Editorial

CFCIB : Pas de relève ?

L’Honorable Olivier Suguru vient d’être reconduit pour un deuxième et dernier mandat de trois ans à la tête de la Chambre Fédérale de Commerce et d’Industrie du Burundi (CFCIB), organe central de la fédération économique du pays. Il a remporté le renouvellement des instances dirigeantes de la CFCIB avec un score de 52 voix contre 28 pour son rival.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef adjoint.

Fort de son premier mandat qu’il juge satisfaisant, l’Honorable Suguru qui maîtrise par ailleurs la législation commerciale et les rouages de l’institution affirme vouloir accorder la priorité, durant ce second mandat, aux industries de transformation agroalimentaire, minière et touristique.

Reconduire un président sortant peut-être perçu comme un gage de stabilité, d’expérience et de connaissance approfondie des dossiers. Toutefois, cette décision soulève des questions légitimes : pourquoi aucune relève ? Pourquoi encore lui ? Où est le renouveau tant attendu?

L’espoir ne réside pas uniquement dans le visage de celui qui dirige, mais dans la portée et la mise en œuvre concrète de ses promesses, surtout lorsqu’elles visent des secteurs aussi stratégiques que complexes.

Dans le secteur agroalimentaire, les pratiques agricoles restent majoritairement traditionnelles, l’accès aux intrants agricoles est limité, et le travail reste essentiellement manuel, sans véritable culture de l’irrigation. Ce secteur est encore perçu comme risqué par les institutions financières. Ce qui limite son accès au crédit. Il souffre également d’un manque de structures de conservation (comme à Rumonge et Cibitoke). Ce qui entrave l’approvisionnement des marchés urbains et régionaux.

L’industrie minière, quant à elle, demeure freinée par l’absence d’infrastructures de transformation et par un accès insuffisant à l’électricité pourtant indispensable tant pour la transformation que pour le transport des matières premières.

En ce qui concerne l’industrie touristique, malgré les atouts indéniables du pays (le lac Tanganyika, les lacs aux oiseaux, de magnifiques forêts), le secteur reste sous-exploité. Le manque d’infrastructures hôtelières modernes et de réseaux de communication performants limite le développement d’un tourisme de qualité capable d’attirer des investissements étrangers.

Il ne s’agit pas ici de décourager les investisseurs mais bien de les encourager en rappelant que le chantier reste immense. C’est grâce à un investissement privé dynamique que l’assiette fiscale peut s’élargir. Au-delà des idées préconçues, cette reconduction doit être l’occasion d’un changement profond et tangible.

Les jeunes et les femmes entrepreneurs émergent. Associez-les à vos projets et agissez véritablement comme le bras armé du secteur privé. Il faut éviter que les investissements profitent uniquement à quelques promoteurs et cela au détriment de l’intérêt collectif. Et n’oublions pas la digitalisation, incontournable aujourd’hui, pour garantir plus de transparence et de traçabilité.

Avancez, cher Honorable. Nous vous souhaitons plein succès dans ce nouveau mandat.

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Mélance Maniragaba.

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