Léonce Ndikumana, expert en économie demande à l’Etat de s’impliquer activement pour ajuster le régime de change dans l’objectif de stabiliser le taux de change. L’instabilité dudit taux pose un grand problème surtout quant à l’accès des devises.

Léonce Ndikumana, expert en économie ꓽ «L’ajustement du régime de change pour stabiliser le taux de change est une urgence».
L’ajustement du régime de change pour stabiliser le taux de change est une urgence, a précisé Léonce Ndikumana dans une conférence débat organisée le 14 août 2025 par la Banque de la République du Burundi et le ministère en charge des finances sur les réformes économiques. «On ne fixe pas le taux d’équilibre comme on veut. Plutôt, on ajuste tout le marché de change pour tenter de trouver un équilibre », plaide Ndikumana.
Le fait de fixer le taux de change comme on veut constitue un défi majeur pour l’économie. Le taux de change ne se stabilise pas comme on le souhaiterait et cela affecte les conditions de vie des ménages. Il déplore le fait que certains dirigeants dépensent beaucoup d’énergie en niant que le marché de change pose un problème.
Selon lui, le problème est là. C’est pourquoi l’accès aux devises laisse à désirer et que l’inflation continue à augmenter.
Des efforts sont à fournir pour stabiliser le taux de change
Ndikumana demande alors aux autorités de retrousser les manches et de l’affronter pour trouver une solution efficace au lieu de se résigner. Ndikumana a précisé cela au moment où la pénurie des devises est criante au Burundi.
Selon lui, l’ajustement du régime de de change pourrait contribuer au redressement de cette situation.
Gabriel Rufyiri, président de l’OLUCOME alerte aussi sur la pénurie des devises. Selon lui, cela influe sur la pénurie d’autres produits stratégiques comme le carburant, les médicaments, etc.
Quid de certaines pistes de solutions ?
Il demande à l’Etat de combattre la spéculation qui s’observe dans l’octroi des devises. De plus, empêcher les hauts cadres de l’Etat de se lancer dans le commerce pourrait être une autre piste de solution pour la bonne gestion des devises.
Et d’ailleurs, il y a même une loi régissant les incompatibilités qui le précise. Rufyiri demande aussi de redoubler d’efforts dans le rapatriement des devises, surtout celles issues de la filière café.
La réduction des missions à l’étranger est également recommandée dans l’objectif de réduire les devises offertes par la BRB.
De plus, la promotion des secteurs porteurs de croissance comme le secteur minier s’avère une impérieuse nécessité.
Les opérateurs économiques contactés s’inquiètent jusqu’actuellement de la pénurie des devises qui persiste malgré pas mal de réformes initiées par la BRB. Cela fait qu’il y a un grand écart entre le marché parallèle (7500 FBu pour un USD) et le marché officiel (2950 FBu pour un USD).
Notons que plus de 70% des opérateurs économiques s’approvisionnent en devises sur le marché parallèle. Et sur 105 millions de USD dont le pays a besoin par mois, il ne collecte que 17 millions USD selon les informations relayées par le ministère en charge des finances.




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