Le cancer du sein est à l’ origine de beaucoup de décès maternels dans le monde. Elle est aussi une réalité au Burundi même si son ampleur n’est pas connue. Dr Nestor Sabushimike, gynécologue à l’hôpital Kira appelle les femmes à se faire dépister à temps pour pouvoir le détecter et le traiter facilement. Il met au podium ses facteurs de risque, ses symptômes et ses complications

Dr Nestor Sabushimike, gynécologue à l’hôpital Kira : « Je demande aux femmes de se faire dépister à temps pour pouvoir se protéger contre le cancer du sein ».
Le cancer du sein chez la femme est très dangereux, indique Dr Sabushimike, gynécologue à l’hôpital Kira. Beaucoup de femmes perdent leur vie suite à cette maladie. Selon lui, Il est la première cause de mortalité par rapport aux autres cancers chez la femme. En 2008, 1 milliard 38 millions de cas de cancer du sein ont été enregistrés dans le monde. Cette même année, les études ont montré que 270 000 morts par an étaient signalés dans les pays à faibles revenus. En 2011, 508 000 morts par an étaient enregistrés dans le monde. Sabushimike fait remarquer que 26 000 nouveaux cas de cancer du sein par an sont enregistrés dans les pays développés.
Au Burundi, Il note qu’il n’y a pas de statistiques fiables pour savoir son taux de prévalence. Pourtant, Il précise que cette maladie est une réalité dans notre pays. Sur 100 femmes qui se font dépister à l’hôpital Kira, entre 10 et 15 ont les signes du cancer du sein. «Aujourd’hui, nous sommes en train de sensibiliser les femmes pour les aider à combattre cette maladie. Selon lui, celles qui sont plus menacées sont les femmes ayant plus de 40 ans et le sein le plus ciblé est celui de gauche. Il indique que plus on vieillit, plus on y est exposé».
Le dépistage, une impérieuse nécessité
Sabushimike demande aux femmes de se faire dépister à temps pour pouvoir se protéger contre cette maladie. La raison principale est que cette maladie une fois détectée à temps (avant qu’elle ne soit palpable) peut guérir. Plus il est détecté très tôt, plus le traitement est simple et efficace. Selon lui, deux moyens de dépistage sont possibles. Ce sont l’auto examen du sein et la mammographie. L’objectif de l’auto examen est de palper la totalité de la zone mammaire à la fois en position debout et en position couchée et détecter tout changement survenu. Quant à la mammographie, elle permet de repérer le cancer du sein à un stade précoce, en l’absence de tout symptôme.
Selon toujours Sabushimike, les femmes devraient se faire dépister régulièrement pour la détection de cette maladie puisque même les spécialistes n’ont pas pus la maîtriser. Il y a déjà trente ans qu’ils sont à l’œuvre pour la maîtriser, mais en vain. Il fait savoir qu’il faut en moyenne 10 ans pour pouvoir palper le cancer du sein. Lorsqu’on le palpe, cela signifie qu’il a atteint 1 cm de diamètre. Dans ce cas, la situation est mauvaise, car la tumeur qui mesure 1 cm de diamètre a un milliard de cellules cancéreuses et déverse trois millions de ces cellules dans le sang chaque 24 heures. Il ajoute que ces cellules cancéreuses se disséminent dans les autres parties du corps. Dans ce cas, qu’on opère la tumeur ou pas, la malade ne guérit pas, note-t-il.
Quels sont les facteurs de risque du cancer du sein ?
Pour les femmes qui atteignent plus de trente ans sans mettre au monde ou qui ont mis au monde peu d’enfants, Sabushimike certifie que le risque d’attraper le cancer du sein est multiplié par trois. Pour celles qui n’allaitent pas leurs enfants, le risque est multiplié par deux. Pour les femmes qui atteignent la ménopause à plus de cinquante ans, le risque est multiplié par 1,5. Quant aux facteurs familiaux, lorsqu’on a un parent ou un frère qui a souffert du cancer du sein, le risque est multiplié par 5. Pour la femme qui en a déjà souffert, le risque d’attraper le cancer du sein est multiplié par 6.
Symptômes et Complications
Lorsqu’une tumeur apparait dans les canaux galactophores, Sabushimike précise que la taille ou la forme du sein peut changer. En outre, le mamelon peut entrer à l’intérieur du sein. La peau peut se rétracter, entraînant ainsi la formation d’une fossette. L’apparition d’une bosse ou d’une enflure dans l’aisselle ou encore d’une rougeur ou d’un gonflement du sein sont d’autres symptômes. Un sein sur lequel apparait une éruption cutanée rougeâtre doit être évalué pour éliminer la présence d’un cancer du sein, même en l’absence d’une bosse.
Ces transformations peuvent constituer des signes précoces du cancer du sein. La complication la plus grave du cancer du sein est la formation de métastases. Ces dernières apparaissent lorsque certaines des cellules d’une tumeur se détachent et se déplacent vers d’autres parties du corps en passant par les vaisseaux sanguins ou les vaisseaux lymphatiques pour envahir les tissus à des endroits parfois éloignés. Lorsque les métastases sont formées à partir des cellules du cancer du sein, elles se situent le plus souvent dans les ganglions lymphatiques, les poumons, le foie, les os, le cerveau et la peau. Plusieurs années peuvent s’écouler même après le diagnostic et le traitement du cancer du sein avant l’apparition du cancer disséminé à partir de la tumeur initiale.




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