Les cérémonies de lancement des travaux de construction du tronçon Uvinza–Musongati, partie intégrante de la ligne ferroviaire reliant la Tanzanie, le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC), ont eu lieu le samedi 16 août 2025. Ce projet stratégique, une fois achevé, transformera l’économie de la sous-région en réduisant les coûts et les délais de transit, en stimulant le commerce, l’emploi et les investissements, tout en favorisant un développement durable.

Les cérémonies de lancement des travaux de construction du tronçon Uvinza–Musongati, partie intégrante de la ligne ferroviaire reliant la Tanzanie, le Burundi et la RDC, ont eu lieu le samedi 16 août 2025.
Selon Me Flory Okandju, Secrétaire Exécutif de l’Agence de Facilitation du Transport de Transit du Corridor Central (AFTTCC), le lancement de cette ligne ferroviaire s’inscrit dans le cadre ambitieux de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Il constitue une composante stratégique du programme de développement des infrastructures en Afrique, en particulier dans le cadre du réseau intégré à grande vitesse.
Pour lui, ce projet incarne avec force la vision commune des trois nations que sont la République Unie de Tanzanie, la République du Burundi et la République Démocratique du Congo.
« Il constitue une avancée concrète vers la transformation structurelle de notre région en matière de connectivité, de logistique et de commerce », fait remarquer Me Flory Okandju. Il rappelle qu’en tant qu’organisation intergouvernementale regroupant sept Etats membres, le Corridor Central a eu le privilège de jouer un rôle clé en tant que plateforme de concertation, de coordination et de facilitation pour accompagner les gouvernements de la Tanzanie, du Burundi et de la RDC dans l’alignement de leurs politiques, la convergence des normes techniques et la planification des investissements.
Ce rôle a été essentiel, selon lui, pour poser les bases solides d’un corridor ferroviaire moderne, efficace et interopérable.
« S’agissant plus spécifiquement du tronçon Uvinza–Musongati–Gitega, le Corridor Central a activement contribué à la facilitation des accords tripartites et bilatéraux, à la mobilisation des ressources grâce à un dialogue soutenu avec les gouvernements et les partenaires techniques et financiers, à la coordination technique transfrontalière, à l’intégration des garanties environnementales et sociales, ainsi qu’à l’engagement des parties prenantes ; notamment les gouvernements, le secteur privé et les communautés. Cela pour garantir une appropriation locale, inclusive et durable du projet », explique le patron du Corridor Central.
Il indique que cette étape reflète un leadership éclairé, une volonté politique constante ainsi qu’une vision stratégique des présidents des trois pays pour faire de la connectivité régionale un levier essentiel de développement économique, d’intégration régionale et de prospérité partagée.
Des progrès en cours pour les autres tronçons
Me Flory Okandju affirme que, parallèlement à cette avancée significative, des progrès notables sont également en cours sur d’autres tronçons ferroviaires régionaux. Il signale que les études de faisabilité pour le tronçon Gitega–Bujumbura–Uvira–Kindu en RDC, long de 824 km, ont été lancées en mai 2023 avec un financement conjoint des gouvernements du Burundi et de la RDC, soutenus par le Corridor Central.
Ces travaux, insiste-t-il, devraient aboutir à une étude de faisabilité complète ainsi qu’à des avant-projets. Les études de faisabilité et d’ingénierie préliminaire du projet de construction du chemin de fer électrifié à écartement standard Gitega–Bujumbura–Uvira–Kindu (Burundi–RDC) se poursuivent sous la conduite de la firme canadienne CPCS-Zutari, pour un coût total de 3 178 686 USD. Il remercie le gouvernement de la RDC pour son engagement et le paiement, depuis avril 2025, de la totalité de sa quote-part s’élevant à 2 421 557 USD.
Et d’ajouter : « D’ici mi-2026, on entrevoit la mise en place d’un réseau entièrement connecté, de Dar-es-Salaam jusqu’à Kindu en RDC, via le Burundi. »
Me Flory Okandju souligne que ce corridor ferroviaire, une fois achevé, transformera profondément les dynamiques économiques de la sous-région, réduira considérablement les délais et les coûts de transit. Il stimulera le commerce intra-africain, favorisera les investissements, créera des milliers d’emplois directs et indirects, et contribuera à une croissance inclusive dans des secteurs clés tels que les mines, l’agriculture, le tourisme et l’industrie. En encourageant le transport du fret par voie ferroviaire, il insiste aussi sur les bénéfices en matière de développement durable et de protection de l’environnement.
Potentialité d’un développement commun africain
Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi, a déclaré, à l’occasion du lancement des travaux du tronçon Uvinza–Musongati, que les avancées réalisées entre le Burundi et la Tanzanie constituent une preuve concrète que l’Afrique a le potentiel de se développer lorsque ses peuples et ses nations unissent leurs efforts.
« Une Afrique solidaire possède en effet la capacité de se propulser vers un avenir plus prospère », poursuit-il.
Le Président burundais précise qu’à ce jour, le projet de ligne ferroviaire, qui s’étendra jusqu’à Kindu, est conjointement porté par la Tanzanie, le Burundi et la RDC. Il confirme que les trois pays en tireront un bénéfice partagé, notamment en offrant aux marchandises un accès direct à l’océan.
Il affirme que l’ambition va plus loin. Le rêve est que cette ligne ferroviaire puisse, un jour, se prolonger jusqu’en Afrique de l’Ouest, facilitant ainsi l’acheminement des produits vers cette région. Il croit fermement qu’il sera possible, à terme, d’atteindre l’océan Atlantique.
M. Ndayishimiye souligne que cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision d’un Burundi émergent. Pour progresser, dit-il, une nation doit produire et exporter, et les signes observés aujourd’hui indiquent que le pays est sur la bonne voie.




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