Les habitants de la capitale économique s’inquiètent de l’inflation toujours galopante qui s’y observe actuellement. Selon la BRB, le taux d’inflation globale s’est établi à 39,5% au cours du premier trimestre 2025 contre 30,8% au trimestre précèdent. Ils demandent à l’Etat de prendre des mesures urgentes pour redresser cette situation

Les habitants de la capitale économique s’inquiètent de l’inflation toujours galopante qui s’y observe actuellement.
Dans une descente effectuée par Burundi Eco dans la capitale économique mercredi le 27 août 2025, les habitants alertent du fait que les prix des produits ne cessent d’augmenter.
Selon Jean Marie Nzirubusa, enseignant dans une école située dans la commune Ntahangwa, les prix à la consommation commencent à devenir insupportables si on les compare aux salaires.
Imaginez, pour les produits de la Brarudi, le prix d’une bouteille de Primus 72 cl est passé de 2500 FBu à 3300 FBu et celui d’une bouteille d’Amstel 65 cl est passé de 3500 FBu à 6000 FBu, explique-t-il.
La situation est aussi époustouflante pour les prix des produits alimentaires. Un kilogramme de riz oscille autour de 6000 FBu, 3000 FBu le kg pour les haricots et 2000 FBu le kg pour les grains de maïs.
Bref, le coût global pour nourrir par jour une famille de classe moyenne est estimé à plus de 30 000 FBu, soit plus de 900 000 FBu par mois.
Les loyers, un casse-tête
A cela s’ajoute les loyers, déplore Jacqueline Butoyi habitant la commune Mukaza. Pour louer une maison de deux chambres, un salon, une douche et une toilette, le coût est estimé à plus de 400 000 FBu dans certains quartiers de cette commune. Il atteint même 600 000 FBu dans d’autres.
Selon Butoyi, les cas sociaux, les frais scolaires, le coût des soins de santé, les frais de déplacement, etc aggravent la situation.
Si on analyse bien la situation liée à l’augmentation des prix des produits et des services, Butoyi affirme que le coût de la vie pour un ménage de classe moyenne est estimé à plus de 2 millions de FBu par mois au moment où le salaire mensuel d’un fonctionnaire de niveau universitaire varie entre 400 000 FBu et 450 000 FBu par mois.
Des mesures urgentes pour redresser cette situation, plus qu’une nécessité
Ces habitants demandent alors à l’Etat de prendre des mesures urgentes pour redresser cette situation. Sinon, il y a risque d’une crise liée à la cherté de la vie, car à l’impossible nul n’est tenu. Ils disent qu’il s’observe déjà une multitude de cas de conflits liés au non-paiement des loyers.
Si rien ne change, atteindre la vision de l’Etat d’avoir un Burundi émergent en 2040 et un Burundi développé en 2060 ne sera pas facile, soulignent-ils.
Les données publiées par la Banque de la République du Burundi confirment cette situation. Selon cette institution, les prix à la consommation ont fortement augmenté en moyenne au cours du premier trimestre 2025.
Le taux d’inflation globale s’est établi à 39,5 contre 30,8% au trimestre précèdent. La BRB renchérit que cette augmentation est, à la fois, imputable à l’inflation alimentaire (39,4 contre 29,4%) et non alimentaire (39,8 contre 32,5%).
Quid des produits alimentaires dont le taux d’inflation est très élevé ?
Selon la BRB, l’augmentation de l’inflation alimentaire est essentiellement tirée par la hausse des prix des produits des sous rubriques tels que les pains et les céréales (33,7 contre 18,1%), la viande (101,7 contre 79,0%) et les poissons et les fruits de mer (103,6 contre 82,3%). Et d’ajouter le lait, les fromages et les œufs (66,6 contre 47,2%), les huiles et les graisses (45,8 contre 11,2%), les fruits (75,3 contre 71,1%), les légumes (20,8 contre 14,0%) et le sucre, les confitures, le miel, les chocolats et la confiserie (87,8 contre 81,3%).
Et d’ajouter que l’augmentation de l’inflation non alimentaire est principalement expliquée par les prix des produits tels que les boissons alcoolisées et le tabac (46,3 contre 36,7%), les articles d’habillement et les articles chaussants (58,1 contre 41,1%), les meubles, les articles de ménage et l’entretien courant du foyer (36,3 contre 26,2%), la communication (13,5 contre 8,5%), les restaurants et les hôtels (42,0 contre 36,6%) et les biens et les services divers (45,3 contre 32,1 %).
Selon la BRB, le pire est à craindre, car l’inflation globale attendue au deuxième trimestre 2025 est estimée à 44,5% et est en hausse par rapport à celle du trimestre précédent qui est de 39,6%. Cette progression reste fortement influencée par les prix des produits alimentaires (45,7%) et énergétiques (44,5%), argue-t-elle.
Notons que dans une conférence organisée conjointement avec le ministère en charge des finances et la BRB, Léonce Ndikumana, expert en économie et professeur à l’Université de Massachussetts aux Etats Unis s’inquiète aussi du niveau d’inflation atteint par le Burundi. Il demande à l’Etat de prendre des mesures allant dans le sens d’inverser la tendance.




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