Développement

Après dix ans de travaux techniques préparatoires, le projet Ruzizi III avance

L’Union Européenne (UE) et le ministère des Finances ont signé  un accord portant sur le versement d’une aide non remboursable  de 9,1 millions d’Euros pour le démarrage des travaux préparatoires du barrage hydroélectrique  de Ruzizi III, le 19 février 2020. Sa production sera partagée à parts égales entre la République démocratique du Congo, le Burundi et le Rwanda. Ce projet régional, basé sur les énergies renouvelables, bénéficiera à une population estimée à 30 millions de personnes, dont 70% vivent sous le seuil de pauvreté et 6 % seulement ont actuellement accès à l’électricité

Selon un communiqué de presse de l’UE du 20 février, une étape essentielle  a été franchie pour le premier projet hydroélectrique régional en tant que Partenariat Public-Privé (PPP) en Afrique. Le ministre burundais des Finances a signé un accord sur le versement d’une aide non remboursable avec la Banque Européenne d’Investissement (BEI) le 19 février à Bujumbura.

Les derniers travaux préparatoires du projet hydroélectrique de Ruzizi III vont démarrer avec le déblocage  des 9 millions d’Euros.

« Cela faisait dix années d’appui financier de la BEI et de l’UE en préparation à ce projet hydroélectrique d’une puissance de 147 MW », lit-on toujours dans le communiqué.

Le projet bénéficie du soutien du Burundi, du Rwanda, de la RDC et d’un consortium privé pour assurer l’approvisionnement en énergie dans la région.

Le premier projet de partenariat public-privé (PPP) visant à produire de l’énergie renouvelable à partir des ressources partagées en Afrique se fait un peu plus concret encore aujourd’hui après la signature d’un accord majeur pour le démarrage des travaux préparatoires.

Un engagement ferme de l’UE à soutenir les énergies renouvelables en Afrique

« La Banque Européenne d’Investissement, l’UE et les bailleurs de fonds du projet travaillent en étroite collaboration avec les gouvernements du Burundi, du Rwanda et de la RDC depuis plus de 10 ans pour faire en sorte que le premier projet de PPP ayant trait à l’énergie propre dans trois pays africains devienne réalité et que des millions de personnes aient accès à l’électricité. L’accord conclu ce jour témoigne de l’engagement ferme de l’UE à soutenir les énergies renouvelables en Afrique et à mobiliser l’appui des investisseurs privés en faveur du développement durable », a indiqué Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque Européenne d’Investissement.

Et Claude Bochu, Ambassadeur de l’UE au Burundi de renchérir: « L’UE s’est engagée à soutenir l’accès à l’énergie propre en Afrique. Grâce à une coopération étroite avec des partenaires locaux et internationaux, les travaux géotechniques de Ruzizi III peuvent enfin démarrer. Le projet de Ruzizi III est en quelque sorte l’équivalent africain du pacte vert pour l’Europe ».

Le bouclage financier du projet hydroélectrique de Ruzizi III devrait intervenir d’ici à la mi-2021. C’est un projet hydroélectrique régional d’une puissance de 147 MW. Le Burundi bénéficiera de 76,6 MW

L’aide non remboursable sera mise à disposition par l’UE par l’intermédiaire du Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures. La Banque européenne d’investissement en assurera la gestion.

Permettre la double capacité de production d’électricité au Burundi

La mise en service de Ruzizi III aura pour effet de doubler la capacité actuelle de production d’électricité du Burundi.

Il augmentera la capacité installée du Rwanda de 33 % et fournira à la RDC l’énergie de base dont a tant besoin l’Est du pays.

Protéger les forêts africaines et réduire la dépendance envers le charbon de bois

Le projet de Ruzizi III soutiendra l’intégration régionale et réduira la dépendance à l’égard d’une production thermique coûteuse ainsi que la dépendance locale au bois de chauffage et au charbon de bois, une menace majeure pour les forêts et la biodiversité des pays.

Le bouclage du projet prévu d’ici mi-2021

L’UE, la BEI et d’autres partenaires financiers européens apportent leur appui au projet de Ruzizi III depuis 2009 tout en suivant les meilleures pratiques internationales sur les plans technique, environnemental et social. Parmi les institutions financières internationales apportant leur concours au projet figurent la Banque Européenne d’Investissement (BEI), l’UE, la Kreditanstalt Für Wiederaufbau (KFW), l’Agence Française de Développement (AFD), la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Banque Mondiale (BM).

Le projet de Ruzizi III bénéficie également du soutien d’organisations régionales telles que la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL), l’initiative du bassin du Nil et le Programme d’Action Subsidiaire des Lacs Equatoriaux du Nil (NELSAP). Le bouclage financier du projet hydroélectrique de Ruzizi III devrait intervenir d’ici à la mi-2021.

Un projet couplé à d’autres projets

C’est l’exemple du projet Jiji-Mulembwe. « Du 13 au 21 février 2020, les équipes de la Banque Européenne d’Investissement et de la Délégation de l’UE au Burundi ont effectué, en étroite collaboration avec le ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines,  la Regideso et les autres bailleurs, une mission de suivi du Projet Hydroélectrique de Jiji et Mulembwe », apprend-on du communiqué de presse du 21 février de l’UE.

Le projet hydroélectrique de Jiji et Mulembwe est un projet multi-donateurs financé à hauteur de 270, 4 millions USD par l’Etat burundais à 6 %, l’Union Européenne, la Banque Européenne d’Investissement et la Commission Européenne  à 49 %, la Banque Mondiale à 37 % et la Banque Africaine de Développement à 8 %.

Ce projet vise la réduction de la pauvreté à travers une augmentation significative de l’offre d’énergie propre, respectueuse de l’environnement et à un coût abordable.

Le projet Jiji-Mulembwe vient en complément des autres projets hydroélectriques nationaux (Ruzibazi : 15 MW, Kabu 16 : 20 MW) et régionaux (Ruzizi III, Rusumo Falls : 27 MW) bénéfiques pour le Burundi et financés par les mêmes bailleurs de fonds. Le projet a été lancé en septembre 2019 et devrait être achevé début 2024.

Le projet permettra la construction de 2 centrales hydroélectriques sur les rivières Jiji (31,7 MW) et Mulembwe (17 MW) et des lignes de transmission et postes associés, l’électrification des villages à proximité des barrages, ainsi que l’amélioration des capacités de gestion du secteur et de la REGIDESO.

Une fois terminé, le projet permettra de connecter au réseau électrique plus de 15.000 nouveaux ménages, 7.000 commerces, 1.700 unités industrielles, 54 écoles et centres de santé et 150 ménages dans la zone immédiate des barrages. Jiji-Mulembwe contribuera à l’objectif de faire passer le taux d’accès à l’électricité actuel de 10-15 % actuellement à 35% en 2030.

D’après les stratégies sectorielles de mise en œuvre du Plan National de Développement (2018-2027) élaborées par le ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines, les centrales hydroélectriques Ruzizi I et Ruzizi II sont interconnectés avec les pays de la CEPGL. Ils ont été respectivement mis en œuvre en 1958 et 1989. Le Burundi bénéficie de Ruzizi I  3, 5 MW et un tiers des 36 MW de production de Ruzizi II.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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