Développement

A quand le désenclavement des quartiers du Sud du pont Kizingwe ?

Depuis la viabilisation des nouveaux quartiers du Sud de la ville de Bujumbura à savoir: Nyabugete et Ruziba dans la commune de Muha, le trafic sur la Route Nationale numéro 3 dite route Rumonge a considérablement augmenté. La circulation sur cette route devient de plus en plus ardue, car elle est la seule et unique voie de sortie pour les habitants des quartiers du Sud du pont Kizingwe

Un trajet d’à peu près 15 km qui devrait normalement se faire pendant une demi-heure se fait pendant deux heures et plus sur le tronçon Nyabugete-ville. Cela se remarque surtout pendant les heures de pointe. Un embouteillage monstre de véhicules, motos, bicyclettes, et piétons crée quotidiennement le désespoir et la panique chez les passagers empruntant cette route.

Pour y échapper, certains préfèrent interrompre leur sommeil.  «  J’ai pris l’habitude de me lever à 5 heures du matin pour quitter le quartier au plus tard à 6 heures. Le soir, si tu n’as pas pu rentrer avant 16h, il est préférable d’attendre jusqu’à 20 h dans l’espoir de ne pas être victime d’embouteillages », témoigne Vincent N., un habitant du quartier Nyabugete. « Mes enfants s’y sont habitués. On n’a pas d’autres choix. Ils étudient en ville. Chaque fois qu’on quitte le quartier après 6 heures du matin, nous arrivons tous en retard », ajoute-t-il. Le grand souci sur ce tronçon est qu’il n’y a pas d’autres déviations pour échapper aux embouteillages, c’est uniquement sur le pont Kizingwe.

Suite à une forte pluie qui s’est abattue sur la région sud de la capitale dans la nuit du 18 mars 2020, la boue et l’eau provenant de la rivière Kizingwe ont bloqué la circulation pendant des heures.

Impact socio-économique

Il est certes commode de vivre dans les nouveaux quartiers du Sud de la ville, mais quand il faut se déplacer vers le centre-ville, c’est la galère. Avoir un véhicule c’est une chose, être capable de le conduire sur la RN3 c’en est une autre. Pour ceux qui n’ont pas leurs propres véhicules, peu importe l’heure de leur réveil, les bus ne commencent à circuler que vers 6h30 et viennent à compte-gouttes.

La plupart des agents des services tant publics que privés habitant le quartier de Nyabugete et ses environs craignent de perdre leurs boulots à cause des retards répétitifs. Ils invitent le gouvernement à se saisir de cette question.  « J’arrive toujours en retard au boulot. On me donne chaque fois des remarques, des mises à pieds mais je n’y peux rien.il y a tellement d’embouteillages qu’on peut passer facilement une heure et demi ou plus dans un bus. Il nous faut vraiment une autre route. », se lamente une enseignante qui travaille dans les quartiers du Nord de la capitale économique.

Les pertes économiques dues à ces retards sont énormes. À vrai dire, ces retards ne se répercutent pas sur la seule personne qui est en retard, mais sur toutes celles qui dépendent d’elle. Quand un guichetier d’une banque arrive en retard à cause des embouteillages, ça impacte directement la banque et l’économie de tous ceux qui devraient passer à la banque avant d’aller continuer leur travail.   

Le pont Kizingwe résistera-t-il longtemps ?

Le pont Kizingwe est le trait d’union entre les quartiers Nyabugete et Kanyosha. Les berges de la rivière Kizingwe s’élargissent chaque jour et causent d’énormes dégâts au pont et aux infrastructures avoisinantes. Et rien ne garantit que le pire ne se produira pas si rien n’est fait dans les plus brefs délais. « Si tu veux connaître les dangers auxquels nous faisons face, reviens lorsqu’il aura plu. » fait savoir un taxi-vélo rencontré sur place. Suite à une forte pluie qui s’est abattue sur la région dans la nuit du 18 mars 2020, la boue et l’eau provenant de cette rivière ont bloqué la circulation pendant des heures. « Les motos, les vélos et les petites voitures passaient très difficilement, Imaginez alors le sort des piétons qui devraient traverser cette rivière. Il fallait soit payer pour être porté sur le dos, ou soit attendre que la boue soit enlevée. Cela a pris des heures. Heureusement que ça n’a pas duré longtemps mais ça prédisait le pire », ajoute -t-il.

« Nous avons tous intérêt à ce que ce pont soit réparé avant qu’il ne soit trop tard. Imaginez qu’un jour on se lève pour aller au travail et trouve que ce qui s’est passé sur la RN1 et la RN7 s’est produit ici. Je n’ose même pas y penser », ajoute un habitant de Nyabugete rencontré sur place.

Les officiels tranquillisent

Selon Ir Emile Ndayisaba, directeur général de l’Agence Routière du Burundi(ARB), le désenclavement de ces quartiers fait partie des principales préoccupations de l’ARB. Il fait savoir qu’il y a un projet de traçage d’une route qui sera une bifurcation de la RN3 à la hauteur du camp militaire de Kabezi communément appelé «Camp Chinois», longeant le lac Tanganyika pour relier Nyabugete et l’avenue du Large. Il précise également que l’exécution de ce projet est prévue pour le mois de septembre 2021. Il fait savoir enfin que le projet de réhabilitation du pont Kizingwe, figure sur la liste des œuvres déjà planifiées.

A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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