rendaient l’intervention difficile.

Mais alors que les efforts se poursuivaient pour maîtriser le sinistre à la galerie Ndayizamba, le feu a fini par atteindre la galerie voisine Le Parisien. L’incendie a alors pris une nouvelle dimension.

Pendant plusieurs heures, les secours ont tenté de contenir le feu et d’empêcher sa propagation vers d’autres infrastructures du centre-ville. A mesure que les flammes étaient combattues, l’ampleur des dégâts devenait plus visible : boutiques, marchandises et équipements avaient été réduits en cendres. De nombreux commerçants, rassemblés à proximité des deux galeries, regardaient avec désolation partir en fumée leurs investissements.

Les circonstances exactes du départ du feu et les facteurs ayant favorisé sa propagation restaient cependant à établir officiellement.

Le marché de Kinindo touché à son tour

Quelques jours après, un nouveau sinistre s’est déclaré au marché de Kinindo, semant une nouvelle fois la panique parmi les commerçants et les clients. Le feu a éclaté dans la matinée du 25 août 2026, dans une partie du marché où étaient notamment entreposés et vendus des matelas. Le caractère inflammable de ces marchandises aurait favorisé la propagation rapide des flammes qui menaçaient d’autres étals et commerces environnants.

Dans la confusion, plusieurs commerçants ont tenté de mettre leurs biens à l’abri, tandis que d’autres assistaient, impuissants, à la destruction de leurs marchandises. Alertés, les services de secours sont intervenus pour combattre le feu et empêcher sa progression vers l’ensemble du marché.

Leur intervention a permis de circonscrire l’incendie avant qu’il ne ravage une superficie plus importante. Une partie du marché a ainsi pu être sauvée, mais les dégâts matériels restent considérables pour les commerçants touchés.

A la suite de cet incendie, le ministre ayant les Finances dans ses attributions, Alain Ndikumana, a appelé à la prudence quant aux conclusions sur l’origine du sinistre. Selon lui, il ne faut pas se précipiter pour affirmer ce qui a provoqué le feu alors que des enquêtes sont encore en cours.

Il a indiqué que l’ampleur exacte des pertes sera connue après l’établissement d’un rapport y relatif. Le ministre a également réconforté les commerçants ayant perdu leurs biens. Face à la multiplication des incendies dans différents marchés et espaces commerciaux, il a affirmé que le gouvernement suivait la situation et que des mesures destinées à prévenir de tels sinistres devraient être prises prochainement. Il a aussi évoqué la nécessité de réfléchir à des mécanismes d’accompagnement pour les victimes.

Des appels à renforcer la prévention

A la suite de l’incendie des galeries Ndayizamba et Le Parisien, le Vice-Président de la République, Prosper Bazombanza, s’est rendu auprès des victimes pour leur adresser un message de réconfort. Il a notamment rappelé l’importance de prévoir et de maintenir des voies d’accès permettant aux véhicules de lutte contre les incendies d’intervenir, particulièrement dans les marchés et les grands bâtiments commerciaux. Il a invité les personnes sinistrées à ne pas perdre courage, tout en indiquant que les autorités devraient examiner les mesures à prendre pour permettre la poursuite des activités après cette catastrophe.

Pour sa part, Faustin Ndikumana, directeur national de l’organisation PARCEM, estime que la question des incendies devrait désormais être considérée comme une « urgence nationale ». Selon lui, les récents sinistres ont mis en évidence les difficultés du pays à faire face rapidement à des incendies de grande ampleur.

Il plaide pour une réflexion approfondie réunissant les différentes institutions et parties concernées afin d’identifier les faiblesses du dispositif actuel, de renforcer les capacités de prévention et d’intervention et de veiller au respect des normes de sécurité.

La succession de ces incendies en l’espace de quelques jours relance ainsi le débat sur la sécurité des marchés et des bâtiments commerciaux. Au-delà des dégâts matériels, ce sont des dizaines d’activités économiques et des moyens de subsistance qui ont été brutalement affectés. Pour les commerçants sinistrés, l’urgence est désormais de reconstruire. Pour les autorités, le défi consiste à tirer les leçons de ces événements afin de réduire les risques de nouvelles catastrophes.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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