Trois cours entre autres la production végétale, des sciences de la terre et de la sociovulgarisation destinés aux écoles techniques agricoles du Burundi ont été améliorés en y intégrant les approches de l’IFDC. Ces approches sont la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS), la Planification Intégrée Participative (PIP) ainsi que des principes et des approches relatifs à la production et la promotion des semences de qualité. Le gouvernement s’en réjouit car cela rime à l’ambition du gouvernement de former aujourd’hui des professionnels agricoles capables de mieux comprendre les sols, mieux gérer la fertilité, mieux produire et mieux accompagner les producteurs de demain.

Micaël BEUN, coordonnateur du projet Pagris de l’IFDC.
L’IFDC en collaboration avec le ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique a organisé le 25 Août 2026 un atelier de validation des curricula de production végétale, des sciences de la terre et de la sociovulgarisation destinés aux Instituts Techniques Agricoles du Burundi (ITAB).
Selon Micaël BEUN, coordonnateur du projet Pagris de l’IFDC, ces curricula améliorés intègrent les approches et les innovations de l’IFDC pour renforcer la qualité de la formation technique agricole. Chaque cours aura trois documents. Il s’agit du guide de l’enseignant, le manuel de l’apprenant et le guide des Travaux Pratiques.
Micaël BEUN fait savoir que l’IFDC est un centre de connaissances et d’expertise au Burundi en particulier, dans le domaine de la santé des sols et de la santé des plantes dans l’objectif d’augmenter durablement et en qualité la production agricole pour contribuer à la sécurité alimentaire et l’amélioration du bien-être des ménages au Burundi.
IFDC opère au Burundi depuis 2006
Il intervient au Burundi depuis 2006 et dispose aujourd’hui d’une expertise unique et spécifique en particulier dans le domaine de la santé des sols, dans le secteur semencier au Burundi, dans l’accompagnement des ménages et des communautés pour une gestion plus intégrée, responsable et productive de leur exploitation agricole et des bassins versants.
Dans le cadre de la stratégie de pérennisation des projets PSSD2 et Pagris qui sont les deux projets actuellement en cours de financement par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Burundi, Micaël BEUN fait remarquer que l’IFDC Burundi œuvre dans la consolidation et la diffusion des acquis des deux projets ainsi qu’à l’appropriation des résultats par des acteurs nationaux.
Cette démarche repose sur une collaboration étroite entre les différents acteurs de développement ainsi que sur un appui durable au système éducatif burundais, notamment à l’enseignement technique agricole.
Pourquoi cet appui ?
Selon BEUN, c’est dans cette perspective que les projets PSSD2 et Pagris de IFDC Burundi ont apporté un appui technique et financier au système éducatif burundais pour accompagner la révision et l’actualisation des curricula des écoles techniques agricoles.
Ce cadre de l’IFDC précise que cette initiative vise à adapter les programmes de formation aux évolutions scientifiques et technologiques mais également aux réalités et aux besoins actuels du secteur agricole et du marché de l’emploi.
Avec cet appui de IFDC, le bureau d’études et des curricula de la formation technique et professionnelle, sous la tutelle de la Direction Générale de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et des métiers a entrepris depuis janvier 2026 un processus d’actualisation de trois cours de la section agriculture, à savoir la production végétale, la science de la terre et la sociovulgarisation.
Quid des approches de l’IFDC intégrées ?
Cette actualisation a permis d’intégrer dans les contenus de formation des connaissances et des innovations promues par IFDC et en particulier la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS), la Planification Intégrée Participative (PIP) ainsi que des principes et des approches relatifs à la production et la promotion des semences de qualité, renchérit Micaël BEUN.
Il fait savoir que le présent atelier réunit les principales parties prenantes afin d’examiner, d’enrichir et de valider les contenus des trois guides de l’enseignant et les trois manuels de l’apprenant qui ont été révisés.
Selon toujours lui, ces outils ont pour ambition de fournir aux enseignants et aux apprenants des supports actualisés, pertinents, pratiques et adaptés aux réalités du secteur agricole.
Et de souligner que l’objectif final est de contribuer au renforcement des compétences des apprenants et de faire en sorte que leur formation corresponde davantage aux exigences actuelles du secteur agricole et du marché de l’emploi.
La formation des enseignants prévue
A l’issue de ce processus de validation, BEUN laisse entendre que l’IFDC prévoit également d’appuyer la formation des enseignants chargés de dispenser ces trois cours. Cette formation permettra de renforcer leur connaissance et leurs compétences afin qu’ils puissent utiliser efficacement les nouveaux supports pédagogiques et transmettre aux apprenants les connaissances et compétences attendues.
Par ailleurs, IFDC s’engage aussi à appuyer également la multiplication et la diffusion de ces outils pédagogiques dans ces écoles agricoles afin que les résultats de ce processus puissent bénéficier au plus grand nombre d’enseignants et d’apprenants à travers le pays
François Nkunzimana, directeur à la direction générale de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et des métiers se réjouit de la validation des programmes développés avec l’appui de l’IFDC, notamment dans les cours de Production végétale, de Science de la Terre et de Sociovulgarisation.
Selon lui, cette initiative permet d’améliorer continuellement la qualité et la pertinence de l’enseignement technique et de la formation professionnelle agricole au Burundi.

François Nkunzimana, directeur à la direction générale de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et des métiers.
Pourquoi intégrer les modules de l’IFDC ?
Nkunzimana explique que l’intégration des modules de l’IFDC dans ces cours a pas mal de raisons. L’agriculture burundaise fait face à plusieurs défis, notamment la dégradation de la fertilité des sols, la baisse de la productivité, l’utilisation parfois inadéquate des fertilisants, le changement climatique, l’accès limité aux informations techniques fiables et la nécessité d’améliorer les revenus des producteurs.
Face à ces défis, les établissements de formation doivent préparer des techniciens et des professionnels capables non seulement de connaître les techniques agricoles, mais surtout de les appliquer correctement, de conseiller les producteurs et de contribuer à l’amélioration durable de la production agricole.
C’est dans cette perspective que l’intégration des modules de l’IFDC constitue une réponse pertinente car ces modules permettent de rapprocher davantage les contenus enseignés des réalités du terrain et des besoins actuels du secteur agricole.
Dans le cours de Production végétale, les modules apportent une meilleure prise en compte de la gestion de la fertilité des sols et de la nutrition des plantes, explique Nkunzimana.
Ils permettent aux apprenants de comprendre que l’augmentation de la production ne dépend pas uniquement du choix des semences ou des techniques culturales, mais également d’une bonne connaissance des besoins des cultures, des caractéristiques des sols et de l’utilisation rationnelle des fertilisants.
Quid de la valeur ajoutée ?
La valeur ajoutée réside donc dans le passage d’un enseignement essentiellement théorique à une approche davantage pratique, raisonnée et orientée vers les résultats, argue Nkunzimana.
L’apprenant sera ainsi mieux préparé à identifier les besoins nutritionnels des cultures, à choisir et utiliser les fertilisants de manière appropriée, à raisonner les apports d’éléments nutritifs, à améliorer la productivité tout en préservant les ressources naturelles et à proposer aux producteurs des solutions adaptées à leurs conditions.
Pour la Science de la Terre, l’intégration des modules permet de renforcer les connaissances relatives au sol comme principal support de la production agricole, poursuit Nkunzimana.
L’apprenant doit comprendre les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol, les causes de sa dégradation ainsi que les moyens de maintenir ou de restaurer sa fertilité.
Cette approche contribue à former des techniciens capables de faire le lien entre les caractéristiques du sol, les besoins des cultures et les pratiques de fertilisation.
La grande valeur ajoutée est donc de favoriser une gestion durable des sols, en mettant l’accent sur la conservation, la fertilité et la productivité à long terme.
Dans le domaine de la Sociovulgarisation, Nkunzimana indique que les modules apportent une dimension particulièrement importante qui est celle de la transmission des connaissances aux producteurs et de l’accompagnement au changement de pratiques.
Un bon technicien agricole ne doit pas seulement maîtriser une technique, éclaire-t-il. Il doit également être capable de communiquer, d’écouter les producteurs, d’identifier leurs contraintes et de les accompagner dans la recherche de solutions adaptées.
Selon toujours lui, ces modules contribuent ainsi à renforcer les compétences des apprenants en matière de conseil agricole, de communication, de sensibilisation et d’accompagnement des producteurs.
La valeur ajoutée est donc de former des professionnels capables de jouer efficacement le rôle d’interface entre la recherche, les innovations agricoles, les services d’encadrement et les producteurs.

Les participants.
Une approche intégrée et cohérente
Selon Nkunzimana, l’un des principaux avantages de cette intégration est la complémentarité entre les trois disciplines.
La Science de la Terre permet de comprendre le sol et ses potentialités. La Production végétale permet de transformer ces connaissances en pratiques culturales adaptées tandis que la Sociovulgarisation permet de transmettre ces connaissances aux producteurs et de favoriser leur adoption.
On obtient alors une chaîne cohérente : Comprendre le sol → raisonner la fertilisation → améliorer la production → conseiller le producteur → promouvoir une agriculture durable. Cette cohérence constitue une importante valeur ajoutée pour les programmes de formation.
L’intégration des modules de l’IFDC contribue également à améliorer l’employabilité des diplômés. Les apprenants disposeront de compétences davantage en adéquation avec les besoins des exploitations agricoles, des services d’encadrement, des organisations de producteurs, des entreprises agricoles et des projets de développement.
Ils seront mieux préparés à résoudre des problèmes concrets et à proposer des solutions techniquement pertinentes et économiquement viables. L’intégration des modules de l’IFDC ne doit donc pas être considérée comme un simple ajout de contenus dans nos programmes. Elle représente une opportunité d’enrichir et de moderniser notre formation agricole, en la rapprochant davantage des réalités du terrain et des besoins du secteur.
Elle traduit également l’engagement du gouvernement à former des techniciens capables de contribuer à une agriculture productive, durable, résiliente et économiquement viable.
Pour cela, Nkunzimana remercie l’IFDC pour son accompagnement et l’ensemble des acteurs qui ont contribué à cette initiative. Il demande que ces programmes soient effectivement appropriés par les enseignants et formateurs, et surtout mis en pratique dans les établissements de formation.
La raison est qu’en définitive l’ambition du gouvernement est de former aujourd’hui des professionnels agricoles capables de mieux comprendre les sols, mieux gérer la fertilité, mieux produire et mieux accompagner les producteurs de demain.
Notons que les écoles techniques agricoles ciblées sont estimées à 51. Les apprenants sont estimés à 1301 dont 693 filles et 608 garçons pour la 2ème année et 858 apprenants de la 3ème année dont 461 filles et 394 garçons.




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