Les abeilles interviennent dans la pollinisation des cultures. En retour, ces dernières regorgent de nourriture pour ces insectes. Ce qui fait que les deux secteurs (agriculture et apiculture) sont interdépendants. Malheureusement, les produits chimiques appliqués sur les cultures exterminent tous les insectes sans distinction alors qu’il y en a qu’il faut préserver à tout prix
L’apiculture et l’agriculture sont deux secteurs qui se complètent mutuellement. Les fruits, les graines et les légumes sont obtenus grâce à la pollinisation des fleurs. Ce qui témoigne le rôle essentiel des insectes, notamment des abeilles dans la production agricole. En retour, les champs des cultures ou les vergers offrent une nourriture abondante (le nectar et le pollen) aux insectes pollinisateurs.
Selon Adrien Sibomana, président de Burundi Organic Agricultural Movement (BOAM), il existe un très fort lien entre l’apiculture et l’agriculture parce que les abeilles entrent en grande partie dans la pollinisation des plantes. Par exemple, dans le secteur café, les abeilles contribuent jusqu’à 40 % de la pollinisation de cette culture. Le reste se fait par les bourdons et d’autres insectes. Cette opération est indispensable pour qu’il y ait un meilleur rendement des cultures.
Mais les produits chimiques appliqués sur les cultures nuisent aux insectes pollinisateurs

D’après les experts, la menace des pesticides pour les abeilles serait sous-estimée.
En agriculture, pour lutter contre les insectes qui s’attaquent aux cultures, l’application des pesticides est indiscutable. Mais ces produits exterminent non seulement les ennemis des cultures, mais également les insectes bénéfiques, notamment les abeilles.
M. Sibomana rappelle que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) met en garde les pays. S’ils continuent à cultiver de la même manière dont ils le font aujourd’hui avec les engrais chimiques et les pesticides de synthèse, d’ici quelques années, ils ne seront plus capables de nourrir leurs populations, car ces produits auront exterminé les insectes qui interviennent dans la pollinisation des cultures. Et les microorganismes qui facilitent la fertilisation du sol subiront le même sort. En conséquence, le sol se détériorera au fur du temps et deviendra infertile. Ces produits tuent également à petit feu les vers de terre considérés comme des ouvriers invisibles qui remuent la terre arable.
Des alternatives ne manquent pas
Pour substituer les fertilisants chimiques, il y a beaucoup d’alternatives. Par exemple, le fumier préparé dans les champs à l’abri des rayons solaires et la pluie remplit toutes les qualités requises pour fertiliser le sol et est bonne pour les cultures. De même pour l’urée. Il existe également des engrais verts issus des plantes, des engrais industriels fabriqués à base des bactéries…
Pour M. Sibomana, il y a des alternatives à gogo. Il suffit de changer d’habitudes dans le but de préserver le sol et d’améliorer le rendement agricole, car les engrais chimiques ont des effets néfastes sur les cultures. Ils acidifient et dessèchent le sol. C’est pourquoi il est déconseillé de les appliquer sur les cultures quand il n’y a pas assez de matières organiques pour les compléter. Même la plupart d’agriculteurs ne sont pas conscients du danger qui en découle. Ils les mettent directement dans le sol et, au fur du temps, la terre se dégrade complètement. Par conséquent, quand une plante est en contact avec ces produits, les insectes les prisent beaucoup plus que toute autre plante. Mais une plante qui vit dans un sol sain, elle devient aussi saine. Elle n’aura pas besoin de pesticides pour survivre. Tel est le principe de l’agriculture biologique, car cette dernière prime sur la santé du sol, de la plante, de l’eau, de l’air, etc.
Au cas où les cultures seraient attaquées, l’agriculteur ne doit forcément pas faire recours aux pesticides à cause de leurs effets néfastes. Il y a plutôt des alternatives, notamment la lutte intégrée (par exemple le fait d’attraper manuellement les insectes ennemis), l’agriculture sous serre (les bâches), planter des cultures répulsives (oisgnons, ail…), les plantes insecticides (tephrosia, piment, neem), les fongicides, le push-pool, les méthodes biologiques (parasitoïdes, prédateurs), etc. Dans ce cas, les insectes bénéfiques aux plantes dont les abeilles seront préservés.
Dans le cas contraire, la pollinisation n’aura probablement pas lieu. Pire encore, si l’abeille parvient à amener le pollen dans la ruche avant de mourir, elle laissera des traces de pesticides dans le miel. Ce qui doit avoir des répercussions négatives sur la santé d’une personne qui consomme régulièrement cette denrée.
L’agriculture biologique, une nécessité
Pour protéger les insectes bénéfiques pour les plantes, particulièrement les abeilles, les agriculteurs devraient adopter l’agriculture biologique. Il faut également qu’ils baissent progressivement l’utilisation des pesticides de synthèse et des engrais chimiques en privilégiant les produits de substitution recommandables.
Le Burundi regorge de minerais ou d’autres matières premières importantes, mais, à un moment donné, à force de les exploiter intensivement, les gisements seront épuisés. Ce qui est beaucoup plus important c’est de préserver le sol tout en se défaisant d’une agriculture conventionnelle, car le manque d’abeilles et de bourdons sur le territoire burundais induira sûrement un minable rendement agricole.




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