L’ARMC a mis en place la Bourse du Burundi et les fondations juridiques et réglementaires indispensables au bon fonctionnement du marché des capitaux. Elle compte huit (8) intermédiaires agréés, opérant dans différents segments du marché des capitaux. Un programme national de sensibilisation via des ateliers à l’intention des acteurs du marché, des décideurs et des émetteurs potentiels a été mis en œuvre, etc. Pourtant, des défis rencontrés ont été signalés. Il s’agit d’une forte inflation et du manque de devises.

Dr Arsène Mugenzi, DG de l ARMC ꓽ « J’invite la population et les sociétés tant publiques que privées à s’adresser au marché des capitaux pour initier de grands projets de développement ».
L’Autorité de Régulation du marché des Capitaux (ARMC) a procédé à la présentation des réalisations après deux ans que cette institution opère au Burundi. A cette occasion, Arsène Mugenzi, directeur général de l’ARMC a précisé que pas mal d’activités ont été réalisées. L’un des faits majeurs a été le lancement officiel de la Bourse du Burundi (BSE) le 12 décembre 2025.
Cette société de la bourse a été mise en place par 9 actionnaires des institutions bancaires opérant au Burundi. Il s’agit notamment de la Banque de la République du Burundi, de la BANCOBU, de la BCB, de la BBCI, de la BGF, de la BIDF, de l’IBB, de la BIJE et de la BHB.
Selon lui, cet événement historique a consacré l’opérationnalisation effective du marché des capitaux burundais et a marqué l’entrée du Burundi dans une nouvelle ère de financement structuré de son économie.
La Bourse du Burundi, plateforme officielle de rencontre entre investisseurs et émetteurs
Mugenzi souligne que la Bourse du Burundi constitue désormais une plateforme officielle de rencontre entre investisseurs et émetteurs offrant un cadre sécurisé, transparent et réglementé pour la mobilisation de l’épargne nationale et internationale.
Au cours des deux dernières années, des fondations juridiques et réglementaires indispensables au bon fonctionnement du marché des capitaux ont été mises en place. Il s’agit de l’adoption et de l’approbation de 14 règlements et circulaires, l’élaboration d’outils de supervision, notamment la matrice des sanctions et la structure des frais ainsi que la mise en place des formats harmonisés de reporting financier, de gestion des risques et de conformité règlementaire.
Il précise que ces avancées renforcent la crédibilité du cadre réglementaire du marché burundais des capitaux et l’alignent progressivement sur les standards régionaux et internationaux.
Huit intermédiaires agréés
Pour le moment, l’ARMC compte huit (8) intermédiaires agréés, opérant dans différents segments du marché des capitaux. Il s’agit notamment de la BOURSE DU BURUNDI (BSE) qui est une Bourse des Valeurs Mobilières, de l’ORBIT INVESTMENT BANK qui opère en tant que Banque d’investissement et de la BANCOBU sm qui opère en tant que Registraire des titres.
Et d’ajouter AFRICAN DREAM ASSETS s.a qui est un gestionnaire de fonds de One Investment Fund, la BANCOBU. SM Dépositaire, GLOBAS s.a qui est une banque d’investissement, Strategic Studies and Tax Consulting Group (SSTC Group) qui est un Conseiller en Investissement, BGF qui opère en tant que Dépositaire et Exci-MAA comme commissaire aux comptes.
Selon toujours lui, le marché burundais des capitaux compte aujourd’hui deux types de produits. Il s’agit du fonds d’investissement qui investit dans l’immobilier et les obligations du trésor de différentes maturités.
L’augmentation progressive du nombre d’acteurs agréés témoigne de la confiance croissante dans le cadre réglementaire et dans les perspectives de développement du marché burundais, argue Mugenzi.
La sensibilisation a été faite
Un programme national de sensibilisation via des ateliers à l’intention des acteurs du marché, des décideurs et des émetteurs potentiels a été mis en œuvre par L’ARMC en collaboration avec la Bourse du Burundi et la Banque de la République du Burundi,
La sensibilisation du public a franchi un cap important avec la tournée organisée dans l’ensemble des provinces du pays par l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux du Burundi, en collaboration avec les intermédiaires déjà agréés.
L’ARMC a renforcé sa présence régionale en participant activement aux initiatives d’intégration des marchés financiers.
Elle a notamment organisé au Burundi une importante rencontre régionale de l’East African Securities Regulators Association (EASRA), réunissant les régulateurs des marchés des capitaux d’Afrique de l’Est.
L’ARMC a également effectué des missions d’échanges d’expériences auprès d’autres places financières africaines, notamment à la Bourse de Tunis, au Ghana, au Nairobi, à la Tanzanie, en Ouganda et en Afrique Centrale (BVMAC) afin de s’inspirer des meilleures pratiques
Quid des perspectives
Pour les prochaines années, l’ARMC compte encourager les entreprises publiques et privées à lever des fonds sur le marché des capitaux, à accompagner les collectivités locales (communes) à recourir aux obligations municipales pour la levée des fonds, accroître le nombre d’intermédiaires et d’instruments financiers et à finaliser la mise en place du fonds d’indemnisation des investisseurs.
Elle compte aussi encourager la création des Organismes de Placement Collectif, intensifier l’éducation financière à l’échelle nationale et internationale, renforcer la digitalisation des processus du marché et attirer des investisseurs régionaux et internationaux.
Certains défis signalés
Pourtant, selon Mugenzi, les défis ne manquent pas. Il s’agit du manque de devises et de la forte inflation. Selon toujours lui, il s’observe une nette amélioration en ce qui est de l’inflation, car elle est passée de 34% à 22% au cours du quatrième trimestre 2025.
Mugenzi invite la population et les sociétés tant publiques que privées à s’adresser au marché des capitaux pour initier de grands projets de développement.
Selon lui, les sociétés publiques ou à participation publique devraient développer des projets et contracter des crédits auprès de ce marché pour leur mise en œuvre au lieu de compte sur l’Etat. Cela pourra contribuer à la réduction de la dette publique. C’est de même pour les communes car, elles sont pour le moment autonomes.
Notons que l’ARMC affirme que le marché des capitaux burundais est désormais une réalité institutionnelle en pleine consolidation.




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