Les banques se satisfont de l’octroi des crédits collectifs. La raison est que le taux de non remboursement du crédit est presque nul. Néanmoins, certains consommateurs des services financiers qui les contractent s’en inquiètent. Leurs familles sont dans un calvaire innommable. Les détails dans ce numéro
Il s’observe que les banques et les institutions de microfinances préfèrent accorder des crédits collectifs à leurs clients. Ce qui coince souvent les consommateurs des services financiers. La plupart des ménages sont dans le calvaire sans nom suite aux crédits collectifs contractés auprès des banques. Le cas le plus emblématique est celui de Claver Icoyitungiye, une des victimes des crédits solidaires. Burundi Eco l’a croisé dans un bistrot situé dans la zone Cibitoke. C’était vers 19h 30 min. Il était en train de siroter la sainte mousse pour étancher sa soif. Il indique qu’il travaille dans une société de gardiennage opérant ici dans la capitale économique Bujumbura. «Moi et mes 6 collègues nous nous sommes mis ensemble pour contracter un crédit collectif. Après quelques mois, deux parmi nous ont abandonné le travail pour des raisons de convenances personnelles. Ils ne remboursent donc pas leur crédit. La balle est revenue vers nous», s’inquiète Icoyitungiye.
Selon lui, rembourser le crédit d’un client débiteur défaillant constitue un lourd fardeau. C’est comme un coup de massue dans le dos d’un consommateur des services financiers. «Nos familles ont des difficultés pour trouver de quoi manger, car on ne perçoit rien. A la fin du mois, la banque retranche chaque fois nos crédits et ceux de nos collègues qui ont pris la clé des champs sur nos salaires», s’indigne-t-il.

Le crédit solidaire est quelque fois un cadeau empoisonné.
Muvunyi regrette d’avoir accepté de contracter un crédit collectif
C’est le même son de cloche pour Justin Muvunyi habitant la zone Ngagara. Ils se sont mis ensemble à sept collègues pour contracter un crédit collectif. Deux de ses collègues sont partis en Europe. Par conséquent, les cinq qui restent sont entrain de rembourser ce crédit. Muvunyi regrette d’avoir accepté de contracter ce type de crédit. Selon lui, le crédit solidaire est quelque fois un cadeau empoisonné.
Un agent d’une banque de la place qui travaille dans le service crédit affirme que les consommateurs des services financiers qui contractent des crédits collectifs rencontrent souvent des problèmes. Une ou deux personnes qui constituent l’équipe peut être licencié ou abandonner le travail. Dans ce cas, cet agent fait savoir que la banque ne croise pas les bras. Elle retranche ce crédit sur les salaires de ceux qui sont encore au travail. «Nous constatons avec amertume que c’est un lourd fardeau pour ces clients. Néanmoins, nous n’avons pas d’autres choix», déplore-t-il. Il fait remarquer que la plupart des consommateurs des services financiers préfèrent contracter des crédits collectifs, car ils s’accordent à un taux d’intérêt très minime par rapport aux autres types de crédits. Selon toujours lui, si on contracte de crédit collectif, les banques et les IMFs en profitent. Le taux de non remboursement de crédit est presque nul. Ce qui est un grand plaisir pour les banques et les IMFs. Cela permet de perpétuer de l’activité bancaire. Ce qui revêt une importance toute particulière, car il conditionne en grande partie celui de la vie économique d’un pays.
Ce banquier indique que le crédit et le capital en général constituent une donnée importante en tant que facteurs de production, et partant, que moteurs de développement économique. Par ailleurs, le crédit est inséparable du risque. En effet, au sein des institutions bancaires, il fait savoir que la maîtrise du risque, sa gestion, la spécialisation dans les activités et l’anticipation surtout dans la gestion de l’encaisse disponible sont des mots clés sur lesquels les responsables doivent agir pour ne pas se heurter à la cessation des activités. Elles doivent rendre disponibles les ressources, mais aussi stimuler les clients tout en veillant à leurs possibilités de remboursement ; d’où la nécessité de maîtriser la gestion du risque.
Notons qu’il ajoute que le banquier doit prendre le maximum de précautions afin que le risque de non remboursement soit le plus faible possible et limité à des cas de force majeure ou totalement imprévisibles. Et ceci est d’autant plus important qu’au Burundi, l’activité économique s’est fortement dégradée ces dernières années augmentant ainsi le risque de non remboursement des crédits bancaires. Selon lui, l’une des finalités d’un crédit est son remboursement. Or, dans des cas de plus en plus fréquents, les remboursements ne s’effectuent pas à l’échéance prévue. Parfois, ils se trouvent même définitivement compromis. Dans cette situation, la banque voit se matérialiser un risque de contrepartie et doit essayer de procéder, le plus rapidement possible au recouvrement de sa créance. Elle doit aussi prendre d’autres stratégies pour éviter la reprise d’autres incidents de paiements. Les banques burundaises qu’elles soient de petite taille ou de grande taille font recours à différentes méthodes de gestion qui leur permettent de se couvrir contre les risques des crédits bancaires pour améliorer leurs performances à différents niveaux.




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