Inaugurée par le Président de la République du Burundi en octobre 2018, la Coopérative de transformation et de production de farine de blé (COTRAPROFAB) peine à bien fonctionner. L’insuffisance de l’électricité doublée des difficultés financières sont deux grands maux dont souffre cette unité de transformation. Les responsables de cette coopérative appellent au soutien des bailleurs éventuels pour remettre la machine en marche
Il était 13 heures passé de quelques minutes quand nous avons débarqué à la colline Yanza de la commune Muruta de la province Kayanza. C’est à cet endroit qu’ont érigées les infrastructures de l’usine de transformation du blé en farine, de la coopérative de transformation et de production de farine de blé (COTRAPROFAB). A notre arrivée, le portail était hermétiquement fermé et nous pouvions pénétrer à l’intérieur. A la mi-journée, les locaux étaient fermés à clé. Il nous a fallu attendre quelques minutes pour être reçus par une employée chargée de la comptabilité à cette usine de transformation où tout semble être à l’arrêt. Dans le hangar servant de stock, on n’aperçoit que quelques dizaines de sacs de blé. Visiblement, cette unité de transformation inaugurée par le Président de la République en 2018 a des difficultés d’approvisionnement en blé. L’autre salle abrite les machines à moudre. La propreté qui y règne montre que ces machines sont au repos depuis un bout de temps.

L’insuffisance de l’électricité doublée de difficultés financières sont deux grands maux dont souffre cette unité de transformation.
Selon une source sur place, l’usine a seulement 2 employés permanents. A part ces deux salariés, elle doit embaucher 20 journaliers au cours des périodes de production. Cependant, les responsables de cette usine vieille de 3 ans toujours en gestation affirment qu’il ne s’agit pas d’un investissement englouti. Pour Jérémie Nshimirimana, président du conseil d’administration de cette coopérative, ce projet qui a été financé par la Coopération Suisse pourrait contribuer au développement des ménages et à l’élargissement de l’assiette fiscale de l’Etat.
Un projet en difficultés
Nshimirimana fait mentionne plusieurs obstacles auxquels fait face sa société. Pour lui, c’est l’insuffisance de l’électricité qui constitue le plus grand défi. « Les techniciens ne se sont pas rendu compte de l’insuffisance du courant électrique de la Regideso lors de l’installation des machines », a-t-il expliqué. Pour faire tourner les machines, il faut faire recours à un groupe électrogène. Ce qui coûte cher à cette unité de transformation naissante. « Nous travaillons à perte parce que le coût de la transformation devient très élevé avec l’utilisation du carburant», s’est désolé Nshimirimana.
Malheureusement, il semble que la solution à ce problème tarde à venir. « L’équipe de techniciens venue de la Regideso a conclu que l’électricité n’est pas suffisante et nous a recommandé la mise en place d’une nouvelle ligne d’alimentation dont l’installation coûterait autour de 60 millions de FBu », a-t-il fait savoir. Interrogé sur l’insuffisance de la production, Nshimirimana a affirmé que le problème de production ne se pose pas. « La production ne peut pas ne pas suffire parce que notre marché d’approvisionnement s’étend sur trois communes », a-t-il rassuré.
Quid des pistes de solutions ?
Nous avons voulu savoir quelles sont les pistes de solutions envisagées par les responsables de la coopérative pour relever le défi. Cette usine encore à l’état embryonnaire semble attendre l’intervention des bailleurs éventuels. « Nous avons déjà adressé notre demande d’aide à la Coopération Suisse à travers l’Ong locale Twitezimbere. Nous n’avons pas encore reçu de réponse », dit-il. En effet, c’est par le biais de cette Ong locale que ce projet a été financé. Pour le président du conseil d’administration de cette unité de transformation, les associés ne disposent pas de moyens pour payer les installations nécessaires au bon fonctionnement de cette usine. Nshimirimana indique également qu’ils ont toujours montré au niveau de l’administration qu’il y a toujours des insuffisances pour pouvoir bien fonctionner.
Pour sortir de cette impasse, Nshimirimana appelle au soutien de l’usine dont il préside les destinées. « Comme l’Etat a soutenu le projet de création de cette usine de transformation, il pourrait nous aider à avoir de l’électricité en suffisance pour bien fonctionner », indique-t-il. Pour lui, la réussite de ce projet s’inscrit dans le processus de développement du pays. « Il contribuerait à la lutte contre le chômage et paierait des taxes », a-t-il justifié. Tout de même, il indique que le soutien financier reste indispensable pour booster la production.




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