Santé

Ebola refait surface chez nos voisins

L’épidémie d’Ebola ressurgit en RDC et en Ouganda, poussant l’OMS à déclarer une urgence sanitaire internationale. Avec des dizaines de cas confirmés et des centaines de suspects, la menace s’étend rapidement aux zones urbaines. Le Burundi, voisin direct, est considéré comme un pays à risque élevé d’introduction de la maladie à virus Ebola.

 

Une urgence de santé publique de portée internationale face à une épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda a été déclarée par le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, dimanche le 17 mai 2026.

Dans une conférence de presse qu’il a animé ce mercredi 20 mai 2026, il a indiqué qu’à ce jour, 51 cas ont été confirmés en RDC dans les provinces septentrionales d’Ituri et du Nord-Kivu, notamment dans les villes de Bunia et de Goma. « Bien que nous sachions que l’ampleur de l’épidémie en RDC est bien plus importante », tient-il à préciser. L’Ouganda a également informé l’OMS de deux cas confirmés dans la capitale Kampala, dont un décès parmi deux personnes ayant voyagé de la RDC en Ouganda. Un ressortissant américain qui travaillait en RDC a également été testé positif et a été transféré en Allemagne.

Une situation plutôt inquiétante

Comme le dit le Dr Tedros, plusieurs facteurs justifient de vives inquiétudes quant au risque de propagation accrue et de nouveaux décès. L’un est qu’outre les cas confirmés, il y a près de 600 cas suspects et 139 décès suspects. « Nous nous attendons à ce que ces chiffres continuent à augmenter compte tenu de la durée de circulation du virus avant que l’épidémie ne soit détectée », dit-il. En plus, l’épidémie s’est étendue avec des cas signalés dans plusieurs zones urbaines. Il y a aussi le fait que des décès ont été signalés parmi les professionnels de la santé. Ce qui indique une transmission associée aux soins de santé.

La province d’Ituri, en plus d’être instable au niveau sécuritaire, est également une zone minière avec d’importants mouvements de population qui augmentent le risque de propagation. Enfin, cette épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une espèce de virus Ebola pour laquelle il n’existe aucun vaccin ni traitement approuvé.

Le Burundi encore une fois en alerte

Dans un communiqué du 16 mai 2026, le Ministère de la Santé Publique de la République du Burundi a informé qu’une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola a été déclarée le 15 mai 2026 par les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Ouganda. Les cas confirmés se concentrent actuellement dans la province de l’Ituri au Nord-Est de la RDC touchant plusieurs zones de santé.

Ce communiqué mentionnait que la situation est particulièrement préoccupante pour la sous-région, car les zones affectées se trouvent à moins de 400 km du Burundi avec des flux réguliers de mobilité entre les deux pays, notamment via les axes Bujumbura-Goma par voies aérienne et terrestre.

« Au regard de la proximité géographique, de la mobilité transfrontalière et des expériences épidémiques précédentes, le Burundi est considéré comme un pays à risque élevé d’introduction de la maladie à virus Ebola », lit-on dans ce même communiqué.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle menace se déclare

Durant différentes années, le Burundi a dû activement faire face à la menace d’Ebola et déployer des plans de riposte d’urgence. En 2014, l’épidémie d’Ebola avait fait plus de 11 400 morts en Afrique de l’Ouest dans des pays comme la Guinée-Conakry, le Liberia et la Sierra Leone. Le Burundi a été classé parmi les 15 pays africains cartographiés comme pays à risque de l’épidémie d’Ebola selon une étude qui a été publiée à Londres par l’Université d’Oxford. Des mesures de prévention ont été prises au Burundi, notamment à l’aéroport qui présentait un risque élevé d’être la porte d’entrée d’Ebola car, jusque-là, aucun cas n’avait été signalé dans les pays voisins.

Le 17 juillet 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que l’épidémie d’Ebola était désormais une « urgence » sanitaire mondiale. Ce virus avait tué plus de 1 600 personnes en République démocratique du Congo (RDC), pays voisin du Burundi. Au mois d’août 2019, pour se protéger, le Burundi a lancé une campagne de vaccination préventive pour son personnel de santé de première ligne. En 2022, le Burundi a mené de vastes actions d’anticipation et de surveillance aux frontières terrestres et lacustres en raison d’une épidémie d’Ebola déclarée en Ouganda au mois de septembre 2022. Durant toutes ces années, aucun cas d’Ebola n’a été confirmé au Burundi.

A luta continua

Compte tenu de la recrudescence récente des cas d’Ebola en RDC, le Ministère de la Santé Publique appelle la population à rester vigilante, à respecter les mesures d’hygiène, surtout le lavage fréquent des mains avec de l’eau propre et du savon, d’éviter la consommation de la viande des animaux sauvages trouvés morts, d’éviter de toucher les cadavres dont les causes de décès sont inconnues, d’éviter les déplacements inutiles vers les zones infectées, de signaler rapidement tout cas suspect et d’éviter la stigmatisation.

Le Ministère de la Santé Publique encourage la population à rester vigilante et à signaler toute personne présentant des symptômes comme de la fièvre, des céphalées, de la fatigue, des douleurs musculaires ou un mal de gorge qui sont suivis de vomissements, de diarrhée et quelquefois d’un syndrome hémorragique comme le saignement des gencives, la présence de sang dans les selles, à l’établissement de santé le plus proche ou à appeler la ligne verte 117.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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