Quand le Président de la République a appelé les fonctionnaires à entreprendre en dehors des heures de service, Claver Nkeshimana a pris ce message à bras-le-corps. Enseignant de formation, il exerce son métier parallèlement à des activités agricoles et d’élevage, deux domaines qu’il estime complémentaires et qui font aujourd’hui sa plus grande fierté.

Claver Nkeshimana : « Le jour de la fête du travail, je préfère défiler dans les rangs des agriculteurs plutôt que dans ceux sdes fonctionnaires ».
A Muramvya, nous rencontrons Claver Nkeshimana, 48 ans, père de trois enfants. Lors de notre visite, il travaille comme conseiller du Directeur communal de l’Éducation chargé de la carte scolaire. Titulaire également d’un diplôme universitaire en comptabilité, il mène une double carrière: fonctionnaire le jour, agri-éleveur dès la fin de son service. « Le matin, j’organise le travail à la maison avant d’aller au bureau. Après 15h30, je reprends mon second métier : je vais dans mes champs, je cultive, j’arrose. Les employés irriguent le matin, moi j’arrose le soir », raconte-t-il. Comme cela, ses journées sont si surchargées qu’il n’a pas le temps de s’ennuyer ou de flâner.
Son amour pour l’agriculture lui vient de son père. « Mon père, surnommé “Terimboga” a été le premier à cultiver les légumes dans cette région. Mais c’est l’appel que Président a lancé à l’endroit des fonctionnaires qui m’a vraiment motivé. A l’époque, je n’avais rien dont je pouvais être fier. Mon salaire partait dans les dépenses, sans rien laisser. J’ai alors pensé à l’agriculture, le métier de mon père », confie-t-il.
Cultiver, oui, mais avec stratégie
Pour mieux rentabiliser ses efforts, il a opté pour une culture à contre-saison. « Quand les autres plantent les haricots, je cultive le maïs ; quand ils cultivent le maïs, je plante les choux. Ainsi, j’achète leur récolte et je vends la mienne qui est rare sur le marché. Grâce à cette méthode, avec 3 kg de semences de maïs, je peux gagner jusqu’à 1 500 000 FBu », se réjouit-il. Il s’est aujourd’hui spécialisé dans la culture des légumes, du maïs, des pommes de terre, des carottes et des courgettes.
Avec les revenus agricoles, il a lancé l’élevage des porcs, puis des vaches pour produire du fumier et du lait. « Je gagne environ 700 000 FBu par mois avec la vente du lait. J’écoule plus de 17 litres de lait par jour », affirme-t-il.
Un métier, une vocation
« L’agriculture et l’élevage m’ont aidé à lutter contre la pauvreté. Je suis fier d’avoir une activité productive qui va m’aider même pendant la retraite. Je n’ai pas honte d’être vu en train de cultiver ou d’arroser mes champs. D’ailleurs, le jour de la fête du travail, je préfère défiler dans les rangs des agriculteurs plutôt que dans ceux des fonctionnaires », affirme-t-il avec fierté.
Pour autant, il ne compte pas abandonner l’enseignement qu’il chérit tant. Selon lui, les deux métiers sont compatibles. « Comme l’a dit le Président, un fonctionnaire travaille huit heures par jour et peut utiliser les huit autres pour se développer. C’est exactement ce que je fais, et ça me réussit », explique-t-il.
M. Nkeshimana encourage vivement les fonctionnaires à entreprendre en parallèle avec leur métier. « Le premier ennemi du développement c’est la pauvreté. Il faut la combattre avec la dernière énergie », lance-t-il.




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