La réussite de l’Ecole d’excellence nouvellement introduite au Burundi focalise l’attention des hautes autorités du pays. C’est dans cette optique qu’un atelier de réflexion sur l’évaluation de la mise en œuvre des Ecoles d’excellence a été organisé dans les enceintes de l’Ecole Normale Supérieure fin novembre. Ainsi, les avancées et les ratés de ce programme ont été passés au peigne fin afin de poser de nouveaux jalons pour son développement
Durant plusieurs années, presque tous les établissements scolaires ont été gérés par l’Etat. Il semblerait que la politique nationale de l’éducation pour tous et la réforme du système éducatif burundais ne rassure pas les décideurs. Dans le souci de former les cadres dont le pays a besoin, l’Ecole d’excellence a été créée au Burundi par le décret présidentiel No100/19 du 07 février 2017 portant création des Ecoles d’excellence au Burundi. Dans le but de réussir une organisation de qualité dans ces écoles, un comité de pilotage a été nommé par ordonnance ministérielle.
Il s’agit d’une école qui se veut originale, une pépinière de l’élite nationale de l’avenir. Hilaire Baransharitse, vice-président de ce Comité définit l’Ecole d’excellence comme une communauté d’apprentissage où priment le développement et l’éclosion des talents. Répartis en cinq établissements, l’effectif global des élèves y est de 1287 dont 839 garçons et 448 filles au cours de l’année scolaire 2019-2020.

L’Ecole d’excellence a atteint ses objectifs en général, mais il persiste des défis qui exigent une réflexion d’ensemble
Certains participants se sont inquiétés de la non inclusion des sections techniques et veulent savoir pourquoi les décideurs se sont focalisés sur les sections plus générales. La réponse y apportée par le vice-président du comité de pilotage est on ne peut plus explicite. Cela ressort de l’insuffisance des moyens qui a prévalu au moment du lancement du programme. Ce qui aurait pu influer négativement sur la réussite de l’Ecole d’excellence. Pour lui, les écoles techniques sont plus coûteuses. L’assistante du ministre de l’Education Marie Jeanne Ntakirutimana, elle, a fait savoir lors de l’ouverture de l’atelier que les principaux objectifs recherchés consistent au rétablissement d’un diagnostic complet de l’état des lieux des Ecoles d’excellence.
L’Ecole d’excellence semble convaincre quant à la qualité de l’enseignement
Dans un système scolaire jugé précaire et fustigé par l’opinion de par ses imperfections techniques, l’Ecole d’excellence semble convaincre quant à la qualité de l’enseignement. La création desdites écoles s’inscrit dans la volonté de l’Etat d’améliorer les enseignements-apprentissages afin de résorber la pénurie de cadres d’entreprises, d’enseignants, de chercheurs et d’Ingénieurs dotés d’une bonne culture et de compétences scientifiques et technologiques élevées. Son organisation met en évidence le développement chez les élèves du goût de la recherche, de l’esprit d’initiative et de critique favorisant ainsi une pratique scientifique fondée sur l’investigation et l’expérimentation.
Selon le vice-président du comité de pilotage, l’Ecole d’excellence cherche à promouvoir un enseignement de qualité par la création d’un environnement favorable à l’enseignement-apprentissage. Basée sur le principe d’équité et d’excellence, cette école permet de mettre les enfants du pays devant une certaine égalité des chances pour favoriser l’éclosion des potentialités dans les mêmes conditions et selon le mérite.
Tous les orateurs du jour sont unanimes à dire que l’Ecole d’excellence a atteint ses objectifs dans l’ensemble. Un personnel dynamique et qualifié a permis de rendre les élèves de ces écoles plus compétitifs. Le concours national pour passer au cycle post fondamental organisé dernièrement dévoile la réalité. La derniere des Ecoles d’excellence précède les autres établissements. Le délégué du ministère est plus optimiste. « Nous espérons que les candidats de l’Ecole d’excellence vont emboîter le pas à leurs cadets en se distinguant à l’Examen d’Etat qui approche », confie-t-elle à l’audience.
Des défis restent à relever
En dépit des efforts consentis par toutes les parties prenantes, l’Ecole d’excellence n’évolue pas dans un monde dépourvu d’obstacles. Elle connait certes des problèmes, mais surmontables à en croire les propos des responsables. A y regarder de plus près, la loi qui crée l’Ecole d’excellence ne donne pas une suite claire à cette école. A la veille de la sortie des premiers lauréats de celle-ci, l’université d’accueil pourtant promise à travers les propos de Mme l’assistante du ministre n’est pas encore disponible. Sans donner les détails, Hilaire Baransharitse tranquillise : « Les préparatifs sont en cours et les suggestions déjà disponibles sur ce sujet montrent bien que la place d’accueil ne manquera pas ».
Ce responsable déplore aussi le manque de ressources humaines et le non finissage au niveau de certaines infrastructures. Du côté personnel enseignant, l’Etat traine à accorder les primes de performance et le matériel didactique tarde à arriver dans les établissements. Dans des propos un peu confus et mesurés, un des directeurs d’Ecoles d’excellence présents à cet atelier dénonce une mauvaise compréhension de ce type d’école par certaines gens. Il propose une approche de sensibilisation des administratifs locaux. En effet, l’Ecole d’excellence doit évoluer dans un environnement favorable à son épanouissement.




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