Santé

Réduction des décès maternels et néonatals : Il y a encore des défis à relever

L’Enquête Démographique et de Santé 2016-2017  a relevé un  taux de mortalité maternelle de 334 pour 100 000 naissances vivantes, un taux de mortalité néonatale de 23 pour 1000 naissances vivantes et un taux de mortalité infanto-juvénile de 78 pour 1000 naissances vivantes. Les causes sont à découvrir dans ce numéro

Le 4ème congrès de l’Association de Gynécologie Obstétrique au Burundi (AGOB) a tenu ses assises du 13 au 14 décembre 2018 sous le thème «Soins obstétricaux et néonatals d’urgence dans une approche globale d’amélioration de la qualité des soins». A cette occasion,  Salvator Harerimana, gynécologue obstétricien et président de l’AGOB a fait savoir que les taux de mortalité maternelle et néonatale sont élevés. L’Enquête Démographique et de Santé 2016-2017 a relevé un  taux de mortalité maternelle de 334 pour 100 000 naissances vivantes, un taux de mortalité néonatale de 23 pour 1000 naissances vivantes et un taux de mortalité infanto-juvénile de 78 pour 1000 naissances vivantes avec un indice synthétique de fécondité de 5,5 enfants par femme en moyenne.

Salvator Harerimana, gynécologue obstétricien et président de l’AGOB : « Les taux de mortalité maternelle et néonatale sont élevés»

Dans les pays développés, Harerimana fait remarquer que le taux de mortalité maternelle ne dépasse pas 10 pour 100 000 naissances vivantes.  Le taux de morbi-mortalité maternelle est de 2,2% alors que le pronostic fœtal “reste médiocre” avec un taux de mortalité de 53,51% pour les prématurés d’âge gestationnel qui naissent avec un poids inférieur à 1500 g.

Les causes

Selon Harerimana,  les causes de ces décès sont connues. La plus fréquente est l’hémorragie. S’il n’y a pas de prise en charge appropriée dans les deux heures qui suivent, la femme meurt.  Harerimana fait remarquer que c’est ce qui arrive souvent dans la plupart des hôpitaux et de centres de santé. Il cite aussi le travail prolongé et l‘hypertension artérielle pendant la grossesse. Et d’ajouter les causes indirectes qui sont entre autres le paludisme et l’anémie.

Les défis

Il y a des défis à relever au niveau des soins obstétricaux et néonatals offerts pour inverser la tendance. Selon Harerimana, on a besoin de personnel suffisant et compétent. Il s’inquiète que le Burundi  dispose aujourd’hui  de 24 gynécologues. Un effectif largement insuffisant. Parmi ces derniers, 14 sont dans l’incapacité de consulter les patients dans les institutions sanitaires de l’intérieur du pays suite à leur âge avancée.  De plus, le Burundi est loin d’atteindre les normes exigées par l’OMS en ce qui est des prestataires de soins. Sur 2,3 médecins  recommandés pour 1000 personnes, le Burundi ne dispose que de 0,7. Selon toujours lui, on a besoin d’équipements et de médicaments  suffisants.

Sylvestre Bazikamwe, gynécologue obstétricien et doyen de la faculté de Médecine à l’Université du Burundi  a fait savoir que très peu d’institutions sanitaires sont capables d’offrir un paquet complet aux patientes. Sur 766 structures de santé  ayant un service de maternité évaluées en termes d’accessibilité, seuls 112 établissements dont 52 hôpitaux et 60 centres de santé sont accessibles dans moins de 2 heures. Parmi les 52 hôpitaux, 9 sont capables de sauver les vies humaines en cas de complications obstétricales, car les autres ne remplissent pas les conditions exigées. De surcroît, un seul parmi les 60 centres de santé est capable d’offrir un paquet complet.

Des stratégies pour inverser la tendance

Pour inverser la tendance, la formation des prestataires de soins a commencé, indique Harerimana. Le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida en collaboration avec l’AGOB  a mis en place une équipe multidisciplinaire chargée de former les prestataires de soins dans les autres structures sanitaires. Ces activités ont été déjà initiées dans deux provinces. Selon Harerimana, on compte les  étendre dans  sept provinces.

Les exposés présentés lors de ces assises médicales ont rappelé que les Objectifs du Millénaire pour le Développement (1990-2015), en l’occurrence les objectifs 4 et 5 se sont fixés l’ambition de réduire de 75% les taux de décès maternels et néonatals.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

éditorial

L’accès à l’énergie laisse à désirer au Burundi

L’accès à l’énergie laisse à désirer au Burundi

Selon les statistiques fournies par le ministère en charge de l’énergie, le taux d’accès à l’énergie est estimé à 20%. Ce taux est quatre fois inférieur à la moyenne de 51% de l’Afrique Subsaharienne. Sur ce, on observe des variations importantes en ce qui concerne l’accès à l’électricité avec un taux d’accès allant jusqu’à 60% dans la ville de Bujumbura et seulement à 2% dans les provinces rurales.

    Abonnez-vous à notre bulletin

    Journal n° 704

    Dossiers Pédagogiques

    Facebook

éditorial

L’accès à l’énergie laisse à désirer au Burundi

L’accès à l’énergie laisse à désirer au Burundi

Selon les statistiques fournies par le ministère en charge de l’énergie, le taux d’accès à l’énergie est estimé à 20%. Ce taux est quatre fois inférieur à la moyenne de 51% de l’Afrique Subsaharienne. Sur ce, on observe des variations importantes en ce qui concerne l’accès à l’électricité avec un taux d’accès allant jusqu’à 60% dans la ville de Bujumbura et seulement à 2% dans les provinces rurales.
  • Journal n° 704

  • Dossiers Pédagogiques