Les conditions d’extraction des mines alimentent les débats ces derniers jours. Les multinationales profitent une main d’œuvre bon marché qui n’exige pas nécessairement les meilleures conditions de travail. Les incidents dans les sites miniers sont signalés ici et là. Et le Burundi n’est pas du tout épargné
Vendredi le 17 mai 2019, au moins 9 mineurs ont trouvé la mort et une vingtaine de blessés suite à l’effondrement d’une mine de coltan, au Nord du pays. « Ce sont des personnes qui creusaient à la recherche des minerais dans la localité de Kivuvu. Il y a eu glissement de terrain. Une partie de la montagne a recouvert les gens qui étaient en bas de la rivière », témoigne Victor Ntakirutimana, l’administrateur de la commune Kabarore contacté par RFI.

L’utilisation des produits toxiques aggrave la situation
Le cas de Kabarore n’est pas isolé. Selon les témoignages recueillis par nos confrères du groupe de presse Iwacu à Butihinda, au moins une centaine de mineurs sont morts depuis 2015. Les orpailleurs font usage de la dynamite dans les mines d’or sans dispositifs de protection. «Ils n’étaient pas informés sur leur dangerosité. Beaucoup se sont retrouvés avec des poumons très endommagés et ont succombé», lit-on dans les colonnes d’Iwacu. Ils sont victimes de la pneumoconiose qui résulte de l’usage de la dynamite dans l’extraction minière, constate Iwacu.
Jean Bosco Ndereyimana président d’une association de défense des droits des travailleurs déplore surtout les mauvaises conditions de travail dans les sites miniers. En plus, les mineurs n’ont pas d’assurance-vie. Il appelle le gouvernement à améliorer les conditions de travail des mineurs.
Les organisations internationales de défense des droits de l’homme prônent le principe de traçabilité des minerais pour encourager les meilleures conditions d’extraction dans les sites miniers. Mais l’extraction minière se poursuit au risques et péril des populations. Par ailleurs, cette requête est loin d’être exhaucée dans la plupart des pays en voie de développement encore moins au Burundi qui a refusé d’intégrer l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)- la norme mondiale pour la promotion d’une gouvernance ouverte et redevable des ressources pétrolières, gazières et minérales. De surcroît, la grande partie des sites miniers est artisanale. Le danger reste imminent.




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