Les conditions exigées par les banquiers rendent plus difficiles l’accès aux crédits pour les PMEs. Les banquiers expliquent qu’ils ne gèrent que des fonds à court terme dont les clients ont toujours besoin. De plus, la majorité des PMEs ne sont pas connues.

Cyrille Sigejeje (au micro), ex Administrateur Directeur Général de la Banque de Gestion et de Financement (BGF): « L’accès au crédit au Burundi reste difficile pour les petites et moyennes entreprises, car les banquiers posent beaucoup de conditions pour ne pas travailler à perte ».
L’accès au crédit au Burundi reste difficile pour les petites et moyennes entreprises. Les banquiers posent beaucoup de conditions pour ne pas travailler à perte, a précisé au mois d’août 2025 Cyrille Sigejeje, ex Administrateur Directeur Général de la Banque de Gestion et de Financement (BGF) à la retraite pour le moment.
Tout d’abord, le demandeur du crédit doit avoir un compte bancaire qu’il entretient régulièrement à travers les dépôts et les retraits. Selon Sigejeje, cela permet au banquier de se rendre compte que celui qui contracte un crédit sera capable de le rembourser.
De plus, Sigejeje explique que le banquier vérifie si le projet est rentable. Si tu veux te lancer dans la production des avocats et/ou des haricots dans un endroit déterminé, il fait des analyses pour se rassurer que tu vas récupérer ton capital et parvenir à rembourser le crédit.
Les novices doivent présenter des garanties
Selon Sigejeje, avoir des bilans positifs sur quelques années est aussi un critère que le banquier exige les PMEs. Dans ce cas, les nouveaux‐ nés n’ont pas de place chez le banquier. Pour qu’il les écoute, il leur demande des garanties de paiement telles que les immobiliers, les mobiliers, les cautions et les salaires.
Et d’ajouter la crédibilité du client parmi les garanties recommandées par le banquier. Il fait savoir qu’on n’accorde pas de crédit à celui qu’on ne connait pas. Il doit être quelqu’un de confiance. Cet arsenal de conditions est considéré par le banquier pour maîtriser le niveau de non remboursement du crédit.
Elles reçoivent des crédits à court terme
Selon toujours cet ancien ADG de la BGF, le pire est que même les PMEs qui en bénéficient sont sommées de rembourser le crédit sur une courte période. Si tu demandes 5 ans de remboursement du crédit, Sigejeje indique que très peu de banquiers peuvent accepter cela.
La raison est que les banques burundaises ne gèrent que des dépôts dont les clients ont toujours besoin. Dans d’autres cas, il faut lui montrer d’autres sources de remboursement.
Il laisse entendre que les banquiers gèrent des fonds de court terme. Le client dépose son argent aujourd’hui. Pourtant, il peut le retirer demain. Donc, donner des crédits à long terme n’est pas facile.
Pour développer l’économie, il demande à l’Etat de contribuer à ce qu’on trouve des fonds à long terme. De plus, il faut épargner sur le long terme pour gagner le pari.
Denis Nshimirimana, secrétaire exécutif de la Chambre Fédérale du Commerce et d’Industrie du Burundi (CFCIB) fait remarquer que les PMEs ont des difficultés d’accès au crédit, car elles ne sont pas bien structurées. La majorité d’entre elles opère même dans l’informel. Elles n’ont ni numéro d’identification fiscale (NIF), ni registre de commerce (RC). Selon lui, le banquier ne peut pas alors accorder un crédit à une PME de la rue.
Sigejeje conclut que plus de 80% des fonds que détiennent les banques sont de court terme.




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