Développement

L’eau potable, une denrée rare à Cibitoke

Au chef-lieu de la province de Cibitoke, la pénurie de l’eau est une réalité. La population est obligée de se débrouiller pour trouver de l’eau potable destinée à la consommation et vaquer à certaines de leurs activités économiques. Les autorités reconnaissent l’existence de ce problème et promettent une solution dans un proche avenir.   Le reporter de Burundi Eco nous fait un aperçu de cette ville où l’eau potable est devenue une denrée rare

Il suffit d’arriver au centre-ville de la province Cibitoke dans la mi-journée pour constater que l’eau n’y coule pas à flot. Les places où se rencontrent beaucoup de personnes sont les plus touchées. Le marché de Rugombo-centre témoigne l’existence d’un malaise dû au manque d’eau potable. Cette denrée des moins chères au Burundi s’offre contre l’argent dans cette contrée. Aux abords de la RN5 qui passe devant le marché de Rugombo, les quelques kiosques ouverts pour la vente de quelques produits alimentaires comme les jus ne sont pas alimentés en eau potable. Les petits seaux posés devant les portes des quiosques et boutiques pour le lavage des mains en cette période où la prévention contre la Covid-19 est de rigueur ne sont qu’un trompe-œil. Certains d’entre eux ne contiennent pas d’eau.

La population du chef-lieu de la province Cibitoke fait face à la problématique liée au manque d’eau potable.

Un marché où l’assainissement fait défaut

Alors que nous sommes le lundi 9 août 2021, le marché de Rugombo est mouvementé. Certains stands au niveau de la périphérie servent de restauration pour les passants, mais aussi pour les commerçants opérant dans ce marché. Malheureusement, ces petits restaurants ne sont pas à envier. Le difficile accès à l’eau propre se révèle à tout visiteur. La situation qui fait prévaut dans les kiosques situés à la périphérie du marché est déplorable. Dans un de ces restaurants, les portes sont couvertes de couches noires et les meubles où sont accueillis les clients ont l’air de couper l’appétit aux moins avisés. La propreté des ustensiles de cuisine ne rassure pas. Ces nombreuses personnes qui viennent s’offrir un plat de midi sont obligées de se battre constamment contre les mouches qui pullulent dans ce milieu.

Les petits commerçants qui se battent tous les jours pour gagner un peu de sous ont fini par s’habituer à cette situation. En effet, ils doivent s’arranger pour trouver l’eau potable à utiliser. Selon un employé de restaurant rencontré à son poste, un bidon d’eau à ce centre s’achète à 300 FBu. « Nous payons 300 FBu avoir un bidon d’eau et nous pouvons utiliser jusqu’à huit bidons d’eau par jour », a-t-il indiqué. Selon un jeune homme qui n’a pas voulu beaucoup s’exprimer sur ce sujet, le marché de Rugombo n’a jamais été approvisionné en eau potable. Selon la même source, exception faite de quelques ménages connectés, les habitants les moins nantis sont obligés de payer pour avoir de l’eau propre.

De l’espoir à l’horizon

Les administratifs ne nient pas l’existence de ce challenger auquel fait face la population de la commune Rugombo depuis des années. Dans son intervention, Ruben Tubirabe, conseiller du gouverneur de la province Cibitoke chargé du développement a peint un tableau un peu sombre de cette situation. Pour lui, certaines communes de la province de Cibitoke dont Rugombo n’ont pas suffisamment de sources d’eau potable et font face à un sérieux problème lié au manque d’eau, surtout pendant l’été. « Personne ne peut dire le contraire. Le problème lié au manque d’eau est une question connue dans les communes de Rugombo et Buganda », a-t-il réagi. Toutefois, ce responsable chargé des questions de développement rassure quant à la solution de cette problématique. Selon Tubirabe, il existe un projet d’approvisionnement du chef-lieu de la province de Cibitoke en eau potable qui est conjointement exécuté par la province, le ministère en charge du développement communautaire et celui en charge de l’énergie et des mines. Il indique que toutes les études sont terminées et que les premiers tuyaux ont déjà été mis en terre alors que d’autres auraient été commandés.

Bien que les propos de Ruben rassurent sur la recherche des solutions, ce manque d’eau constitue un des risques sanitaires pour les populations qui en sont victimes.  Le conseiller du gouverneur a été interrogé sur le sort des personnes amenées à faire face à cette situation. Selon lui, ces personnes sont obligées de s’approvisionner en eau boueuse au niveau des rivières. 

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A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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