Dans la ville de Cankuzo (désormais chef-lieu de la province Buhumuza), à deux pas du marché, se trouve une petite entreprise qui a su s’imposer dans le quotidien des habitants. Il s’agit du Secrétariat public Chez Justin, une structure fondée par Justin Ndaruvukiye, jeune entrepreneur burundais, aujourd’hui soutenu par le Programme d’Autonomisation Economique et d’Emploi des Jeunes (PAEEJ).

Le Secrétariat public Chez Justin se veut une référence incontournable à Cankuzo.
Lors d’une visite dans cette entreprise ce mercredi 3 juillet 2025, l’un des employés, Audri Rukundo, nous reçoit avec simplicité. Il travaille ici depuis plusieurs années et connait bien l’évolution du Secrétariat public Chez Justin. « Cela fait longtemps que je suis ici. J’ai vu comment tout a commencé et comment les choses ont changé », confie-t-il.
Le Secrétariat public Chez Justin a vu le jour modestement, dans une boutique du marché de Cankuzo. A l’époque, M. Rukundo, encore élève dans une école secondaire, profitait des vacances pour venir s’initier au travail de bureau dans cette petite structure. Il y apprenait à manipuler l’ordinateur et les accessoires qui l’accompagnent. Le matériel se limitait à deux ordinateurs (un fixe et un portable) ainsi qu’à une modeste imprimante. Ces équipements avaient été acquis grâce à un crédit que Justin Ndaruvukiye avait contracté auprès de la Coopec de Cankuzo.
Avec si peu de moyens, il était difficile d’offrir un service complet, mais M. Ndaruvukiye faisait ce qu’il pouvait. Les services proposés étaient limités, bien loin de ce qu’il ambitionnait pour son secrétariat.
L’arrivée du PAEEJ a marqué un tournant décisif
Lorsque Justin a appris que le PAEEJ soutenait les jeunes entrepreneurs, il a présenté son projet. Son initiative a été retenue et financée, il y a de cela deux ans. Ce soutien lui a permis d’acheter plusieurs ordinateurs, des imprimantes plus performantes et d’élargir son équipe, qui est passée de deux à quatre employés travaillant à temps plein.
Grâce à ces améliorations, les services offerts par le secrétariat public ont considérablement évolué. Il ne s’agit plus seulement de photocopies et de saisie de textes. Aujourd’hui, le secrétariat propose aussi l’impression de documents, la conception graphique, l’impression sur tissus et bâches voire la fabrication ou la manipulation des fleurs destinées aux cérémonies funéraires.
M.Ndaruvukiye a également pu acquérir une imprimante Epson capable de faire des photocopies en couleur. Ce service, introuvable ailleurs à Cankuzo, attire de nombreux clients. Une autre imprimante, capable de produire au format A3, a aussi été installée : une première à Cankuzo. En parallèle, un groupe électrogène a été acheté pour compenser les fréquentes coupures du courant électrique fourni par la REGIDESO.
« Ces équipements nous permettent de travailler même quand il y a une panne de courant. C’est un grand pas en avant pour nous », souligne M. Rukundo. Il ajoute que les clients sont désormais mieux servis qu’avant et que cela contribue à renforcer leur confiance.
Des défis à relever
Cependant, tout n’est pas encore parfait. Le secrétariat continue de faire face à des difficultés, liées notamment à l’approvisionnement en électricité. « Parfois, l’électricité fournie par la Regideso ne suffit pas à faire fonctionner certaines machines. Nous devons alors utiliser le groupe électrogène. Mais ce n’est pas toujours facile à cause de la pénurie de carburant qui touche le pays depuis plusieurs années », explique M. Rukundo.
Un autre défi de taille est relatif la réparation des machines. Quand une imprimante ou un autre appareil tombe en panne, l’entreprise est contrainte de le déplacer jusqu’à Bujumbura ou de faire venir un technicien sur place. Cela engendre des frais importants : transport, séjour du technicien, coût de la main-d’œuvre. Pour une petite structure comme celle-ci, cela représente un poids non négligeable.
Malgré tout, Justin ne perd pas de vue ses objectifs. Après avoir reçu le financement du PAEEJ (un appui de 18 millions de BIF), selon ses propres mots au bout du fil, il a nourri un nouveau projet : implanter une imprimerie à Cankuzo. Un projet ambitieux, encore jamais réalisé dans cette région. Il espère que le PAEEJ pourra continuer à le soutenir ou que d’autres partenaires sensibles à l’esprit d’initiative pourront se manifester. « Ce que j’ai reçu du PAEEJ m’a permis de faire un grand pas dans mon travail. Maintenant, je souhaite aller plus loin, mais je n’ai pas les moyens financiers nécessaires pour ouvrir une imprimerie », déclare Justin Ndaruvukiye.
Le Secrétariat public Chez Justin est aujourd’hui un exemple parlant d’entrepreneuriat local, né d’un rêve simple et soutenu par le PAEEJ. Pour Cankuzo, c’est une fierté. Et pour Ndaruvukiye Justin, ce n’est qu’un début.




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