L’IFDC Burundi et ses partenaires ont inauguré plusieurs infrastructures agricoles construites dans le cadre du projet PSSD2 pour stimuler la production et le stockage des semences. C’était les 21 et 22 juillet 2026, dans les provinces de Buhumuza et de Butanyerera. L’administration et les bénéficiaires saluent ces réalisations. Ils estiment qu’elles permettront de produire durant toutes les saisons culturales tout en réduisant les importations de semences hybrides. Ce qui contribuera à l’économie des devises et au renforcement de la sécurité alimentaire.

L’IFDC Burundi et ses partenaires ont inauguré plusieurs infrastructures agricoles construites dans le cadre du projet PSSD2 pour stimuler la production et le stockage des semences. C’était les 21 et 22 juillet 2026 dans les provinces de Buhumuza et de Butanyerera.
Les partenaires du Centre International pour le Développement de la Fertilité des Sols et de l’Agriculture (IFDC) Burundi ayant pris part à l’inauguration de ces infrastructures agricoles sont le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage (MINEAGRIE), le ministère de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique (MIDCSP) ainsi que le ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Régionale et de la Coopération au Développement (MAEIRCD).
Ces infrastructures comprennent des systèmes d’irrigation collinaire dotés d’une capacité de stockage de plus de 100 mètres cubes d’eau, permettant d’irriguer une superficie comprise entre 6 et 7 hectares destinée à la production des semences dans la province de Buhumuza.
Elles sont composées également par des hangars de stockage capables de conserver plus de 100 tonnes de semences de haricot et de maïs, installés dans les provinces de Butanyerera et de Buhumuza.
Destinées aux producteurs semenciers et aux communautés bénéficiaires, ces infrastructures ont été réalisées avec l’appui de l’IFDC à travers le projet « Private Seed Sector Development 2 » (PSSD2), financé par l’Ambassade des Pays-Bas au Burundi.
« L’ambassade des Pays-Bas au Burundi travaille en étroite collaboration avec le gouvernement burundais dans de nombreux projets, notamment dans le secteur agricole. L’objectif est de contribuer au développement du pays à travers des actions mutuellement bénéfiques », a expliqué Eddy Niyonzima qui a représenté l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas lors de ces descentes sur terrain.
Le Royaume des Pays-Bas intervenant également dans d’autres domaines, notamment le sport, M.Niyonzima a profité de cette occasion pour offrir un ballon de football et un frisbee à la population de la colline Muramba en commune Butihinda, dans la province de Buhumuza.
Des initiatives pour accroître l’accès aux semences de qualité
Gilbert Buhanza, coordonnateur du projet PSSD2 à l’IFDC, indique qu’il est indispensable que les petits producteurs aient accès, au moment opportun, à des semences de qualité et au début de chaque saison culturale. C’est dans cette optique que grâce au projet PSSD 2, l’IFDC a déjà construit 80 hangars de stockage de semences à travers le pays, mis en place 312 points de vente des semences et installé 15 systèmes d’irrigation collinaire.
« L’organisation ambitionne de porter ce nombre à 20 systèmes dans un avenir proche afin de permettre la production agricole durant toutes les saisons culturales et de soutenir les objectifs de développement du gouvernement », explique-t-il.
M.Buhanza fait remarquer que chaque hangar représente un coût d’environ 110 millions de FBu financé à parts égales par le bénéficiaire (50 %) et l’IFDC (50 %). Quant aux systèmes d’irrigation, leur coût est estimé à au moins 250 millions de FBu chacun, avec une contribution de 70 % du bénéficiaire et de 30 % de l’IFDC.
Selon lui, cette importante participation des bénéficiaires constitue une garantie de pérennisation, d’appropriation et de durabilité des investissements réalisés.

L’ambassade des Pays-Bas au Burundi travaille en étroite collaboration avec le gouvernement burundais dans de nombreux projets, notamment dans le secteur agricole. L’objectif est de contribuer au développement du pays à travers des actions mutuellement bénéfiques.
Des réalisations qui s’inscrivent dans la vision du Gouvernement
Léonard Butoyi, assistant du ministre en charge de l’agriculture salue les initiatives de l’IFDC. Pour lui, ces systèmes d’irrigation permettront aux agriculteurs de produire même pendant la saison sèche, aidant ainsi à lutter contre les périodes de pénurie alimentaire. Ils favoriseront également l’atteinte de la vision du Gouvernement du Burundi : « Faire du Burundi un pays émergent à l’horizon 2040 et un pays développé en 2060 ».
« Nous venons de constater que, grâce aux actions de l’IFDC, le nombre de multiplicateurs de semences a considérablement augmenté, notamment dans la commune de Muyinga. Nous souhaitons que ces derniers communiquent sur la qualité et la quantité des semences disponibles. Cela permettra aux décideurs de prendre des mesures favorisant l’achat des semences locales. Les devises utilisées pour importer des semences d’autres pays, notamment la Zambie et l’Ouganda pourront ainsi être économisées », déclare M. Butoyi.
Il reconnait aussi que la multiplication des semences offrira la possibilité d’accroître la production agricole. Cette dynamique favorisera la création des industries de transformation et, par conséquent, la création d’emplois. Les produits finis pourront être exportés et générer des devises pour le pays, comme le précise l’assistant du ministre en charge de l’agriculture.
Léonard Niyonsaba, responsable d’action organisation et administration du territoire et gestion de l’état civil, abonde dans le même sens. « Les pratiques initiées par l’IFDC qui consistent à cultiver même pendant la saison sèche se révèlent une bonne initiative dans la lutte contre la malnutrition », se réjouit-il.
Séraphine Ciza, responsable d’action coopération multilatérale au sein du MAEIRCD affirme que l’augmentation de la production agricole et l’amélioration de la sécurité alimentaire passent par l’utilisation des semences sélectionnées comme celles produites avec l’appui de l’IFDC.
Eugénie Niyonzima, directrice du laboratoire d’analyse des semences à l’Office National de Contrôle et de Certification des Semences (ONCCS), déplore l’insuffisance des semences sélectionnées et promet d’apporter un appui technique aux multiplicateurs semenciers.
« C’est déplorable qu’un agriculteur récolte sa production et manque d’espace pour la conserver ou que celle-ci finisse par pourrir. Il faut donc saluer les efforts de l’IFDC qui ne ménage aucun effort pour assurer la pérennité de la production des semences », déclare Etienne Ntunzwenimana, chef du département de l’agriculture dans la commune de Muyinga, province de Buhumuza.
Jean Claude Ndagijimana, conseiller politique de l’administrateur de la commune de Kirundo dans la province de Butanyerera affirme que la construction d’un hangar sur la colline Kabuye-Gitenga dans la zone de Vumbi, revêt une importance capitale pour la conservation de la production agricole. Il souligne que cette infrastructure arrive à point nommé alors que la région de Kirundo est régulièrement menacée par la sécheresse.
Daniel Nyandwi, chef de zone de Murama dans la commune de Muyinga confirme que la multiplication des semences aidera à mettre fin à l’habitude consistant à utiliser les semences destinées à la consommation pour les semis.
Les initiatives porteuses d’espoir appréciées par les bénéficiaires
Larissa Igiraneza, entrepreneure semencière de la colline Muramba, en commune Butihinda de la province de Buhumuza, avise qu’avec l’appui de l’IFDC, elle a installé un système d’irrigation photovoltaïque collinaire d’une capacité de 100 mètres cubes sur son exploitation. Cette infrastructure lui a permis de cultiver 2 hectares de pommes de terre durant la saison sèche.
« Cela me facilite d’offrir des emplois saisonniers à entre 80 et 100 personnes par jour », souligne cette trentenaire, mère de six enfants.
Léoncie Ciza, une autre entrepreneure semencière de la colline Gasasa, en commune Muyinga de la province de Buhumuza, témoigne elle aussi des retombées de l’appui de l’IFDC. Grâce à l’installation d’un système d’irrigation photovoltaïque collinaire d’une capacité de 120 mètres cubes, elle pourra irriguer 7 hectares de terres et cultiver pour le moment sur 2 hectares des pommes de terre et des oignons durant cette saison sèche.
Cette sexagénaire, mère de quatre enfants et biologiste ayant vécu en Belgique pendant vingt ans, estime que le fait de se contenter de récolter pendant la saison des pluies, puis de consommer les récoltes sans cultiver durant toute la saison sèche, favorise l’insécurité alimentaire. « C’est ainsi que la famine s’installe progressivement », explique-t-elle.
Pierre Claver Ndayishimiye, quant à lui, est un entrepreneur semencier de la colline Kabuye-Gitenga, en commune Kirundo, dans la province de Butanyerera. Ce quadragénaire, père de sept enfants, signale avoir bénéficié de l’appui de l’IFDC à travers le projet PSSD 2. Ce qui lui a permis de construire un hangar de stockage d’une capacité de stockage de 120 tonnes de semences de haricot et de maïs.
Il remercie l’IFDC pour cet appui, grâce auquel il va conserver 40 tonnes de semences récoltées sans les exposer aux risques de pourriture. Ce projet lui permet également de créer des emplois saisonniers pour entre 100 et 110 personnes par jour.
Joselyne Nishimwe, entrepreneure semencière de la colline Mwurire, en commune Muyinga de la province de Buhumuza, a construit un hangar de stockage d’une capacité de 95 tonnes grâce à l’appui de l’IFDC à travers le projet PSSD 2.

Joselyne Nishimwe, entrepreneure semencière de la colline Mwurire, en commune Muyinga de la province de Buhumuza : « L’accompagnement de l’IFDC ne profite pas uniquement à mon exploitation, mais également à toute la population environnante en quête de semences sélectionnées de qualité ».
Cette trentenaire, mère de huit enfants, se réjouit de cet accompagnement, avouant que ses retombées ne profitent pas uniquement à son exploitation, mais également à toute la population environnante en quête de semences sélectionnées de qualité.
La commune de Muyinga est celle qui compte le plus grand nombre de femmes entrepreneures semencières au Burundi, d’après les observations de l’IFDC.
Les entrepreneurs semenciers ayant adopté des systèmes d’irrigation alimentés par des panneaux solaires expriment toutefois le besoin de batteries de stockage afin de pouvoir pomper l’eau tout au long de la journée, y compris lorsque l’ensoleillement est insuffisant.
Dans l’ensemble, ils plaident également pour la disponibilité des intrants agricoles en temps opportun et pour un marché local plus structuré afin de faciliter l’écoulement de leurs semences.
De son côté, l’IFDC se dit disposée à appuyer le financement des batteries de stockage, tandis que le ministère ayant l’agriculture dans ses attributions pourra procéder à l’achat des semences produites.




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