A part la pénurie du carburant qui dure plusieurs mois, les automobilistes se plaignent que certaines stations-service truquent ou dérèglent les pompes. Ils sont convaincus que les pompistes donnent une quantité de carburant qui n’est pas proportionnelle au prix payé par les conducteurs
« Dans la plupart des cas, quand nous allons nous approvisionner dans une station-service, certains pompistes demandent d’abord un pot de vin compris entre 5 000 FBu et 10 000 FBu pour remplir le réservoir du véhicule à 100 %. En plus de cela, il est fort probable que leurs pompes sont truquées », fait savoir sous couvert d’anonymat un conducteur rencontré au parking des bus du centre-ville de Bujumbura mardi le 7 juin 2022. Il est convaincu que les stations-service trichent en ne donnant pas une quantité suffisante de carburant aux automobilistes en tenant compte des frais payés. Concrètement, quand on veut acheter 30 litres d’essence, les chiffres s’affichent correctement sur le tableau de la pompe. Mais la quantité de carburant qu’on reçoit est d’environ 28 litres ou 29 litres d’essence.
Pour mieux comprendre cette tricherie, ce conducteur illustre avec un autre exemple concret. « Dans les conditions normales, pour faire 10 tours entre le centre-ville de Bujumbura et Gasenyi, je dépense 81 250 FBu, l’équivalant de 25 litres d’essence. Actuellement, pour faire le même parcours, je dois payer environ 90 000 FBu à la pompe alors que cela est proportionnel au coût de 28 litres d’essence », conclut-il.
Un autre conducteur qui s’est confié à Burundi Eco affirme que pas mal d’automobilistes font réviser les moteurs de leurs véhicules pour voir s’ils présentent une anomalie quelconque. Il lâche : « C’est incroyable ! Le réservoir de mon minibus ‘’Hiace’’ se remplit normalement quand je paie 200 000 FBu. Mais, ces derniers jours, je dois payer 240 000 FBu pour faire le plein. Au départ, je pensais que mon véhicule avait un problème. Les mécaniciens l’ont examiné et ont constaté que tout va bien ». Face à ce défi, les conducteurs pensent que ce sont leurs véhicules qui consomment trop de carburant. Mais le constat est que le problème réside au niveau des stations-service (trucage des pompes).

Les stations-service sont soupçonnées de truquer les pompes pour tricher.
Le ministère en charge de l’énergie suit de près les stations-service
« Comme dans tous les domaines à caractère commercial, au niveau des stations-service, les cas de tricherie ne manquent pas. Pour remédier à cela, les agents du ministère en charge de l’énergie font régulièrement des inspections dans les stations-service partout au Burundi. Par ailleurs, ils effectuent des inspections surprises. Ses agents s’assurent si les pompes ne sont pas déréglées. Lorsqu’un tricheur est attrapé, il doit être sanctionné », indique Léonidas Sindayigaya, porte-parole du ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines.
Malheureusement, les défis ne manquent pas. Le ministère en charge de l’énergie dispose d’un nombre limité d’agents pour couvrir suffisamment les stations-service implantées sur tout le territoire national. Encore plus, selon M. Sindayigaya, les textes qui réglementent le secteur pétrolier ne sont pas actualisés. Pour sanctionner les contrevenants, on fait recours aux sanctions prévues par le code pénal burundais en ce qui concerne le vol et les autres infractions apparentées comme la tricherie, le détournement, l’escroquerie, etc.
Que les gestionnaires des stations-service soient vigilants
M. Sindayigaya demande aux gestionnaires des stations-service de vérifier toujours eux eux-mêmes leurs pompes. Pourquoi ? Parce que le dérèglement des pompes peut être parfois indépendant de leur volonté. En plus de cela, Ils doivent être vigilants à l’égard de leurs pompistes.
Pour finir, il fait un clin d’œil aux automobilistes. « Nous demandons aux conducteurs des véhicules d’informer le ministère de tutelle chaque fois qu’ils constatent une anomalie dans la fourniture des produits pétroliers au niveau des stations-service », renchérit M. Sindayigaya,
Dans le passé, Les stations-services qui trichent au niveau des pompes ont été punies. Par exemple, récemment, en février 2022, trois stations-service implantées dans la province de Muramvya ont écopé d’une amende de cinq millions de FBu en tout pour avoir triché en retirant jusqu’à 100 ml de carburant par litre servi. Même à Kirundo, une station-service a été sanctionnée d’une amende d’un million de FBu pour cause de spéculation au mois de janvier 2022. Elle était accusée de réduire frauduleusement la quantité de carburant servie à la pompe.




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