Depuis le 1er novembre 2021, les tarifs des soins médicaux dans les hôpitaux privés et autres structures sanitaires privés ont été augmentés de 30%. Les bénéficiaires et les assurances déplorent cette situation. Cependant, en 2019, une étude sur l’actualisation des coûts des prestations des formations sanitaires a été faite avec un objectif final de réviser les tarifs et rembourser les coûts des prestations. La perspective adoptée est celle du vendeur
« Nous nous sommes rendu au cours de ce mois de novembre à une structure sanitaire privée et nous nous sommes retrouvé avec des factures élevées sur les services bénéficiés. L’augmentation a eu lieu d’un seul coup sans même informer les parties prenantes comme nous les malades. Nous jugeons la décision unilatérale », s’inquiète Stany Muhimpundu habitant dans la mairie de Bujumbura.
Dr Astère Ndayizeye, président de l’Association pour la Promotion de la Médecine Libérale (APROMELI), déclare que les partenaires ont été avisés à la fin du mois de septembre 2021 (respect des 30 jours de préavis réglementaire) des augmentations qui ont eu lieu dans les hôpitaux privés et autres structures sanitaires privées.
Il informe que la consultation en médecine générale est passée de 5000 FBu à 8 000 FBu, celle en médecine spécialisée est passée de 10 000 FBu à 15 000 FBu. Les coûts des médicaments seront fixés proportionnellement aux prix à l’importation.

L’augmentation de 30% des consultations et actes médicaux a été motivé par le taux d’inflation et le coût élevé des outils de production utilisés.
Harmonisation des pratiques dans les hôpitaux privés
Dr Ndayizeye annonce que l’augmentation de 30% a été motivée par le taux d’inflation et le coût élevé des outils de production utilisés.
« Compte tenu de cela, si les cliniques et les hôpitaux privés n’agissent pas en conséquence, ils risquent de fermer par manque de matériel ou d’outils de production importés. Cela car le calcul des coûts de production des services de soins n’est pas corrélé avec les charges des structures médicales », explique le président de l’APROMELI.
Par ailleurs, précise-t-il, l’association a voulu réglementer cette hausse des tarifs en vue d’harmoniser les pratiques au sein des hôpitaux privés. Et de continuer : « Sinon l’augmentation des tarifs est un acte courant pour ajuster les coûts de production des services et leur vente ».
Pour rendre un service de qualité, les coûts de production sont chers. Aussi, avec le temps, les options thérapeutiques changent. Ce qui fait qu’avec ces changements, on doit s’ajuster.
Les services imageries (échographie, scanner, radiographie standard), les services de laboratoire (les réactifs, les matériels utilisés pour analyser les échantillons) sont importés. Utilisés dans l’importation, la valeur et la disponibilité des devises ont une influence négative sur les coûts de production comme le signale Dr Ndayizeye.
Les assurances ont peur de tomber en faillite
Tatien Sibomana, secrétaire exécutif permanent de l’Association des Assureurs du Burundi (ASSUR) déplore cette augmentation des taux appliqués sur les services de santé. D’après lui, elle va occasionner des pertes pouvant aller jusqu’à faire tomber en faillite le secteur des assurances. Cela surtout que la même situation s’observe dans d’autres secteurs comme le secteur du transport (les prix des pièces de rechange ont augmenté). « Les assureurs vont décaisser beaucoup comparativement aux primes perçues », déplore-t-il.
Pourtant, rappelle M.Sibomana, le secteur des assurances est un maillon important dans l’économie nationale. Sa contribution au Produit Intérieur Brut (PIB) en 2017 était de 5 milliards 397 millions 200 mille FBu, en 2018 sa contribution au PIB en BIF était de 6 milliards 10 millions 300 mille et en 2019, elle était de 6 milliards 254 millions 800 mille FBu. Cela avec un taux de pénétration de 0,75% en 2017, de 0,77% en 2018 et de 0,87% en 2019.
Il estime que les autorités habilitées puissent prendre des mesures d’augmentation des primes collectées par les assurances. Cela afin de stabiliser leur fonctionnement.
Nous avons essayé de joindre le ministère ayant la santé dans ses attributions, mais en vain.




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