L’artisanat est un secteur d’activités de plus en plus florissant et créatif. Cependant, beaucoup d’entreprises artisanales préfèrent rester classiques même si les autres entreprises ont pu briser la barrière. Le partage d’expériences s’avère nécessaire

Le projet « Bâtir l’avenir » est financé par l’UE et met en oeuvre les activités de formation dans les métiers du secteur BTP
Les ateliers sont généralement restés des zones où est regroupé un même savoir-faire, la maîtrise d’un métier. Seules les petites entreprises, proches de l’artisanat, fabriquent ou réalisent leurs productions dans un atelier unique où sont implantés tous les moyens de fabrication.
Volontariato Internazionale per Lo Sviluppo (VIS) est une ONG italienne qui opère au Burundi depuis 2002. Depuis 2016, VIS en partenariat avec la Chambre Sectorielle d’Art et Artisanat (CHASAA) et l’Association des Employeurs du Burundi (AEB) exécute le projet «Bâtir l’Avenir» dans les communes de Muha, Kayanza et Gitega, un projet de renforcement des Organisations de la Société Civile (OSC) financé par l’Union Européenne. Ce projet met en œuvre les activités de formation dans les métiers du secteur BTP (maçonnerie, carrelage, peinture, électricité, soudure, menuiserie, photovoltaïque, plomberie, ferraillage et coffrage) et 1700 jeunes ont été formés et sont en train d’être appuyés dans l’insertion sur le marché de travail tant en emploi salarié que dans le renforcement et/ou le démarrage des activités génératrices de revenus. Le projet est en train de tester en collaboration avec les centres d’enseignement des métiers, les artisans et les entreprises la formation par alternance, à travers des cours d’apprentissage directement sur le lieu de travail.

Le débat portait sur comment adapter le contexte actuel des entreprises artisanales à celui de l’entreprise RESTEGHINI
Mardi le 13 août 2019, VIS a organisé un séminaire de plaidoyer et d’échange d’expériences sur la formation professionnelle, l’artisanat et l’entreprise. L’objectif de ce séminaire était de porter un regard sur le développement de l’entreprise artisanale. L’entreprise italienne RESTEGHINI était invitée pour partager son expérience avec les artisans et les entrepreneurs Burundais et les responsables de la formation professionnelle.
De l’entreprise artisanale, l’entreprise de succès
En 1955, à l’initiative de Bruno Resteghini, expert en ferblanterie, l’activité débute dans un petit magasin. Des produits métalliques pour les industries alimentaires, téléphoniques et électriques sont soudés. Les espaces sont si petits que la coupe et le pliage de la feuille sont demandés aux entreprises extérieures. Le petit atelier s’est agrandi avec l’introduction des machines modernes suivant l’évolution technologique. Plus le coût fixe augmentait, plus la production et le revenu suivaient l’allure. Cela allait de pair avec l’augmentation du nombre d’employés et de clients.

Sergio Resteghini : «Le secret du succès de notre entreprise a dépendu de la prise des risques quand il était nécessaire»
En 1982, la chambre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat de Milan décerne la Prime de Fidélité à cette entreprise qui devient florissante.
En 2015, l’entreprise a été le précurseur de l’industrie 4.0. Elle a introduit le système de gestion connecté aux machines les plus importantes capable de détecter tous les temps de cycle à chaque employé par code à barre.
Les facteurs de succès de son entreprise
Sergio Resteghini, le petit-fils du fondateur de l’entreprise explique qu’en plus d’un plan d’investissement et de l’innovation, le secret du succès de cette entreprise a dépendu de la prise des risques quand il était nécessaire. « La crise économique de 2009 a été un élément déclencheur de notre expansion. A cause de la crise, beaucoup d’entreprises sont tombées en faillite parce qu’ils ont cessé d’investir. Paradoxalement, c’est la période où on a beaucoup investi ». L’augmentation et la gestion des ressources humaines est un facteur aussi important qui a fait que cette entreprise prospère. La loi italienne a aussi beaucoup aidé surtout dans la facilitation au niveau de la fiscalité. La chambre de l’artisanat est aussi un grand acteur. Pour l’entreprise RESTEGHINI, une petite partie du salaire des employés est versée à la chambre qui à son tour, se charge de l’assurance de ceux-ci.

Marco Ziliotto, représentant légal de VIS au Burundi : «L’entreprise artisanale peut créer de l’emploi et de la richesse»
Selon Marco Ziliotto, représentant légal de VIS au Burundi, l’entreprise artisanale peut créer de l’emploi et de la richesse. Elle peut s’intégrer dans la lignée de l’innovation, de l’automation et du système digital de production. Etaient invités à ce séminaire les artisans, les entrepreneurs, les ONGs, les gestionnaires de la formation professionnelle, les gestionnaires de l’artisanat, l’administration locale. Ces différents participants ont animé un débat sur comment on peut adapter le contexte actuel des entreprises artisanales à celui de l’entreprise RESTEGHINI. Bien que les défis existent, force est de constater que les opportunités à saisir sont légion pour le cas du Burundi.
L’importance de la valeur ajoutée de l’artisanat est très difficile à déterminer en raison de l’absence totale de comptabilité chez les artisans et, par conséquent, de statistique dans ce domaine. «Le changement social s’accélère quand les gens voient les autres agir et croient qu’il y a du changement» dit Alice Evans, une experte en changement social et globalisation. Les artisans et les entrepreneurs Burundais pourraient y tirer du courage.




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