Transport

Pénurie du carburant : Le gouvernement prudent face à une libéralisation totale du marché

Le Premier ministre Nestor Ntahontuye a apporté des éclaircissements sur la question de la pénurie persistante du carburant au Burundi. Alors que certains citoyens plaident pour une ouverture totale du marché à tous les opérateurs économiques capables d’importer du carburant, le chef du gouvernement estime qu’une telle mesure pourrait entraîner une forte hausse des prix et alourdir davantage le coût de la vie.

Selon le Premier ministre Nestor Ntahontuye, la libéralisation du commerce du carburant pourrait entraîner une augmentation de son prix.

 

Face aux préoccupations des citoyens concernant la pénurie de carburant qui dure plus de cinq ans, une question a été soulevée: pourquoi ne pas ouvrir le commerce du carburant à tout opérateur économique disposant des moyens nécessaires pour en importer ? Cette question a été posée lors de l’émission publique réunissant les membres du gouvernement, les journalistes et les citoyens organisée dans la ville de Gitega le 11 juin 2026.

Comme réponse, le Premier ministre Nestor Ntahontuye a indiqué que le marché n’est pas fermé. Selon lui, toute personne ou entreprise ayant la capacité financière d’importer le carburant est libre de le faire. Il a notamment rappelé que certains opérateurs, à savoir : les organisations internationales, bénéficient déjà d’autorisations leur permettant d’importer le carburant pour leurs propres besoins sans passer par les circuits habituels d’approvisionnement. Toutefois, il estime que la libéralisation totale du secteur ne constitue pas nécessairement la solution aux difficultés actuelles. Le principal défi réside, selon lui, dans la question des prix.

La hausse du prix du carburant présente des risques

Le chef du gouvernement a expliqué que les importateurs privés ne pourraient pas commercialiser le carburant au prix actuellement pratiqué au Burundi, fixé à 4000 BIF le litre. Selon lui, dans plusieurs pays voisins de la région, le litre de carburant se vend entre 7000 et 8000 BIF (après conversion). Dans ces conditions, une ouverture totale du marché obligerait les opérateurs à vendre à des prix plus élevés afin de couvrir leurs coûts d’achat, de transport et d’exploitation. « Si le marché du carburant passe entièrement entre les mains du secteur privé, le prix du carburant augmentera et le coût de la vie augmentera également », a-t-il averti.

D’après ses estimations, le prix du litre pourrait atteindre entre 6000 et 7000 BIF. Une telle augmentation aurait sans doute des répercussions directes sur les prix du transport, des produits alimentaires et de nombreux biens de consommation courante. Le Premier ministre a indiqué que cette question fait actuellement l’objet d’études, mais qu’elle doit être examinée avec prudence afin de ne pas fragiliser davantage le pouvoir d’achat des ménages.

Quand le gouvernement mise sur les véhicules électriques

Au-delà de la gestion de la pénurie du carburant, Nestor Ntahontuye a également plaidé en faveur d’une transition progressive vers les véhicules électriques. Selon lui, la demande en carburant continue à augmenter au fur et à mesure que le pays se développe et que le nombre de véhicules et motocyclettes en circulation progresse aussi bien dans les centres urbains que dans les communes de l’intérieur du pays.

Le Premier ministre a rappelé que les véhicules électriques bénéficient déjà d’exonérations fiscales à l’importation afin d’encourager leur acquisition par les particuliers et les entreprises. Il a présenté cette orientation comme l’une des pistes susceptibles de réduire la dépendance du Burundi aux carburants fossiles. Il est même allé plus loin en annonçant que certaines catégories de véhicules fonctionnant exclusivement aux carburants pourraient, à l’avenir, ne plus être autorisées à l’importation dans le cadre d’une politique favorisant les moyens de transport alimentés par l’électricité. Pour le gouvernement, la transition énergétique apparait ainsi comme une réponse durable aux défis d’approvisionnement en carburant qui continuent d’affecter le pays.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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