Les Burundais évaluent positivement le rapport « Doing Business », un projet de la Banque Mondiale (BM) d’une série de rapports annuels mesurant les réglementations favorables et défavorables au climat des affaires. Cela en se référant sur une dizaine d’indicateurs en rapport avec la réglementation des affaires et sur la protection des droits de propriété d’environ 190 économies. Celui-ci vient d’être abandonné par son initiateur, car des irrégularités dans les données des éditions 2018 et 2020 ont été signalées en interne en juin 2020
« Les réformes sont avant tout pour le pays et le secteur privé. Avant qu’on soit évalué par la BM ou une autre institution, le pays initie des réformes pour assainir le climat des affaires. L’abandon du rapport Doing Business ne peut pas donc affecter la réforme du climat des affaires. Les indicateurs économiques sur lesquels se basait le rapport incitaient les économies à faire plus de réformes. Dans la continuité des politiques sectorielles, les indicateurs restent donc une référence. Ce qui n’empêche pas de continuer à innover », déclare Alida Mugisha, cadre au service des réformes et développement du capital humain à l’Agence de Promotion des Investissements (API) avant d’annoncer que le rapport profitait également aux investisseurs qui le consultaient avant d’aller investir dans un pays.

Alida Mugisha, cadre au service des réformes et développement du capital humain à l’API : « L’abandon du rapport Doing Business ne peut pas affecter la réforme du climat des affaires. Cependant, dans la continuité des politiques sectorielles, les indicateurs dudit rapport restent une référence ».
La digitalisation des services, à l’origine du recul des places
Elle affirme que le rapport « Doing Business » avait une méthodologie que les pays adaptaient à ses réalités et à ses priorités. Cela en rappelant que l’adhésion d’un pays à ce projet était volontaire et progressive. Et de renchérir : « Le pays adhérait par rapport aux indicateurs auxquels il voulait travailler ».
Mme Mugisha informe que le Burundi par exemple a adhéré au rapport Doing Business (l’adhésion a été progressive par rapport aux indicateurs) depuis 2010. « Par ailleurs, les réformes lui ont permis d’être classé pour trois années consécutives, soit 2011, 2012 et en 2013 parmi les dix pays meilleurs réformateurs au monde », indique-t-elle. A cette période, les réformes initiées étaient entre autres, la mise en place des guichets uniques. Il a été mise en place trois guichets uniques qui sont le guichet unique pour la création d’entreprises, le guichet unique pour l’octroi du permis de construire et le guichet unique pour le transfert de propriété.
Ce qui a permis de réduire sensiblement les coûts liés à l’obtention de ces services. Et de regretter : « Les reculs qu’a enregistré le pays dans le classement Doing Business ont été causés par la non informatisation des services ».
Des irrégularités mettent fin à la publication du rapport
Mme Mugisha fait remarquer que «Doing Business» mesure les réglementations des 10 domaines du cycle de vie d’une entreprise depuis sa création en l’accompagnant même jusqu’à sa faillite.
« Ces domaines sont entre autres, la création d’une entreprise, l’obtention d’un permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriété, l’obtention des prêts, la protection des investisseurs minoritaires, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats et le règlement de l’insolvabilité », fait-elle savoir.
Cependant, une déclaration de la BM du 16 septembre 2021 stipule que la confiance dans les travaux de recherche est d’une importance capitale.
« Après que des irrégularités dans les données des éditions 2018 et 2020 du rapport « Doing Business » aient été signalées en interne en juin 2020, la direction de la BM a suspendu l’édition suivante et lancé une série d’examens et d’audits du rapport et de la méthode utilisée pour l’établir. Par ailleurs, parce que les rapports internes ont soulevé des questions d’éthique, concernant notamment la conduite d’anciens responsables du conseil des administrateurs et de certains employés actuels ou anciens, la direction a porté les allégations y relatives aux mécanismes internes appropriés de reddition des comptes de la Banque », lit-on dans la déclaration.
Les résultats de l’enquête menée sur les irrégularités des années 2018 et 2020 n’ont abouti qu’à la prise de la décision de mettre un terme à la publication du rapport « Doing Business ». La première publication du rapport a eu lieu en 2003.




Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.