Depuis le mois de novembre 2019 jusqu’au mois de février 2020, le centre d’accompagnement psycho social «Saint François d’Assise» a enregistré 108 nouveaux cas de consommateurs de stupéfiants. Au regard des conséquences fâcheuses de cette situation, la mise en place d’un centre de désintoxication s’avère nécessaire
Le centre d’accompagnement psycho social «Saint François d’Assise» a organisé jeudi le 19 mars 2020 un atelier sur la jeunesse face à la drogue. Les jeunes rencontrés à ce centre où ils étaient venus pour se faire soigner indiquent qu’il y a un léger mieux depuis qu’ils ont commencé à fréquenter ce centre. Idriss Shemezimana, habitant le quartier Kinama fait savoir qu’il s’’est adonné à la consommation des stupéfiants suite à la pauvreté. Il était orphelin et n’avait pas quelqu’un qui pouvait l’aider. Il a été récupéré par la rue. «Je partageais toute sorte de stupéfiants avec les enfants de la rue», révèle-t-il. Suite à ces stupéfiants, il mène une vie déplorable. Il fait savoir qu’il a été battu comme un serpent à maintes reprises après avoir été attrapé en flagrant délit de vol de biens chez ses voisins.
Gérard Ndayishmiye, habitant le quartier Kamenge abonde dans le même sens. Il est partisan de la consommation des stupéfiants. Il s’est adonné à la consommation des stupéfiants suite au chômage. Depuis qu’il bénéficie des conseils des psychologues œuvrant à ce centre, il est dans un état de convalescence.
Selon Dr Raïssa Ihorimbere, psychologue à ce centre, l’effectif des jeunes qui consomment les stupéfiants ne cesse d’augmenter. Depuis que ce centre est opérationnel, plus précisément au mois de novembre 2019, 108 nouveaux cas de consommateurs de stupéfiants ont été enregistrés jusqu’au mois de février 2020. 65,6% de ces derniers sont des jeunes de moins de trente ans.

Espoir Uwase, psychologue au centre d’accompagnement psycho social «Saint François d’Assise» : « La plupart de ceux qui s’adonnent à la consommation des stupéfiants sont les orphelins, les enfants de la rue, les chômeurs, certains enfants issus des familles nobles, etc »
Qui consomment les stupéfiants ?
Espoir Uwase, psychologue au centre d’accompagnement psycho social «Saint François d’Assise» fait savoir que la plupart de ceux qui s’adonnent à la consommation des stupéfiants sont les orphelins, les enfants de la rue, les chômeurs, certains enfants issus des familles nobles, etc. Certains d’entre eux s’y adonnent à cause de l’influence de groupe.
Quid des conséquences ?
Selon le psychologue Séraphine Niyakire, les conséquences de cette situation sont fâcheuses. L’enfant qui consomme les stupéfiants se chamaille souvent avec les membres de sa famille. Il crée le désordre. Il vole et détruit tout ce qu’il rencontre sur son passage. Il s’adonne aux violences basées sur le genre. Il s’absente à l’école et est s’expose à l’échec scolaire. Il finit par devenir un malade mental. Suite à ce calvaire, sa famille ne peut pas tenir. Le consommateur des stupéfiants est quelquefois rejeté par la société. Il est discriminé et stigmatisé.
La consommation des boissons prohibées ajoutent le drame au drame
Selon Albert Mbonerane, représentant légal de ce centre, ces jeunes ne savent pas à quel saint se vouer pour se faire soigner. Ils dorment à la belle étoile alors que c’est une jeunesse qui devrait participer au développement du pays. Le pays devrait assurer leur protection. Nonobstant, les boissons renfermant une grande quantité d’alcool ne cessent d’être produites au vu et au su de tout le monde. Ce sont entre autres les boissons Karibu et Hozagara. Elles sont très alcoolisées et accessibles à une grande majorité de jeunes, car elles ne sont pas chères et sont disponibles dans beaucoup de kiosques éparpillés dans tous les quartiers de la municipalité de Bujumbura. Les sociétés qui en produisent encaissent beaucoup d’argent. Nonobstant, elles ne sont pas en train de rendre un bon service à l’Etat. Selon lui, il est déplorable de rencontrer dans la rue un jeune qui s’exprime bien en français à cause de la consommation des stupéfiants. Sa place devrait être à l’école. C’est une catastrophe pour la famille et le pays, renchérit-il.
Mise en place des stratégies efficaces de lutte contre les stupéfiants
«Nous demandons à l’Etat de mettre en place des stratégies efficaces de lutte contre ce fléau», précise Mbonerane. Pour punir les contrevenants, on se base sur le code pénal. Néanmoins, nulle part on précise comment on punit les consommateurs des stupéfiants. On se base sur une ordonnance du ministre de la Santé Publique vieille de plus de 30 ans. Dans cette ordonnance, certains stupéfiants ne figurent pas. Suite à cette situation, la police a du mal à punir les consommateurs des stupéfiants.
Pour inverser la tendance, Mbonerane fait remarquer que la mise en place d’un centre de désintoxication s’avère nécessaire. Le consommateur des stupéfiants est contraint d’y passer pas moins de quarante jours. Il est logé et nourri. Il rentre dans sa famille après avoir recouvré une bonne santé.




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