Environnement

Quand l’urbanisation menace l’environnement

Des milliers d’hectares d’arbres sont abattus chaque année au Burundi pour des fins de construction de maisons. Cela n’est pas sans conséquences néfastes sur l’environnement.   Le recours aux échafaudages métalliques pourrait diminuer de façon remarquable le nombre d’arbres abattus à cette fin.

Suite à la vitesse d’urbanisation et à l’actuelle pression démographique, les Burundais s’orientent de plus en plus vers la construction en hauteur.

 

La saison sèche bat son plein, saison durant laquelle l’arbre est très sollicité pour différentes raisons, notamment la construction des maisons. Emmanuel Manirakiza construit des maisons depuis plus de 10 ans. Selon lui, que ce soient pour les constructions en dur ou pas, dans les villes ou dans les villages, des maisons basses ou celles en étage, l’utilisation de l’arbre est indispensable. Il est sollicité dès l’élévation des murs d’une maison jusqu’à son équipement et est utilisé sous diverses tailles selon l’étape de construction.

Selon Emmanuel Ndorimana assistant du ministre ayant l’environnement dans ses attributions, suite à la vitesse d’urbanisation et à l’actuelle pression démographique, les Burundais s’orientent de plus en plus vers la construction en hauteur. Ce qui entraine une utilisation d’importantes quantités d’arbres. Ceci n’est pas sans conséquences sur l’environnement, surtout que la plupart des arbres utilisés dans la construction sont coupés prématurément. Selon cette autorité, si rien n’est fait pour inverser la tendance, la situation sera catastrophique dans les jours à venir.

Pour nous donner une idée des arbres à utiliser pour une maison en étage à un seul niveau, Manirakiza nous a fait savoir que la pose d’une seule dalle exige au moins 500 jeunes arbres pour une simple maison d’habitation. 500 arbres juste pour l’échafaudage et le support de la dalle sans parler des planches sur lesquelles sera coulée le béton de la dalle. 500 arbres correspondent à un demi- hectare couvert d’eucalyptus. Cela sous-entend le nombre d’hectares d’arbres abattus pour construire toutes ces maisons en étages de deux ou plusieurs niveaux qui poussent chaque jour dans toutes les provinces.

L’utilisation des échafaudages métalliques, une alternative

Pour minimiser les arbres utilisés dans la construction, certaines entreprises de construction préfèrent recourir à d’autres alternatives pour certaines étapes. Selon Ir Franck Bukuru, l’utilisation des échafaudages métalliques est l’une des méthodes préférées par son entreprise. Comme il le témoigne, c’est un moyen plus sécuritaire et qui de plus répond aux standards internationaux en matière de construction. Contrairement aux échafaudage en bois, il est facile à monter et à démonter. Il peut être réutilisé plusieurs fois de suite, ce qui n’est pas le cas pour les échafaudages en bois.

Comme nous l’a fait savoir Emmanuel Ndorimana, le gouvernement du Burundi est plus que déterminé à éradiquer la déforestation en promouvant les solutions alternatives. Il se base sur l’article 152 de la loi budgétaire pour l’exercice 2023-2024. Cet article stipule qu’il est accordé une exonération des droits et taxes sur l’importation des échafaudages métalliques, du bois brut, du gaz de cuisine et ses récipients ainsi que des appareils de cuisson à combustible gazeux. Il invite ainsi les investisseurs à se lancer massivement dans ce secteur pour réduire au maximum la déforestation au Burundi et atténuer les effets du changement climatique.                                                                                    

A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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