Education

L’Adéquation Formation-Emploi : Le système éducatif doit s’y conformer

La relation entre les compétences des chercheurs d’emploi et les compétences requises pour accéder à un emploi est souvent inadéquate. Cela constitue un défi pour l’économie national. Les programmes préparant les jeunes à l’insertion professionnelle et l’amélioration de la qualité de l’enseignement de base seraient d’une importance primordiale   

Depuis un certain temps, l’Adéquation Formation-Emploi (AFE) est considérée comme l’un des principaux défis économiques dans beaucoup de pays. Il y a des entreprises qui souhaitent avoir des employés et des employés qui ne trouvent pas des emplois. Mais le plus souvent il se fait remarquer un déséquilibre entre les compétences qu’ont les chercheurs d’emploi et les compétences requises pour accéder à un emploi quelconque.

Selon Mme Irvine Floréale Murame, Administrateur Directeur Gérant (ADG) d’infinity Group, souvent, les employeurs exigent un niveau élevé en terme de qualité de la main d’œuvre et des compétences tant humaines que techniques. Lesquelles compétences ne sont pas magistralement apprises dans les salles de classe. Les programmes qui préparent les jeunes à l’insertion professionnelle ne fût-ce que pour des compétences transversales seraient d’une grande nécessité. Comme l’explique Mme Murame, l’employeur fait souvent face à des situations compliquées où les compétences des chercheurs d’emploi sont de loin inférieures aux compétences exigées. Pour lever ces défis, elle propose l’amélioration de la qualité de l’enseignement depuis la base.

Léonidas Ndayizeye, professeur à l’université du Burundi : « Il est aussi primordial de former plus de créateurs d’emplois que de demandeurs d’emplois ».

Amélioration de la qualité de l’enseignement, un préalable

La qualité de l’enseignement constitue le premier défi du système éducatif burundais lorsqu’elle est mauvaise, l’accès sur le marché du travail est hypothéqué. Selon le rapport 2019 du PASEC, seulement 5.1% des élèves burundais ont leurs propres manuels scolaires et 5.1% des écoles burundaises ont une bibliothèque. Cette situation a un impact sur la qualité du système éducatif burundais, car l’accès à l’éducation va de pair avec la qualité de l’enseignement.

Léonidas Ndayizeye, professeur à l’université du Burundi, regrette cependant que le gros du budget alloué au secteur de l’éducation est consacré au fonctionnement et faiblement à l’investissement. Dans le budget de l’Etat 2020-2021, le montant alloué à l’éducation est de 322,1 milliards de FBu dont un budget d’investissement dans le système éducatif de 4.5 milliards de FBu, soit 1.39%. Il propose de mener une réflexion profonde sur les systèmes d’enseignement afin de partager les meilleures pratiques d’ici et d’ailleurs, de reproduire ce qui fonctionne bien, d’améliorer ce qui peut l’être et d’abandonner ce qui ne va pas. Il est aussi primordial de former plus de créateurs d’emplois que de demandeurs d’emplois.

Le renforcement des capacités des enseignants s’impose

On ne peut pas améliorer la qualité de l’éducation de base si on n’améliore pas la qualité de la formation des enseignants. Selon Dr Elavie Ndura, avec les moments sombres de l’histoire du Burundi, le niveau intellectuel des apprenants a chuté. Pour cela, il y a beaucoup à faire pour rehausser le niveau et la qualité des enseignants. Mais pour réussir cette réforme, il faut accompagner les enseignants, ne pas les frustrer mais pour les soutenir pour accroître leurs compétences pédagogiques. Selon elle, certains enseignants pensent qu’ils sont meilleurs quand ils sont sévères et que peu d’élèves réussissent. Par contre, pédagogiquement, c’est la réussite des élèves qui déterminent l’efficacité d’un enseignant.

La loi n0 1/07 du 29 octobre 2020 portant révision de la loi n0 1/22 du 30 décembre 2011 portant réorganisation de l’enseignement supérieur au Burundi prône sa professionnalisation. Toutefois, mettre en place des dispositifs de formation professionnelle suppose construire des établissements d’enseignement supérieur, recruter et former des enseignants ou des formateurs, concevoir des curricula et des dispositifs de formation, attirer les jeunes vers ces formations et ces qualifications. C’est un processus complexe qui suppose des engagements financiers importants. Ce processus est très coûteux mais très nécessaire. « Il faut la mettre en œuvre au fur et à mesure pour ne pas sacrifier l’aspect qualité », fait savoir professeur Ndayizeye.

A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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