Onze femmes vivant dans le site de déplacés de Mayengo, en commune et province de Rumonge exercent le métier de coiffeur. L’insuffisance du matériel nécessaire à l’exercice de ce métier et la méfiance de certains de leurs clients, surtout ceux de sexe masculin constituent un frein au développement professionnel et financier de ces femmes. Malgré tous ces défis, elles restent plus que déterminées
Onze femmes membres de l’association Shaza exercent le métier de coiffeur. Ces femmes proviennent de 174 familles vivant dans le site de déplacés de Mayengo en commune et province de Rumonge. Ces familles ont été victimes des catastrophes de Nyaruhongoka en 2015.Pour faire face à la précarité de la vie dans ce site, certaines femmes ont décidé d’apprendre le métier de coiffeur bien qu’il était jadis réservé aux hommes. Malgré pas mal de défis socio-professionnelles, ces femmes tiennent le coup.
Jacqueline Nduwimana, âgée de 25 ans et mère de 4 enfants est l’une de ces femmes. Elle est membre de l’association Shaza depuis deux ans. Elle témoigne y avoir tiré un grand avantage. A part qu’elle a pu acquérir un métier qui l’aidera n’importe où et à n’importe quel moment, ce métier lui permet de subvenir à ses besoins quotidiens. Elle témoigne aussi avoir acheté une chèvre à 80 mille FBu lorsque les membres de cette association ont partagé les dividendes l’année passée. Bien qu’elles y gagnent tant, elles font face à pas mal de défis aussi bien sur plan social que sur le plan professionnel.

Jacqueline Nduwimana, une coiffeuse : « Ce métier me permet de subvenir à mes besoins quotidiens ».
Une barrière sociale
Bien que les femmes soient majoritaires dans cette association composée de 11 femmes et 4 hommes, le genre féminin semble ignoré. Certains d’entre leurs clients, surtout ceux de sexe masculin acceptent difficilement ou refusent carrément d’être coiffés par les femmes. Dans pareils cas, elles sont obligées de demander renfort à un membre masculin de l’association pour éviter de perdre ce client.
André Nambazimana est président de cette association. Pour lui, nul ne devrait douter de la performance de ces femmes, car elles font chaque jour preuve de professionnalisme et coiffent bien plus que beaucoup d’hommes. Il regrette cependant que cette mentalité de certains clients soit une épine dans le pied de ces femmes coiffeuses et risque de constituer une barrière pour les autres femmes qui souhaitent embrasser ce métier.
Défis financiers
Suite au manque d’électricité et de matériel nécessaire à l’exercice de ce métier, ce salon de coiffure fonctionnel depuis 2 ans ne rapporte pas grand-chose aux membres de l’association. Ces coiffeuses témoignent que pendant les 8 heures qu’elles travaillent par jour, elles ne gagnent qu’entre 500 FBu et 1000 FBu. Selon André Nambazimana, les défis sont multiples, mais celui qui risque de chambouler leur boulot est le manque d’électricité. Dans ce salon de coiffure, on utilise l’énergie solaire. Les batteries qu’ils utilisent commencent à se détériorer et ne peuvent plus résister pendant longtemps. « Dès que nous branchons deux tondeuses à la fois, le courant électrique se coupe. Si on ne nous approvisionne pas en électricité, il y a risque de que nous renoncions à ce métier qui a permis à nos familles de se développer », regrette-il. Ce salon de coiffure souffre aussi de l’insuffisance du matériel. Tous les accessoires que ce soient les plaques solaires, les batteries, les lampes, etc. qu’ils utilisent commencent à se détériorer. L’argent qu’ils gagnent ne peut en aucun cas leur permettre de remplacer le matériel usé. L’électrification de ce site serait une meilleure solution, selon Nambazimana.
Les poteaux électriques déjà installés
Des poteaux et des fils électriques traversent ce site, mais aucune maison du site de Mayengo n’est connectée à ce réseau électrique. «Les fils qui conduisent l’électricité passent au-dessus de nos maisons. Nous asseyons sous l’ombre des poteaux de la Regideso chaque jour, mais notre site n’est pas approvisionné en électricité», se désole Rémy Bitariho chef de ce site. Consolateur Nitunga, gouverneur de la province de Rumonge, les appelle à la patience. Il nous a fait savoir que le gros du travail a été effectué par la Regideso. Les poteaux électriques sont déjà installés. Cette autorité promet de continuer à chercher des bienfaiteurs pour connecter les maisons aux câbles électriques.




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