Dans la ville de Ngozi, chef-lieu de la province de Butanyerera, une coopérative de jeunes techniciens s’est spécialisée dans la fabrication et la réparation des machines semi-industrielles destinées à la transformation post-récolte. Grâce à l’appui du PAEEJ, elle ambitionne de devenir une référence nationale ou régionale.

Le technicien Antoine Abayo reconnait que le Programme d’Autonomisation Economique et d’Emploi des Jeunes (PAEEJ) a contribué efficacement dans le développement de la coopérative MAWELCO.
Fin juillet 2025, nous avons rencontré Antoine Abayo, technicien basé dans la ville de Ngozi (province Butanyerera) au quartier Kigarama. Il est l’un des membres fondateurs de la coopérative Master Welding Company (MAWELCO), un atelier mécanique qui conçoit et fabrique des machines semi-industrielles, principalement utilisées dans le processus de transformation agricole. La coopérative produit divers équipements : des moulins à maïs, des décortiqueuses du riz, des machines à fabriquer les briques, mais aussi des dépulpeuses à café, entre autres. MAWELCO s’occupe également de la réparation des équipements endommagés, notamment le rebobinage des dynamos ou de moteurs calés.
Le groupe est composé de cinq membres, dont trois travaillent actuellement à temps plein. Les deux autres sont temporairement à l’étranger. Avant de se constituer en coopérative, en 2023, ils travaillaient en solo. L’un des objectifs de cette association était de mutualiser les compétences acquises en mécanique et en électricité, mais aussi de se donner les moyens d’accéder plus facilement à d’éventuels financements.
C’est dans cette dynamique que les membres de MAWELCO ont soumis un projet au Programme d’Autonomisation Economique et d’Emploi des Jeunes (PAEEJ). Leur projet a été retenu et, la coopérative a bénéficié d’un financement en 2024. « Nous avions besoin de 50 millions de francs burundais (BIF) pour bien nous équiper, mais le PAEEJ nous a accordé 35 millions BIF. Cela nous a permis de redynamiser nos activités », explique Antoine Abayo.
Par ailleurs, les membres avaient déjà investi dans le matériel de base. Aujourd’hui, la coopérative possède une machine-outil appelée « tour parallèle » d’une valeur estimée entre 25 et 30 millions BIF, une fraiseuse évaluée à 10 millions BIF, une perceuse à colonne d’environ 5 millions BIF ainsi qu’une presse artisanale conçue par leurs soins.
Une clientèle régionale et des machines taillés sur mesure
Les clients de MAWELCO sont principalement des entrepreneurs ou des commerçants ouevrant dans la région. Les produits sont écoulés dans la région, notamment à Ngozi, Kayanza, Muyinga et Cankuzo, couvrant ainsi les provinces de Butanyerera et de Buhumuza.
Certains clients passent des commandes précises, d’autres achètent les machines déjà fabriquées en atelier. Le technicien Abayo indique, à titre d’exemple, qu’une machine destinée à moudre le maïs coûte entre 3 et 4 millions BIF.
La cadence de production varie selon les périodes de l’année. En moyenne, la coopérative fabrique deux à trois machines par mois. Mais lors du deuxième trimestre de l’année, coïncidant avec la maturité des récoltes de maïs, la demande augmente sensiblement.
Des obstacles structurels et des perspectives ambitieuses
L’un des principaux défis rencontrés par l’atelier est la coupure fréquente de l’électricité. « Lorsque le courant fourni par la Regideso est interrompu, tout s’arrête. Nous n’avons pas d’alternative pour continuer nos activités », regrette M. Abayo. Cela engendre une perte directe de productivité. Une autre difficulté majeure : la fluctuation des prix sur le marché des matériaux, alimentée par la dépréciation du franc burundais. « Le devis établi un mois donné ne correspond souvent plus à la réalité du mois suivant. Cela nous oblige à revoir à la hausse les prix. Ce qui pénalise aussi les clients », explique-t-il.
A ces obstacles s’ajoutent les risques d’accidents professionnels et les pannes imprévues des machines. Aujourd’hui, l’espace de travail de la coopérative est limité à une superficie d’environ deux ares. Ce qui restreint la diversification des services. A court terme, MAWELCO souhaite donc s’agrandir et intégrer d’autres services, comme un garage automobile.
Les ambitions des jeunes techniciens de Ngozi vont bien au-delà de l’atelier actuel. A long terme, ils rêvent de faire de MAWELCO une référence industrielle à l’échelle provinciale, voire nationale. « Nous voulons créer une école technique pour transmettre ce savoir-faire et former la prochaine génération de techniciens », conclut Antoine Abayo.




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