Société

Retirer les enfants de la rue de la voie publique, une impérieuse nécessité

La Fondation Tabita Action en partenariat avec l’Eglise Anglicane, diocèse de Bujumbura, le président de la Commission Vérité et Réconciliation et le ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre œuvrent en commun pour retirer les enfants vulnérables de la rue car, d’après eux, ces enfants constituent une bombe à retardement qu’il faut désamorcer dans l’immédiat.   

« Le phénomène des enfants de la rue est une réalité au Burundi », admet Ignace Ntawembarira, directeur du département  de l’enfant et de la famille au ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre. Il fait savoir que l’enquête réalisée en  2010 dans trois grandes  villes (Bujumbura mairie, Gitega et Ngozi) a révélé que plus de 3000 enfants sont en situation de  rue.

Il informe qu’il existe trois catégories d’enfants en situation de rue. Il s’agit des enfants « rue-nourricière ». Ces derniers sont ceux  envoyés ou accompagnés par leurs parents ou parentés ou « loués » par l’entourage aux fins  de mendicité. Ils  y passent  12 heures de temps. Selon, M.Ntawembarira,   ces enfants  représentent   40% de ceux en situation de rue. En plus des enfants rue-nourricière, il existe aussi des enfants « rue-refuge ». Il précise que ces enfants adoptent la rue pour des raisons diverses. Il s’agit  d’un environnement familial malsain. Et ces derniers  n’ayant plus de foyers passent le jour et la nuit dans la rue et s’adonnent à tous types de travaux. Ils sont estimés  à 30% à Bujumbura. A côté de cette catégorie se trouve celle des enfants « rue identitaire ». Ces enfants  développent une idée  selon laquelle la rue est un endroit propice où vivre. Et ne  veulent pas la quitter parce qu’ils ont développé des instincts de survie dans la rue. Ils sont aussi  estimés  à 30%  à Bujumbura

Pour M. Ntawembarira, ces enfants ne doivent pas rester dans la rue. C’est pourquoi, explique-t-il, des activités  sous forme d’initiatives à résultats rapides sont organisées. Des actions de sensibilisation à l’endroit  de l’administration locale, de la police, de la communauté et des bénéficiaires sont organisées. Il informe qu’au moment de la sensibilisation, d’autres actions seront menées  dont  l’aménagement des centres d’identification et des centres  d’hébergement temporaire

D’après lui,  les actions à mener sont :

Retrier  les enfants de la rue  dans  les centres urbains et en même temps après le mois de sensibilisation , mener des actions d’identification individuelle, de recherche et de réunification familiale à partir des centres d’hébergement temporaire , trouver des centres de transit pour ceux qui ne vont réintégrer  leurs familles (ces centres peuvent être ceux qui existent déjà comme le projet enfants soleil, CERES ou d’autres qui seront renforcés) , préparer et former des familles d’accueil ,assurer le suivi post-réinsertion (processus continu) ,mener une évaluation après 3 mois de travail et planifier les  actions amener ultérieurement .

D’après M.Ntawembarira, la place de l’enfant n’est pas dans la rue. Sur ce, l’Etat a l’obligation d’assurer la protection de ce dernier. Sinon, dit-il, il peut constituer une source d’insécurité, une bombe à retardement. Il  ternit  également l’image des centres urbains et, partant, du pays. Cependant, s’inquiète-t-il, l’opération de retrait  ces enfants de la rue exige beaucoup de ressources humaines, matérielles et financières. De plus, elle prendra beaucoup de temps,  car la réinsertion d’un enfant de la rue  peut prendre des mois. De plus,  une fois le processus enclenché, celui-ci pourrait inciter  d’autres enfants à se faire passer pour des enfants de la rue et entraver  l’opération.

Eraste  Bigirimana, de l’Eglise Anglicane, diocèse de Bujumbura indique que la contribution de l’église dans la lutte contre le phénomène des enfants de la rue sera un accompagnement moral et spirituel des enfants dans les centres d’hébergement temporaire  ». Il souligne  également que la sensibilisation des familles s’avère nécessaire afin qu’elles reviennent sur leur devoir d’éduquer, car d’après lui, il a été constaté que les parents ne jouent plus pleinement leurs rôles. D’où  les enfants adoptent des comportements indignes dont celui de se lancer dans la rue. Pour lui, les conflits familiaux influent aussi négativement sur l’éducation des enfants. C’est pourquoi, explique Mgr Bigirimana, que des séances de sensibilisation à l’endroit des familles seront parmi les priorités de l’église.

Oda Nduwumwami, directrice de la fondation Tabita Action qui s’occupe  des personnes vulnérables indique que dont les enfants de la rue fait remarquer que  pour retirer efficacement les enfants de la rue à cet endroit, il faut que ces derniers soient tous  scolarisés.

« La question des enfants de la rue doit être traitée avec prudence »

Jacques Nshimirimana, représentant de la Fédération Nationale des Associations Engagées dans le Domaine de l’Enfance au Burundi abonde dans le sens Il va au-delà des chiffres issus de l’enquête de 2010 to

Jacques Nshimirimana, président du FNADEB : « Le retrait des enfants vulnérables de la rue constitue une question difficile qu’il faut traiter prudemment »

ut en indiquant que l’effectif  pourrait être   revu à la hausse suite à la crise  politico-sécuritaire que traverse le Burundi depuis  2015. Il salue l’initiative du gouvernement de s’impliquer davantage  dans la lutte contre le phénomène des enfants de la rue. Toutefois il indique que le retrait des enfants vulnérables de la rue constitue une question difficile qu’il faut traiter prudemment. Les motifs qui ont poussé ces enfants à adopter la rue sont divers et la majorité de ceux-ci  ne dépendent  pas de la volonté des enfants. Il peut s’agir de la pauvreté,  des conflits familiaux, de  la guerre,…. De surcroît, explique M.Nshimirimana, comme les problèmes sont différents, leurs traitements doivent aussi être diffèrent

M.Nshimirimana apprécie le fait que le gouvernement  a mis la question des enfants de la rue parmi ses priorités  pour l’année 2017. Il a remarqué qu’on ne peut pas  prétendre à un développement durable  si ces enfants ne sont pas impliqués. L’Etat vient de démontrer l’importance qu’il accorde à la  problématique des enfants de la rue. Il déplore néanmoins la manière utilisée pour retirer ces enfants  de la rue. Il fait référence à la force qu’utilisait police pour arrêter les enfants  et les embarquer vers leurs lieux de provenance alors que certains d’entre eux ne savent même pas d’où ils sont venus .Ils étaient   traités des malfaiteurs. Pourtant, aucune loi burundaise n’interdit ni la mendicité, ni la vie dans la rue », informe-t-il.

Parlant des enfants de la rue qui y sont nés,  M. Nshimirimana indique qu’ils ne sont pas nés des arbres mais des êtres humains. Donc, ils ont des parents  .Bien sûr qu’il y a des enfants qui ignorent   leur descendance. Ces cas sont  difficiles à gérer. Sur ce, les associations qui luttent pour la défense des droits de l’enfant, le ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre et  les confessions religieuses doivent s’assoir ensemble pour trouver une issue à cette question.

A propos de l'auteur

Mathias Ntibarikure.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

http://burundi-eco.com/wp-content/uploads/2017/09/Journal-Burundi-Eco-nr-262-du-vendredi-15-Septembre-2017-Mailling.pdf

    Abonnez-vous à notre newsletter

éditorial

Les amateurs de la sainte mousse préoccupés

Les amateurs de la sainte mousse préoccupés

Le manque de bière pour un Burundais est comme le manque de pain pour un Français. Malheureusement depuis un certain temps à Bujumbura comme à l’intérieur du pays, le manque de certains produits Brarudi se fait remarquer. Il est toujours difficile de se procurer certains produits de la Brarudi, notamment la Primus 72 cl et l’Amstel 65 cl. Ces produits se raréfient depuis un certain temps.

    Facebook

    Facebook par Weblizar Powered By Weblizar

éditorial

Les amateurs de la sainte mousse préoccupés

Les amateurs de la sainte mousse préoccupés

Le manque de bière pour un Burundais est comme le manque de pain pour un Français. Malheureusement depuis un certain temps à Bujumbura comme à l’intérieur du pays, le manque de certains produits Brarudi se fait remarquer. Il est toujours difficile de se procurer certains produits de la Brarudi, notamment la Primus 72 cl et l’Amstel 65 cl. Ces produits se raréfient depuis un certain temps.