Dans l’optique de lever la barrière observée dans les soins médicaux prodigués à la population Burundaise en général et aux catégories les plus vulnérables en particulier, le gouvernement du Burundi a adopté une politique visant la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans en 2006. Comme réponse à cette politique, les structures publiques n’ont pas tardé à être débordées. Ce qui réduit la qualité des services qu’elles rendent aux bénéficiaires
Seulement 34% des accouchements se sont déroulés avec l’assistance d’un prestataire de santé en 2005. Ceci augmente d’une façon remarquable la mortalité lors de l’accouchement. Les enfants de moins de cinq ans sont souvent exposés aux diverses maladies.ne pouvant pas avoir accès aux soins médicaux à cause des moyens financiers insuffisants, il s’est observé une croissance du taux de mortalité infantile. Avec la politique de gratuité des soins, le taux des accouchements assistés s’est élevé jusqu’à 67% en 2012 et le taux de mortalité infantile a chuté. La mise en exécution de la politique de gratuité des soins est vite devenu une solution pour la plupart des familles burundaises, surtout les plus démunies. Une croissance exponentielle des taux de fréquentation des structures médicales publiques, surtout par des personnes se trouvant dans les deux catégories ciblées s’est fait remarquer.
« Il est difficile d’expliquer la plus-value de la gratuité des soins médicaux à une personne qui n’a pas connu la période où on payait encore de l’argent pour chaque service médical ou pour un des soins médicaux offerts aux enfants de moins de cinq ans. Aujourd’hui n’y a pas de prétexte, toutes les catégories de la population burundaise ont accès aux soins médicaux », nous raconte une sage-femme du nom de Béatrice Inarukundo.

Certains patients se plaignent que parfois le personnel soignant favorise ceux qui paient cash ou qui présentent des bons de soins au détriment de ceux qui disposent des papiers leur donnant feu vert à la gratuité des soins.
Conséquences du débordement des structures sanitaires
Les catégories visées par cette politique constituent une bonne partie de la population burundaise. Comme réponse, elle a fait que les hôpitaux publics soient débordés. Ce qui a réduit d’une façon remarquable la qualité des soins offerts aux patients. Certains d’entre eux ont commencé alors à se lamenter suite à l’inefficacité des services découlant de ce débordement.
« Certes, cette politique est louable. Mais s’il y a moyen de rendre disponible les médicaments, que le gouvernement nous aide. Dans les cas normaux le service est payé à 100% sans problème, mais lorsqu’il s’agit d’une complication, on est obligé de chercher des médicaments en dehors de cette structure sanitaire », se lamente Gérard qui amenait son fils de 3 ans pour un contrôle chirurgical.
Des exceptions dans cette politique
Cette gratuité ne concerne pas tous les services. Dans certains cas, le bénéficiaire est obligé de s’acheter le matériel dont cette structure ne dispose pas. Et malheureusement, dans la plupart des cas, c’est presque la totalité des médicaments. « C’est comme si c’est un service qu’il nous rendent alors que c’est notre droit. Souvent, je me demande pourquoi ne pas aller dans un hôpital privé bénéficier d’un bon service car, âpres tout avec la cherté des médicaments, on finit par payer presque la même somme que ceux qui se fait soigner dans certains hôpitaux privés », se lamente Gérard
« Le problème se manifeste surtout quand il s’agit des soins spéciaux. Lors d’un accouchement par césarienne par exemple. Parfois, il y a parfois un ou deux médicaments qui ne sont pas disponibles. Dans ce cas, le patient est obligé de les acheter ailleurs », nous explique une infirmière. « Mais aussi il faut que les bénéficiaires distinguent les services médicaux qui sont couverts par la gratuités et ceux qui ne le sont pas. Par exemple, ce ne sont pas tous les examens qui sont couverts par la gratuité, mais cela demande une éternité pour l’expliquer au bénéficiaire », ajoute-t-elle.
Certains patients se plaignent que parfois le personnel soignant favorise ceux qui paient cash ou qui présentent des bons de soins au détriment de ceux qui disposent des papiers leur donnant feu vert à la gratuité des soins.
« Nous sommes souvent victime de l’incompréhension de nos patients. Quand ils arrivent ici, certains se comportent comme s’il n’y a pas d’autres patients et se lamentent que nous ne prenons pas soins d’eux. Mais cela ne nous décourage pas. L’essentiel est qu’on ait bien fait notre travail », nous explique cette infirmière.
La mise en application de la mesure présidentielle de subventionner les soins de santé offerts aux enfants de moins de cinq ans, aux femmes enceintes et à celles qui accouchent dans les structures sanitaires publiques et assimilées a été réglementée d’abord par l’ordonnance Ministérielle numéro 630/848 du 06/09/2006 puis révisée par l’Ordonnance Ministérielle conjointe Numéro 630/677 du 20/04/2010 actuellement en vigueur et est régie par le Décret numéro 100/136 du 16 juin 2006.




Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.