Société

A la découverte d’un métier à haut risque faiblement rémunéré

Le transport à vélo est un des métiers à haut risque exercés dans la ville de Bujumbura. Depuis des années, plusieurs personnes ont gagné leur vie grâce à ce métier. Parmi les travailleurs exploitant leur force physique figurent les transporteurs de la viande crue dont nous allons vous vanter les exploits dans lignes qui suivent

A 7 h du matin, nous débarquons à l’abattoir public de Bujumbura, sis au quartier   Kigobe. Il s’agit là d’un vaste terrain clôturé. A l’intérieur se trouve un vieux bâtiment. C’est là où vaches, chèvres, porcs et moutons sont abattus. Plusieurs transporteurs sont déjà sur place à attendre un éventuel client. Jeunes et moins jeunes chacun avec son vélo. Chaque matin, ces derniers se présentent à l’abattoir à la recherche d’un job. Certains se tiennent à distance. Ils sont nouveaux dans le métier.  Visiblement, ce sont des personnes vulnérables. La plupart portent des vêtements usés. Ils discutent en groupe tout en s’attendant à une quelconque clientèle.

Les moyens de transport de la viande dans la ville de Bujumbura ne sont pas modernisés. Ce travail se pratique même de nos jours de manière assez rudimentaire.

Comme dans une véritable concurrence, chacun s’attend à un appel improvisé de la part d’un commerçant ou d’un boucher qui veut faire transporter sa marchandise. Ils savent qu’ils sont en compétition et chacun est aux aguets pour se lancer dès le premier appel d’un client. Dans le temps où l’abattoir était unique dans la municipalité de Bujumbura et ses environs, ils étaient plus nombreux. Etant donné que les moyens de transport de la viande de l’abattoir aux différents points de vente ne sont pas développés, chaque acheteur doit payer un transporteur.

Un travail faiblement rémunéré

Nous avons approché un membre du groupe qui a accepté de nous parler. Dans sa vieille chemise dont la couleur blanche est devenue trop floue, car pas très propre et entachée de sang, Jean Mutabazi nous a vertement dévoilé les méandres de son métier de transporteur de viande. Il a une longue expérience dans ledit métier qu’il a commencé très tôt avant qu’il ne se marie. En tout cas, il affirme avoir transporté la viande depuis longtemps. « Il y a longtemps, plus de quinze ans que je travaille ici », indique-t-il. Pour cet homme vivant de sa propre force, ce métier est faiblement rémunéré. C’est juste pour éviter de  croiser les bras que lui et ses amis se sont consacrés à ce travail à la rentabilité douteuse.

Pourtant, celui qui s’est confié à nous est père de 4 enfants. Il doit se battre pour faire vivre sa famille et envoyer ses enfants à l’école. Confiant, ce parent qui estime son revenu à cinq mille francs burundais ou encore moins affirme que le combat de la vie reste très difficile à mener. Sa femme n’a pas de travail fixe. Sans terre cultivable, elle n’a pas pu se trouver un travail durable. D’après Mutabazi, sa femme passe des journées entières dans la rue à pratiquer le commerce ambulant. « Je ne peux pas dire que ma femme travaille. Comme c’est le  cas pour moi, ce à quoi elle s’adonne n’est qu’un moyen de survie», explique-t-il.

Un travail à haut risque

Comme ses collègues, ce transporteur se lève tôt chaque matin pour se rendre à l’abattoir. Quand il a la chance de trouver un job, c’est pour transporter la viande jusqu’aux fins fonds des quartiers. Parfois, la distance à parcourir est très longue. Ce professionnel du transport de la viande à vélo affirme que plus le trajet est long, plus la rémunération est élevée. Pour le reste, il s’en fout des risques de la route. Nonobstant, il admet que son métier présente de gros risques. «Quelquefois, nous devons nous faufiler à travers les embouteillages et la quantité transportée peut atteindre 150 kg», dit-il. Selon les propos de cet homme qui vit de ce métier depuis plusieurs années, les transporteurs n’ont pas besoin de travailler en commun même si le risque d’accident reste élevé. « Les accidents sont toujours prévisibles. Si quelque obstacle venait à te toucher seulement, tu termines par terre », commente Mutabazi en rigolant.

Le cercle est ouvert à toute personne pouvant y entrer et en sortir librement. Malheureusement, la mutualité est inconnue de ce monde de travail tandis que le soutien social à ce type de travail n’existe presque pas. Quand l’un d’eux fait un accident de roulage, ce n’est pas possible de lui venir en aide. A vrai dire, la règle du jeu serait « Chacun pour soi et Dieu pour tous».

Notons que les moyens de transport de la viande ne sont pas modernisés et que ce travail se pratique de manière assez rudimentaire. L’insécurité routière pour ceux qui vivent de ce métier est une réalité. Dans une certaine mesure, les petits métiers exercés dans la ville de Bujumbura méritent d’être structurés.

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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