Editorial

16 jours de discours, de couleurs et d’engagements

Les 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, édition 2025, ont été lancés officiellement le 25 novembre 2025 et se clôtureront le 10 décembre 2025. Ces 16 jours rappellent avec force que les violences basées sur le genre demeurent un fléau qui continue d’affecter des milliers de femmes, de filles, mais aussi d’autres catégories vulnérables au Burundi.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef.

Durant cette période, le pays se mobilise. Les discours se multiplient, les symboles prennent place et l’attention se focalise sur la lutte contre les violences. Pourtant, une question essentielle demeure. Que reste-t-il lorsque les micros s’éteignent ? Les discours ? Les couleurs ? Les engagements ? Qu’en est-il de leur mise en œuvre alors que les défis persistent ?

Les violences domestiques et sexuelles restent une réalité souvent dissimulée derrière le silence, la honte ou la peur. Dans certains contextes, elles continuent d’être perçues comme une affaire privée. Ce qui décourage la dénonciation. A cela s’ajoutent le manque de services spécialisés et la fragilité économique des victimes, qui compliquent la rupture avec des environnements dangereux.

A cette réalité s’ajoute désormais une autre forme de violence, plus récente mais tout aussi destructrice. Les violences numériques, dont les conséquences peuvent aller jusqu’au suicide.
Le cyberharcèlement, la sextorsion, l’exposition non consentie d’images, les insultes anonymes ou encore le contrôle numérique exercé par un partenaire se développent dans un espace virtuel où les lois sont mal connues et où les victimes, souvent très jeunes, sont encore plus isolées. Internet devient parfois une arme, un outil de domination, un lieu où la violence circule plus vite que les protections.
Il est essentiel que tout un chacun comprenne que la violence change de visage. Elle passe également par les écrans.

Ces 16 jours d’activisme mettent également en lumière l’émergence d’un mouvement surprenant. « Les Hommes en Détresse » qui attirent l’attention sur les violences que certains hommes subissent en silence. Sans minimiser la gravité des violences faites aux femmes, ce mouvement élargit la réflexion et rappelle que la lutte doit être inclusive. Reconnaître les souffrances masculines, c’est aussi contribuer à prévenir les cycles de violence futurs.

Les 16 jours d’activisme constituent un temps précieux pour dénoncer. Mais la véritable action doit aller au-delà des cérémonies.
Il est nécessaire de renforcer les services de prise en charge, d’améliorer la coordination entre les acteurs et d’impliquer davantage les hommes comme alliés du changement. Les écoles et les communautés doivent devenir des lieux d’éducation au respect, au consentement et à la sécurité numérique.
La lutte contre les violences en ligne doit, elle aussi, devenir une priorité nationale au même titre que la lutte contre les violences physiques ou psychologiques.

Les 16 jours d’activisme sont un symbole fort, mais la protection des victimes, la transformation des mentalités et la construction d’une société plus juste exigent un engagement quotidien, tout au long de l’année.

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A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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2 commentaires
  • NIYUHIRE dit :

    Quelles sont les punitions de celui ou celle qui fait la violence en ligne notamment celle de publier les images de son partenaire sans consentement ?
    J’aimerais savoir aussi les services ou les institutions qui enseignent la sécurité numérique

  • NIYUHIRE dit :

    Merci de nous informer

Les commentaires sont fermés.

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