L’accès à l’éducation est un droit reconnu à tous les enfants. Cependant de nombreux obstacles subsistent. Ce sont notamment la pauvreté, les pandémies, les crises politiques, pour ne citer que ceux-là. Le gouvernement devrait prendre le taureau par les cornes pour faciliter l’accès à l’éducation et maintenir les enfants à l’école
Dans son article 28, la Convention Internationale sur les Droits de l’Enfant (CIDE) stipule que « l’enfant a droit à l’éducation et l’Etat a l’obligation de rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuit, d’encourager l’organisation de différentes formes d’enseignement secondaire accessibles à tout enfant et de l’assurer à tous ».
Dans son discours de lancement de l’année scolaire 2021-2022, Dr François Havyarimana, ministre de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique a plaidé pour la scolarisation de tous les enfants, y compris les filles et les enfants vivant avec un handicap. Cependant, des millions d’enfants dans le monde ne sont pas scolarisés. L’UNESCO dénombre 263 millions d’enfants qui ne sont pas scolarisés. Parmi eux, plus d’un cinquième d’enfants âgés de 6 à 11ans se retrouvent en Afrique subsaharienne.

Parfois, les infrastructures scolaires ne sont pas appropriées pour les enfants handicapés. D’autres font objet de stigmatisation en milieu scolaire ou quittent le banc de l’école trop tôt.
Quid de la scolarisation des enfants au Burundi?
Le Burundi investit davantage dans les infrastructures scolaires. L’objectif est de doter chaque colline d’au moins une école. On dénombre plus de 5000 écoles construites depuis 2005. Cependant, il reste encore des enfants non scolarisés. D’une part, les parents ne sont pas motivés à envoyer leurs enfants à l’école. Et, d’autre part, les enfants vulnérables dont les handicapés, les albinos, les Batwa, les rapatriés, les bâtards, les rapatriés n’ont pas les mêmes chances d’accéder à l’école que les autres catégories d’enfants. Parfois, les infrastructures scolaires ne sont pas appropriées pour les enfants handicapés. D’autres font objet de stigmatisation en milieu scolaire ou quittent le banc de l’école trop tôt.
Estella Niyogushima, lauréate des humanités générales, estime que les Batwa sont particulièrement touchés par le phénomène d’abandons scolaires. Elle estime que la pauvreté des familles Batwa accélère les départs de l’école. Les ménages n’arrivent pas à satisfaire les besoins fondamentaux comme l’alimentation, l’habillement encore moins la scolarisation des enfants, a fait savoir Niyogushima lors d’une réunion organisée par la coalition BAFASHEBIGE en février dernier à l’endroit des associations féminines œuvrant dans le domaine de la protection des droits de l’enfant et des représentants des groupes marginalisés.
Pourquoi ce phénomène subsiste ?
Parmi les facteurs qui font obstacle à la scolarisation des enfants, on peut citer le manque d’équipements de base comme l’accès à l’électricité et à l’eau potable et l’insuffisance du personnel enseignant. Il s’observe également des disparités entre les deux sexes selon les régions. Les filles abandonnent l’école plus que les garçons.
Selon de l’Institut des Statiqtiques de l’Unesco (ISU), 9 millions de filles âgé de 6 ans a 11ans ne vont pas à l’école contre 6 millions de garçons. Au primaire, 23% de filles ne sont pas scolarisées contre19% de garçons.
Que faire pour inverser la tendance ?
Le gouvernement a instauré la politique de gratuité de l’enseignement de base depuis 2005. Certes, cette initiative a gonflé les effectifs dans les écoles, mais les chiffres sur les abandons scolaires font froid au dos. Selon les chiffres disponibles au Bureau de la Planification et des Statistiques de l’Education (BPSE), le nombre d’élèves pour les 3 premiers cycles du fondamental est passé de 1.585.539 en 2007 à 2.313.818 en 2016. En outre, 204 095 élèves ont abandonné l’école en 2016, soit un taux d’abandons scolaires de 15,1%.
Pour faire face à ce problème qui s’observe dans le monde entier, les gouvernements doivent apporter suffisamment d’équipements de base dont l’école a besoin et disponibiliser les enseignants. Il faut aussi sensibiliser la population sur l’importance de l’éducation des enfants, car l’avenir du monde repose sur eux. Un stylo et un livre peuvent changer le monde, dit-on.
Pour le cas du Burundi, le gouvernement devrait instaurer un âge scolaire minimum obligatoire (ASMO). Il a pris la mesure de rendre la scolarité de base gratuite. Mais il devrait aller plus loin et la rendre obligatoire. La gratuité devrait être accompagnée par l’obligation pour inciter les parents à envoyer leurs enfants à l’école. Il faudra également préconiser des mesures drastiques à l’encontre des parents dont les enfants abandonnent l’école. Il s’agit d’un travail en synergie pour éradiquer ce phénomène. Dans les centres urbains, les habitants devraient bannir à jamais le travail des enfants dans les ménages sous peine de s’exposer aux sanctions.




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