Société

Sociétés de gardiennage : Un délai de deux mois leur a été accordé pour se conformer à la loi

Toutes les sociétés de gardiennage sont sommées de verser les cotisations sociales de leurs agents à l’INSS, de leur payer des soins de santé, de leur octroyer des contrats de travail et de ne pas imposer à leurs agents de porter des effets militaires ou policiers. A celles qui ne respectent pas ces engagements, le ministère de la Sécurité Publique et de la Gestion des Catastrophes leur a accordé un délai de deux mois pour corriger ces erreurs.

«K K security et Torres Vigiles Burundais sont les seules sociétés de gardiennage les mieux cotées par le ministère de la Sécurité Publique et de la Gestion des Catastrophes. Elles sont les seules dont tous les agents bénéficient des soins de santé et sont affiliés à l’INSS. Leurs agents ne portent pas d’effets militaires ou policiers (bottines, ceinturons, chaussettes, imperméables). Ils bénéficient des contrats de travail», a indiqué le commissaire de police Ménédore Ntirampeba, directrice générale de la planification et des études stratégiques au ministère de la Sécurité Publique et de la Gestion des Catastrophes dans une réunion avec les responsables des sociétés de gardiennage et de surveillance jeudi le 13 septembre 2018.

Commissaire de police Ménédore Ntirampeba, directrice générale de la planification et des études stratégiques au ministère de la Sécurité Publique et de la Gestion des Catastrophes : «K K security et Torres Vigiles Burundais sont les seules sociétés de gardiennage les mieux cotées par le ministère de la Sécurité Publique et de la Gestion des Catastrophes.

Eviter l’exploitation, une nécessité

Selon elle, même les autres sociétés de gardiennage devraient se conduire de cette façon. Un délai de deux mois leur est accordé pour se conformer à la loi. Pour celles qui disent qu’elles n’octroient pas de contrats de travail à leurs agents parce qu’elles ont peur pour leur stabilité au travail, commissaire de Police Ntirampeba n’est pas convaincue. Elle précise qu’elle est au courant qu’il y a des élèves et des étudiants qui travaillent dans ces sociétés. Cela n’est pas une raison valable de ne pas bénéficier d’un contrat de travail.

KK Security et Torres VB bien cotées

Certaines sociétés de gardiennage offrent à leurs agents des contrats d’essai. Après 6 mois, on les chasse et on les remplace par d’autres. Ntirampeba les invite à engager des travailleurs de confiance. L’essentiel est que chaque employé ait son contrat de travail. C’est possible, car KK Security et Torres VB ont enregistré des succès. Ntirampeba demande aux propriétaires des sociétés de gardiennage d’organiser souvent des réunions d’échanges (causeries morales) avec leurs agents. Selon toujours elle, l’objectif est d’écouter leurs doléances et de trouver des solutions y relatives. Lorsque vous ne le faites pas, les agents se sentent lésés. C’est la raison pour laquelle ils sont entrain de mettre en place des syndicats pour trouver là où ils peuvent s’exprimer librement.

Lorsqu’on engage un agent qu’on va payer, c’est compréhensible qu’on lui octroie un contrat de travail, indique un autre cadre de la police présent à ladite réunion. Une fois que le poste auquel il travaille prenne fin, il souligne que ce n’est pas toute la société qui ferme les portes, car il y a d’autres patrons qui viennent s’adresser à cette société de gardiennage à la recherche des agents de gardiennage. C’est pour cette raison qu’il ne comprend pas pourquoi on chasse un agent dont le poste a pris fin.    

Des griefs s’y observent

Sébastien Ndayavurwa, président du Syndicat des Vigiles Burundais (SY.V.BU) affirme qu’il n’y a pas de contrat qui lie les V.B à leur employeur. Selon toujours lui, il s’observe un flou dans le versement des cotisations sociales à l’Institut National de Sécurité Sociale (INSS). Trois catégories s’observent. Pour la première catégorie, le versement est régulier. Pour la deuxième, le versement de ces cotisations à l’INSS n’est pas régulier. La troisième concerne les agents qui n’ont même pas de numéro d’identification à l’INSS alors qu’ils sont à l’œuvre dans cette société. Quant aux congés annuels, il indique que ceux qui en bénéficient sont ceux qui donnent des pots –de- vins à leurs chefs hiérarchiques. Sinon, il indique qu’on peut passer trois ans et plus sans avoir bénéficié d’un congé annuel.

En cas de maladie, il indique que les Vigiles Burundais se font soigner au centre de santé dénommé «KAZE» situé à la 1ère avenue de la zone Bwiza. Selon Ndayavurwa, ce centre de santé est accusé d’être influencé par les responsables de la société de gardiennage  «Les Vigiles Burundais» en ce qui concerne l’octroi des repos médicaux. Le pire est que la société « Les Vigiles Burundais » est aussi accusée de se mêler de la prescription des médicaments aux employés malades.  Cette société ne veut pas qu’on leur octroie des spécialités. C’est dans ce sens qu’elle oblige les prestataires de soins à leur donner des génériques qui ne sont pas chers.

Leur employeur n’hésite pas de s’arroger le droit de falsifier les ordonnances médicales prescrites par les prestataires de soins, indique un agent des Vigiles Burundais habitant le quartier Nyakabiga. Il le fait dans l’intention de les empêcher à octroyer des spécialités aux vigiles malades. S’il arrive qu’on aille se faire soigner dans un autre hôpital sans l’autorisation de l’employeur et qu’on lui donne un repos médical, il n’est pas payé pendant toute la durée du repos. Pour les agents qui travaillent à l’intérieur du pays, il indique qu’ils se débrouillent pour se faire soigner.

Emmanuel Ntwarorusangi, directeur des ressources humaines chez les Vigiles Burundais fait savoir qu’on entend parler du syndicat des VB. Cependant, il note qu’il s’agit d’un syndicat de mauvaise foi. Ses leaders sont des agitateurs. En principe, il souligne qu’ils devraient contribuer à l’augmentation du rendement de la société. Nonobstant, il leur demande de présenter ses statuts à cette société afin qu’il soit enregistré.

Quid des conséquences du non respect de la loi ?

Les conséquences de la violation des contrats ont déjà commencé à se faire sentir. Depuis le 15 août 2018, 200 vigiles de la société PSG affectés à la société Brarudi ont été mis au chômage technique par la direction. Ces agents font savoir que ce n’est pas parce que le contrat entre la PSG et la Brarudi a expiré. Selon eux, c’est un pur mensonge. Il a été plutôt suspendu à cause de la « violation » par la direction de PSG des clauses dudit contrat. Le contrat précisait le salaire minimal pour chaque agent. Il était de 65 % du montant total payé par la Brarudi. Chacun percevait un salaire de 105.000 FBu alors que la Brarudi paie 300 000 FBu ». Ils indiquent aussi que la Brarudi ne pouvait pas continuer à payer des «frais colossaux» alors que les agents ne recevaient que des miettes.

De surcroît, Ils certifient que la plupart de ces agents ne sont pas affiliés à l’Institut National de Sécurité Sociale (INSS). Certains n’ont même plus des cartes d’immatriculation. Pour d’autres, le versement des cotisations sociales n’est pas régulier. Pourtant, la Brarudi payait régulièrement les cotisations.

La direction de PSG réfute les accusations

PSG Dans un entretien avec le groupe de presse Iwacu, Eugène Sinzinkayo, directeur général de PSG rejette en bloc toutes ces accusations. Selon lui, le contrat entre la Brarudi et sa société a été clôturé en bonne et due forme. Et Sinzinkayo d’assurer que la Brarudi n’a aucun problème avec sa compagnie. Elle a changé de société de gardiennage. Elle a lancé un appel d’offres et la PSG n’a pas été retenue.

M. Sinzinkayo déteste le comportement de certains vigiles qui veulent « s’ingérer » dans la gestion quotidienne de sa société. « La fixation des salaires revient à la direction et non aux employés. » Un vigile n’a pas droit de regard sur les paiements effectués par son client.

M. Sinzinkayo affirme que son entreprise respecte le code du travail. PSG est une société de services. Et, par conséquent, elle ne dispose pas de ses propres emplois. Si un contrat avec un client touche à sa fin, les vigiles qui l’exécutaient perdent automatiquement leurs postes. Il demande à ses employés de patienter. Dès qu’il y aura d’autres postes, ils seront affectés en fonction de leurs numéros matricules. Cependant, souligne-t-il, la PSG n’a aucune obligation de les engager.

En outre, il fait remarquer qu’en plus des fautes lourdes prévues par le Code du travail, la PSG impose des conditions particulières. Parmi ces dernières, l’expiration du contrat avec un client implique la fin de celui de l’agent.

Le directeur général de la PSG assure également que sa société dépose régulièrement les déclarations des cotisations à l’INSS. Il appelle tout employé qui estime que sa situation à l’INSS est irrégulière à le signaler auprès de la direction.

Les raisons qui ont poussé la Brarudi à changer de société de gardiennage

Rémy Ndayishimiye, chargé de la communication à la Brarudi a fait savoir que  Brarudi a jugé bon de changer de prestataire de services de gardiennage pour des raisons internes comme il l’a fait pour d’autres fournisseurs de services. Il a indiqué par ailleurs que la Brarudi n’avait aucun problème avec la société PSG.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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Un commentaire
  • ELIAS dit :

    C Est Mieux De Prendre Les Mesures Necessaires Pour La Bonne Marche De Travail Sans Aucune Exception Et Avoir De Contrat Donne La Cofiance Aux Partenaires Que Les Agents Recoivent Leur Salaire Comme Il Faut. .

Les commentaires sont fermés.

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