Economie

Climat des affaires au Burundi : Toujours bourré de défis malgré certaines avancées

Malgré les efforts du gouvernement  traduits par des réformes favorisant les investissements et l’entrepreneuriat, le défi à relever est encore grand. L’Agence de Développement du Burundi (ADB) et le Centre for Développent and Enterprises Great Lakes veulent contribuer à la création d’un climat des affaires plus enviable au Burundi    

En collaboration avec l’ADB, la CDE Great Lakes a organisé des activités de réflexion sur l’amélioration de l’environnement des affaires mercredi le 25 mai 2022. Pour Aimable Manirakiza, D.G du CDE Great Lakes, ces activités constituent une occasion de rétablir l’état des lieux des forces et des faiblesses auxquels fait face le Burundi en matière de facilitation des affaires et d’autre part d’identifier les solutions locales à proposer au gouvernement en vue d’abolir progressivement toutes les barrières au bon climat des affaires au Burundi. 

L’objectif principal est de rendre l’économie burundaise plus attractive. « Nous avons l’espoir que les participants vont nous indiquer les voies et moyens pour rendre l’économie burundaise plus attractive et plus prospère afin de faire partie dans un futur proche des économies émergentes du continent africain », confie-t-il. Pour cet activiste,   un bon climat des affaires au Burundi constitue un pilier indispensable de mise en œuvre effective du Plan National de Développement (PND 2018-2027). 

Aimable Manirakiza, D.G du CDE Great Lakes : « Il faut établir l’état des lieux des forces et des faiblesses auxquels fait face le Burundi en matière de facilitation des affaires… ».

Plusieurs défis à relever

Malgré les efforts engagés par le gouvernement du Burundi pour améliorer le climat des affaires, plusieurs défis persistent. « Le secteur privé burundais fait face à un certain nombre de contraintes qui freinent sa croissance », souligne Dr Salomon Nsabimana dans son exposé. Il s’agit entre autres des difficultés d’accès au financement bancaire, du manque d’infrastructures appropriées, du faible niveau du capital ou encore d’une faible qualification de la main d’œuvre. Nsabimana ira plus loin pour rappeler que la mauvaise situation politique ou une éventuelle décision politique au niveau des institutions sont également susceptibles d’exercer une force négative sur les affaires. Pour illustrer ces propos, l’économiste donne l’exemple de la crise socio-politique et du changement des responsables. En effet, les crises découragent les investisseurs et les nouveaux responsables ont la tendance à suspendre les projets en cours.    

Le Dr Nsabimana rappelle que le secteur privé est très important pour le développement du pays sur plusieurs plans. Pour ce chercheur, le secteur privé contribue au développement du pays en amont et en aval. Il rappelle que le gouvernement se sert de la production du secteur privé pour financer ses politiques sociales. Les ressources proviennent du secteur privé qui produit et qui contribue au renflouement des recettes de l’Etat. « Si on a un secteur privé moins développé, on aura moins de recettes fiscales », conclut-il.

 Un secteur privé moins développé

Au niveau du secteur formel, la plupart des entreprises sont de Petites et Moyennes Entreprises (PME). Selon l’étude présentée par Dr Salomon Nsabimana, ce secteur est constitué de moins de 3000 entreprises dont 60% de PMEs. 90% de ces dernières emploient moins de 50 salariés et présentent un chiffre d’affaires de moins de 50 millions de FBu. Faisant face à une difficulté d’avoir accès au financement et aux capitaux de long termes, un grand nombre de PMEs peinent à accélérer leur croissance.    

De l’autre côté, l’informel occupe une place importante dans l’économie du Burundi. C’est le secteur de petits commerçants et de petites unités de production. Naturellement, ce secteur est plombé par beaucoup de problèmes, à savoir : le manque de financement, la précarité de l’emploi et une production de mauvaise qualité.  

Un secteur qui se relève peu à peu

L’investissement privé reste le fer de lance de l’économie burundaise malgré certaines embûches.  Selon les données du MacMod_BI, les investissements ont enregistré une tendance générale croissante dominée par l’investissement privé. Selon cette institution, l’investissement a connu sur une période de 2005-2020 une tendance générale de croissante en passant de 220,7% milliards de FBu en 2005 à 449,8 milliards de FBu en 2015 avant de baisser jusqu’à 412,1 milliards de FBu en 2015. A partir de 2016, les investissements ont suivi une tendance générale de croissance jusqu’à atteindre 474,2 milliards de FBu en 2020. « Bien que la tendance soit croissante, le taux d’investissement brut reste faible avec 22,9 % du PIB en moyenne, soit 14,2% pour les investissements privés contre 7,9 % pour les investissements publics », fait constater Nsabimana. 

Pour le DG de l’Agence de Développement du Burundi, le gouvernement se bat toujours pour promouvoir les investissements. « Nous reconnaissons que le monde des affaires est très dynamique et que le développement du Burundi doit en suivre l’évolution pour adapter ses réformes », indique-t-il. Selon ce responsable, la retraite aura permis à l’ADB d’échanger avec d’autres parties prenantes pour voir comment améliorer le climat des affaires, mais reconnait qu’il y a encore à faire.

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A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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Un commentaire
  • Nsengiyumva Innocent dit :

    Article manquant bcp de points. Le climat des Affaires au Burundi se heurte à de nombreux défis difficiles mēme à répondre. C’est plus que vous avez mentionné

Les commentaires sont fermés.

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