Santé

Les séquelles de l’AVC se font sentir

Deux cent personnes souffraient de l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) en 2016 dans la mairie de Bujumbura. Dans un entretien avec le journal Burundi Eco lundi le 19 mars 2018, Dr Patrice Barasukana, neurologue au Centre Hospitalo-Universitaire de Kamenge (CHUK) et enseignant à l’Université  du Burundi dans la faculté de médecine estime cet effectif énorme. Et Dr Barasukana de parler de ses symptômes, de ses causes, de ses conséquences et de sa prise en charge.

Dans une étude qui a été réalisée en 2016 sur la prévalence de l’AVC en Mairie de Bujumbura, 200 personnes avaient les symptômes de l’AVC, indique Barasukana. Au niveau national, aucune étude n’a été réalisée faute de moyens. Sinon, Barasukana souligne que le pays dispose d’experts pour le faire. En moyenne, 3 lits sur 10 dans le service de neurologie sont occupés par des patients souffrant de l’AVC  au CHUK. Selon lui, cet effectif est énorme. De plus, il y a d’autres cas d’AVC qui n’ont pas été identifiés faute de moyens financiers pour accéder au test de scanner cérébral qui coûte entre 100 000 FBu et 150 000 FBu dans les hôpitaux publics et 250 000 FBu dans les hôpitaux privés.

Dr Patrice Barasukana, neurologue au Centre Hospitalo-Universitaire de Kamenge (CHUK) et enseignant à l’Université du Burundi dans la faculté de médecine : « La prise en charge tardive entraine des séquelles persistantes ».

Qu’est-ce qu’un AVC ?

Un accident vasculaire cérébral (AVC) ou attaque cérébrale est une défaillance de la circulation du sang qui affecte une région plus ou moins importante du cerveau. C’est un déficit neurologique qui survient brutalement et qui attaque le tissu cérébral suite à un défaut d’irrigation d’un territoire cérébral qu’on appelle infarctus cérébral ou suite à un éclatement d’un vaisseau cérébral ou hémorragie.

Les types d’AVC

On distingue trois types d’accidents vasculaires cérébraux. Les deux premiers sont causés par le blocage d’une artère cérébrale (accident ischémique). Ce sont les plus fréquents et ils représentent environ plus de 80 % des AVC. Le troisième est causé par une hémorragie cérébrale (accident hémorragique). C’est entre autres la thrombose cérébrale qui représente 40 % à 50 % des cas. Elle se produit quand un caillot sanguin se forme dans une artère cérébrale sur une plaque de lipides (athérosclérose).Il y a l’embolie cérébrale qui représente environ 30 % des cas. Comme dans le cas de la thrombose, une artère cérébrale est bloquée.

Cependant, ici, le caillot qui bloque l’artère s’est formé ailleurs et a été transporté par la circulation sanguine. Il provient souvent du cœur ou d’une artère carotide (localisé au niveau du cou). On parle d’hémorragie cérébrale. C’est la forme d’AVC la plus grave. Souvent causée par une hypertension de longue date, elle peut aussi résulter de la rupture d’une artère du cerveau, là où se situe un anévrisme.

En plus de priver une partie du cerveau de l’oxygène, l’hémorragie détruit d’autres cellules en exerçant  la pression sur les tissus. Elle peut se produire au centre ou à la périphérie du cerveau, tout juste sous l’enveloppe crânienne. Parmi les autres causes, plus rares, d’hémorragies cérébrales figurent les crises d’hypertension, une hémorragie dans une tumeur cérébrale et les problèmes de coagulation sanguine.

Il peut arriver que l’obstruction d’une artère cérébrale ne soit que temporaire et qu’elle se résorbe naturellement sans laisser de séquelles. On appelle ce phénomène accident ischémique transitoire (AIT) ou mini-AVC. Les symptômes sont les mêmes que ceux d’un vrai  AVC, mais ils disparaissent en moins d’une heure. Un mini-AVC est un signal d’alarme à prendre au sérieux. Il peut être suivi d’une attaque cérébrale parfois plus grave au cours des 48 heures suivantes. Il est donc important de consulter un médecin au plus tôt.

Ses symptômes

A la suite d’un AVC, Barasukana précise que pas mal de signes d’alerte se manifestent. Les unes ont  la difficulté de parler ou d’écrire (aphasie). Des problèmes de mémoire s’observent également, indique-t-il. Elles pourront aussi être atteintes d’une paralysie plus ou moins importante du corps (paralysie faciale…). Les autres ont des troubles d’articulations. 85% des AVC sont isthmiques, c’est-à-dire qu’il y a un caillot de sang qui bouche un vaisseau sanguin du cerveau. On leur fait un traitement qui fluidifie le sang. Deuxièmement, on leur fait une statine qui permet de lutter contre le cholestérol qui se plaque sur les vaisseaux. 15% sont hémorragiques. Pour ces AVC, la prise en charge consiste à stabiliser l’hypertension artérielle.

Causes

L’athérosclérose, c’est-à-dire la formation de plaques de lipides sur la paroi des vaisseaux sanguins, est l’une des principales causes de l’accident vasculaire cérébral. L’hypertension artérielle est aussi un facteur de risque important. Avec le temps, la pression anormale exercée par le sang sur la paroi des vaisseaux sanguins peut provoquer leur rupture. La rupture d’une artère du cerveau peut être facilitée par la présence d’un anévrisme. Celui-ci est un gonflement d’une petite section d’une artère, en raison d’une faiblesse de la paroi. Il n’est pas toujours possible de déterminer la cause exacte d’un AVC.

Il est important cependant que les médecins la recherchent en procédant à divers examens afin de réduire le risque de récidive. L’inactivité physique, la mauvaise alimentation, l’obésité, le tabagisme, les causes cardiaques, la consommation de l’alcool, le stress et le diabète peuvent en être également les causes.

Ses conséquences varient

Les AVC ont des conséquences très variables. Plus de la moitié des patients en gardent les séquelles. Environ 1 individu sur 10 récupère complètement. La gravité des séquelles dépend de la région du cerveau atteinte et des fonctions qu’elle contrôle. Plus la région privée d’oxygène est grande, plus les séquelles risquent d’être importantes. Lorsqu’un cas d’AVC survient, c’est une alerte dans la famille, car c’est tout le monde qui est mobilisé pour s’en occuper utilement.

La prise en charge est immédiate

En cas de manifestation de ses symptômes, le médecin doit prendre en charge le patient dans l’immédiat. Selon Barasukana, ceux qui souffrent de l’AVC au Burundi ont un problème de se faire soigner à temps suite a la pauvreté à laquelle ils sont confrontés. Ils passent deux jours et même plus à la maison après la survenue de l’AVC alors que c’est une urgence médicale. Lorsqu’on présente les signes d’alerte, la prise en charge est immédiate. Cela entraine un succès quasi total.

Néanmoins, la prise en charge tardive entraine des séquelles incessantes. Lorsque le malade passe trois ou quatre jours à la maison, la prise en charge médicale est un peu biaisée. C’est à titre d’exemple le temps de faire des examens complémentaires comme le scanner cérébral pour localiser la lésion. C’est aussi pour identifier quel territoire du cerveau a été atteint et le type d’AVC dont souffre le patient.

Signalons que l’AVC peut survenir à tout moment dans la vie d’une personne, de l’enfance à la vieillesse. Seulement, les études déjà mises au podium montrent que les plus touchées sont les plus âgées.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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