Depuis 2015, le Burundi a annoncé qu’il souhaite adhérer à l’ l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie Extractive (ITIE), mais sans succès. L’objectif est d’améliorer la transparence dans la gestion du secteur minier. L’ABUCO-TI Burundi demande au gouvernement de redoubler d’efforts pour gagner le pari
Le Burundi n’a pas encore adhéré à l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie Extractive (ITIE), indique Ella Ndikumana, chargée des projets à l’Association Burundaise des Consommateurs-Transparency International (ABUCO-TI Burundi) samedi le 23 août 2021 dans un atelier-media de sensibilisation sur la mobilisation des ressources naturelles au Burundi. Néanmoins, elle se réjouit du fait que le parcours dans ce processus est rassurant.
Pour le consultant Boaz Nimpe, la question de l’adhésion du Burundi à l’ITIE reste pendante. Et de demander à l’ABUCO-TI Burundi de suivre de près l’évolution du processus de l’adhésion du Burundi à l’ITIE pour que la gouvernance dans le secteur minier s’améliore. A titre illustratif, il indique qu’il est au courant que des consultations sont en cours avec certains partenaires dont la Banque Africaine de Développement (BAD) pour bénéficier d’ une assistance juridique dans la négociation des contrats miniers. Sinon, il fait savoir que l’adhésion du Burundi à l’ITIE permet qu’il y ait plus de transparence dans la gestion du secteur minier. Les contrats signés entre les sociétés minières et le pays sont gagnant-gagnant. De plus, la population en profite. Là où on exploite les minerais, les conditions de vie des ménages se trouvent être améliorées. Pour gagner le pari, il recommande le renforcement des capacités en matière de négociation des contrats miniers, car ce type de négociation est complexe. «C’est un travail qui exige une forte expertise», renchérit-il.

Ella Ndikumana, chargée des projets à l’ABUCO-TI Burundi : « Le Burundi n’a pas encore adhéré à l’ITIE ».
La certification des 3T, un pas déjà franchi
Il se réjouit du fait que les 3T (la cassitérite, le wolframite et le coltan) sont actuellement certifiés. Et de demander au gouvernement de certifier d’autres minerais comme l’or. Selon lui, la traçabilité de l’or est aussi une nécessité. Pour cette raison, il est important qu’on puisse évaluer les contraintes qui font qu’on n’évolue pas dans la certification de l’or.
Pas mal de défis pèsent sur l’industrie minière
Nimpe fait savoir que le Burundi a un grand potentiel minier. Néanmoins, il s’inquiète du fait que celui-ci reste sous exploité et que pas mal de défis pèsent sur l’industrie minière. Selon toujours lui, le recouvrement fiscal minier constitue un défi non négligeable. Il ajoute que les questions en rapport avec le rapatriement des devises issues de l’exploitation des mines et la traçabilité des produits minéraux, artisanaux et des carrières restent toujours pendantes. De plus, la politique de la fiscalité minière n’est pas claire. «Le secteur minier a un rendement faible malgré son potentiel. Si on jette un coup d’œil sur le budget général de l’Etat, sa contribution au Produit Intérieur Brut (PIB) n’est pas importante malgré que le Burundi présente un grand potentiel minier», déplore-t-il. De surcroît, l’absence de textes d’application du code minier pour clarifier le retour des investissements sur les collectivités locales est aussi un défi auquel le secteur minier est confronté. On n’a pas encore pensé à la révision des tarifs pour les ajuster.
Pierre Nduwayo, président de l’Abuco-TI Burundi demande au gouvernement de redoubler d’efforts pour améliorer la transparence dans la gestion du secteur minier. Selon lui, bien géré, ce secteur pourra détrôner le secteur café dans la contribution au PIB. Il se réjouit de la suspension des contrats miniers par le Burundi pour renégocier d’autres plus gagnant-gagnant afin que le pays en profite.
Selemani Khamissi, secrétaire permanent au ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines a fait savoir que le gouvernement reconnait la dimension macroéconomique du secteur minier. Selon lui, ce volet est d’ailleurs inscrit dans le PND 2018-2027. Il est mis au premier plan parmi les secteurs porteurs de croissance et de création d’emplois. Cette vision de développement place le secteur minier au cœur des changements au titre des accélérateurs de la croissance économique pendant les dix prochaines années.




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