Les experts en économie alertent du fait que le Burundi enregistre un niveau d’endettement qui augmente d’une année à l’autre et qu’il y a risque de surendettement si rien n’est fait pour inverser la tendance. Le pire est que le secteur privé est relégué aux oubliettes, car le pays recourt à la dette intérieure à plus de 75%.

Les données de la BRB confirment que la dette publique évolue en flèche.
L’augmentation de la dette publique au Burundi inquiète, a précisé Léonce Ndikumana, économiste et professeur à l’Université de Massachussetts aux Etats‐Unis dans une conférence organisée le 14 août 2025 conjointement par le ministère en charge des finances et la Banque de la République du Burundi.
Selon lui, ce qui est dangereux c’est que la dette intérieure explose. Le pays recourt à la dette intérieure pour trouver les frais de fonctionnement. Ce qui pose un problème à l’économie du pays.
Il donne l’exemple de l’Ethiopie. Ces derniers temps, les dirigeants ont recouru à la dette intérieure pour développer le pays. Au début, cela a marché. Il y a eu une croissance économique, car on a développé les secteurs tels que l’industrie, l’agriculture et les infrastructures. Pourtant, cela a foiré juste après un certain temps, car on a constaté que l’inflation a commencé à augmenter. Les réserves se sont épuisées. Mais, pour le moment, on a redressé la situation à travers le développement du marché des titres.
La dette publique estimée à plus de 7000 milliards de FBu au premier trimestre 2025
Les données de la BRB confirment que la dette publique évolue en flèche. En glissement annuel, la dette publique totale s’est accrue de 14,9% au premier trimestre 2025, s’établissant à 7.196,5 milliards contre 6.261,4 milliards de FBu suite principalement à l’accroissement de la dette intérieure (+20,3%) et, dans une moindre mesure, de la dette extérieure (+2,1%).
Par rapport à fin décembre 2024, la BRB indique que l’encours de la dette a légèrement augmenté de 0,5% suite à l’augmentation de la dette intérieure (+0,4%) et de la dette extérieure (+0,8%).
La limite du plafond de la dette est de 50% du PIB à la CEA
Exprimée en pourcentage par rapport au PIB, la BRB fait remarquer que la dette publique totale représente 42,3% contre 45,7% à la même période de l’année précédente. Selon la BRB, cette situation se présente ainsi au moment où la limite du plafond de la dette est de 50% du PIB comme convenu dans les critères de convergence macroéconomique de la communauté Est Africaine.
D’un an à un autre, la BRB fait savoir que la dette intérieure a augmenté de 20,3% à fin mars 2025, s’établissant à 5.307,7milliards contre 4.411,9 milliards de FBu et s’est légèrement accrue de 0,4% par rapport à fin décembre 2024.
La dette extérieure s’est accrue de 2,1% en glissement annuel, se fixant à 1.888,8 milliards de FBu contre 1.849,5 milliards de FBu.
Un économiste et professeur dans une université de la place s’inquiète également de l’augmentation de la dette publique. Selon lui, il ne reste qu’une courte période pour que le Burundi soit taxé comme très endetté si on se base sur la limite fixée par la CEA qui est de 50% du PIB.




Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.