Tourisme

Chutes de Karera : Quand la beauté naturelle ne suffit pas à elle seule

Au cœur de la commune Musongati, dans la province Burunga, s’étend une forêt de 142 hectares qui abrite les célèbres chutes de Karera. Ce site naturel, riche en biodiversité et en traditions, attire chaque année des centaines de visiteurs burundais et étrangers. Entre les chants des oiseaux, les rituels dans la grotte et la beauté des cascades, l’expérience est unique. Mais malgré cette beauté naturelle, des défis persistent : manque de restauration, accès difficile et infrastructures limitées. Autant d’obstacles qui freinent le potentiel touristique de ce joyau du Burundi.

Ce lieu touristique abrite différentes attractions dont 5 chutes d’eaux.

 

Au Sud-Est du pays, dans la commune Musongati de la province Burunga, se trouve une forêt de 142 hectares abritant différentes attractions dont les chutes de Karera. Un sentier traverse cette forêt pour permettre aux touristes d’accéder facilement aux beautés naturelles qu’elle renferme. Les belles mélodies des oiseaux, mêlées au bruit des eaux des rivières et des cinq chutes se trouvant dans cette forêt, suffisent à détendre un visiteur stressé. Des singes, visiblement familiers avec les touristes, sautent d’une branche à l’autre devant nous.

En nous approchant des chutes de Nyakayi I, nous remarquons deux voitures et moins d’une dizaine de visiteurs. Cinq d’entre eux étaient venus pour se détendre, mais se pressaient de partir car midi approchait. Ils devaient certainement aller chercher de quoi manger à quelques kilomètres de ce site touristique puisqu’aucun site de restauration ne s’y trouve.

D’autres étaient des cameramen et un chanteur qui se faisait filmer pour son tube. Un jeune homme s’approche de nous. Vêtu d’un jean bleu tout neuf et d’une vieille veste qu’il est obligé de porter au-dessus de ses vêtements propres, car cette veste est l’uniforme des guides touristiques du site. Souriant, il semble visiblement formé et fier de son métier. Il commence par se présenter avant de nous faire découvrir les différentes attractions de la forêt. Il s’appelle Ferdinand et travaille comme guide sur ce site depuis huit ans.

Un spectacle grandiose des eaux

Ce lieu touristique abrite différentes attractions dont 5 chutes d’eaux. Il y a d’abord la chute de Nyakayi I, haute de 46 mètres. En montant un peu plus haut, un petit sentier mène à Nyakayi II. Ces deux chutes sont alimentées par la rivière Nyakayi. A côté de Nyakayi I se trouve une grotte. Autrefois, on y pratiquait les rituels d’ukubandwa et aujourd’hui encore, certaines personnes y viennent pour accomplir ces rituels. Des jeunes filles qui souhaitent se marier, des couples qui tardent à avoir des enfants, etc., viennent y prier pour demander des bénédictions. Comme le précise ce guide, certains viennent avec leurs guérisseurs pour les assister, d’autres non. Et ce ne sont pas seulement des Burundais, mais aussi des étrangers, surtout des Arabes. Après avoir formulé leurs demandes dans la grotte, ils vont se purifier dans les chutes. Lorsque leurs prières sont exaucées, ils retournent dans la grotte pour remercier en apportant de l’argent et des boissons qu’ils versent en guise d’offrande.

Un peu plus loin, une autre chute prend sa source dans la rivière Mwaro. Les deux rivières, Nyakayi et Mwaro, se rejoignent pour former la chute de Karera. Celle-ci est composée de deux parties : on peut voir la première en restant en haut et la deuxième en descendant plus bas. Comme il est difficile d’y accéder, une passerelle a été construite au-dessus des chutes. En se plaçant au milieu de cette passerelle, on peut admirer les chutes de Karera I et II tout en profitant d’une magnifique vue sur la nature environnante.

La forêt qui entoure ces sites couvre 142 hectares. Elle abrite des animaux tels que des singes, des antilopes, des serpents, des lièvres, des renards et d’autres espèces. Ces animaux sont habitués à la présence humaine et ne sont pas dangereux comme tient à le préciser le guide. Il cite l’exemple du renard qui s’enfuit lorsqu’il rencontre quelqu’un. La nature, les arbres variés… tout est réuni pour offrir au touriste ce qu’il rêve de voir.

Un site Susceptible de rapporter beaucoup à l’État

Comme l’explique le guide, ce site naturel est très bénéfique pour l’Etat. Il n’accueille pas beaucoup de visiteurs pendant la saison pluvieuse, mais en été, ils y viennent en surnombre. « En saison sèche, nous pouvons accueillir jusqu’à 600 personnes par jour », précise-t-il. Ces touristes sont constitués de Burundais et d’étrangers.

Autant de visiteurs, autant de revenus qui entrent dans les caisses de l’Etat. Les tarifs d’entrée sont les suivants : un étudiant burundais de plus de 15 ans muni de sa carte d’étudiant paie 2000 FBu, tandis qu’un adulte burundais s’acquitte de 5000 FBu. Un étranger résident au Burundi, sur présentation de sa carte de résidence, paie 10 USD ou 30 000 FBu alors qu’un non-résident doit verser 20 USD sans possibilité de régler en monnaie burundaise. Enfin, l’accès est gratuit pour les enfants de moins de 15 ans. Le guide admet que la majorité des touristes apprécient ces attractions, mais que peu reviennent.

Des infrastructures à améliorer pour séduire les visiteurs

Une question se pose après la découverte de toutes ces merveilles : pourquoi une telle beauté naturelle n’attire-t-elle pas davantage de touristes ? Ferdinand tente une explication. Selon lui, la pénurie de carburant a sensiblement réduit le nombre de visiteurs. Mais il souligne aussi un autre point important : « Beaucoup de touristes se plaignent que lorsqu’ils viennent avec des enfants ou qu’ils souhaitent eux-mêmes manger, ils ne trouvent pas d’endroit où se restaurer. Cela les pousse à partir rapidement et souvent même sans tout contempler », regrette-t-il.

Il estime qu’il est nécessaire de construire un restaurant bien aménagé sur ce site. Cela attirerait davantage de visiteurs et augmenterait les recettes, car en plus des frais d’entrée, on encaisserait les frais de restauration.

Un autre défi concerne les endroits où le chemin est glissant faute d’escaliers adaptés. « Beaucoup de touristes se lamentent de ne pas pouvoir voir toutes les cinq chutes à cause des difficultés d’accès. La plupart ne reviennent pas alors qu’ils auraient pu inviter d’autres personnes à venir découvrir le site », regrette-t-il. Selon lui, construire de bons escaliers sur ce site aiderait beaucoup les visiteurs.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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