Editorial

L’indépendance dans la diversité

Le pays vient de célébrer, le 1er juillet 2025, ses 63 ans d’indépendance : une célébration qui s’accompagne d’avancées notables dans le respect de l’égalité des genres. La législation actuelle s’efforce de promouvoir les droits des femmes, d’intégrer les personnes vivant avec un handicap et les populations marginalisées tant dans l’administration que dans le système éducatif à travers l’éducation inclusive.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef adjoint.

Ce progrès contraste fortement avec le passé où la culture valorisait le garçon perçu comme une protection (une flèche) alors que la femme était confinée au foyer, chargée des tâches ménagères.

Les étapes franchies depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui montrent clairement que le vent de liberté souffle désormais jusque dans les foyers. Toutefois, certains rôles restent encore exclusivement féminins, notamment l’allaitement de l’enfant. Les femmes demeurent largement absentes de certains secteurs tels que le transport (où les motardes et les conductrices de camions sont rares) ou la construction par crainte de perdre la considération de leur entourage.

Il est regrettable que, dans certains foyers, de grandes décisions soient prises par les époux sans consulter leurs conjointes malgré l’union conjugale qui, selon la loi et la religion, fait d’eux une seule chair. La vente d’un bien important comme une propriété ou une vache en est un exemple.

Malgré ces défis, certaines femmes s’organisent en coopératives, partagent leurs idées sur les moyens d’améliorer leur quotidien, créent des activités génératrices de revenus et contribuent activement au développement des ménages et du pays.

Cependant, certains hommes restent prisonniers des normes culturelles et acceptent mal que leurs épouses jouissent d’une autonomie financière. Se sentant menacés, ils s’isolent parfois dans les cabarets, évitent le contact avec leurs femmes et rentrent tard le soir. Ce qui a un impact négatif sur la vie des enfants, des familles et, par extension, sur celle du pays. De l’autre côté, certaines femmes, une fois qu’elles ont acquis un certain pouvoir économique, en viennent à mépriser leurs conjoints. Ce qui nuit aussi à l’harmonie du foyer.

Le problème c’est que chacun campe sur sa position, pensant avoir raison. Mais les raisons ne prennent de valeur que si elles se complètent. Alors soyons indépendants, mais dans la diversité.

Pour éviter les stéréotypes liés aux inégalités des genres, l’éducation devrait commencer dès le plus jeune âge. Pourtant, le chemin est encore long. Même dans l’achat des jouets, un garçon reçoit un fusil ou une voiture tandis qu’une fille se voit offrir une poupée qu’elle porte au dos. Pourquoi ne pas offrir les mêmes jouets aux enfants, quels que soient leur sexe ?

Que le parfum de la liberté conquise par nos héros se répande dans nos foyers dès l’enfance, et que ses fruits soient savourés non seulement par les familles, mais aussi par la nation tout entière à travers son développement.

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A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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