Développement

Eclairage public, un long chemin à faire

Les poteaux électriques n’éclairent plus certaines voies publiques. La plupart des lampes ont été volées, plongeant les rues dans le noir. Banditisme, sabotage et accidents sont devenus monnaie courante. Une situation qui inquiète plus d’un. Burundi Eco a fait un tour dans certaines parties de la Mairie de Bujumbura pour constater les faits

Nous sommes mardi le 6 août 2019 vers 19 heures au boulevard de l’OUA, une route qui passe près des marchés COTEBU et chez Siyoni jusqu’au rond-point des Nations-Unies. Il y a deux ans, cette voirie s’était dotée de lampadaires solaires qui servaient d’éclairage publique. Actuellement, aucun lampadaire solaire ne fonctionne. Les piétons et les cyclistes sont éclairés par les phares des véhicules et les lampes accrochées aux murs de quelques habitations.

La Chaussée du Peuple Murundi qui part du rond-point des Nations-Unies jusqu’ à l’hôtel Water Front n’est pas épargnée. Une grande partie de cette voie publique est dans le noir, à part le tronçon situé entre la Mairie de Bujumbura et l’hôtel Water Front où quelques lampadaires solaires fonctionnent à peine. On reconnait la splendeur de la ville de Bujumbura en arrivant à la Place de l’Indépendance où l’intérieur de cet espace public est éclairé. Les lampadaires extérieurs des buildings prennent le relai. Ce qui permet aux piétons de se déplacer tranquillement.

Photo Eclairage publique Mairie de Bujumbura
Sur les différentes voiries de la Mairie, les poteaux électriques ont été soit cognés, soit vandalisés. Certains sont tombés, d’autres sont hors d’usage

Sur la Chaussée du Prince Louis Rwagasore, les poteaux électriques existent, mais ne fonctionnent plus. La route est éclairée par les lampes des maisons, des magasins ou des stations se trouvant au bord de cette voie. Même scène sur le Boulevard de l’UPRONA, l’éclairage n’y est plus que par endroit, cette voie menant aux anciens bureaux de la présidence.

Sur le Boulevard Mwezi Gisabo, c’est l’obscurité totale. Aucun poteau électrique ne fonctionne. Les poteaux électriques ont été soit cognés, soit vandalisés. Certains sont tombés, d’autres sont hors d’usage. Et pourtant, l’axe est emprunté fréquemment par les dignitaires, mais aussi les véhicules qui assurent le transport en commun. Les accidents sont fréquents, une des probables conséquences du manque d’éclairage.

Des scenarii qui s’observent aussi sur les routes qui mènent vers les quartiers périphériques. De Kinama à Kamenge en passant par Ngagara, les habitants se sentent moins sécurisés quand ils doivent se déplacer la nuit. Ils sont éclairés par les phares des véhicules, les lampes accrochées aux murs des habitations ou ils recourent à leurs téléphones portables. « Alors que je rentrais chez moi, au quartier Mutakura, des bandits ont fait irruption et m’ont arraché mon sac à dos où se trouvaient mes deux téléphones portables et un ordinateur. Je n’ai pas pu les identifier et ils se sont vite volatilisés dans le quartier », témoigne Kelly Nibasumba, une étudiante victime de racket. Pour elle, si la voirie urbaine était éclairée, de tels actes ne seraient pas commis ou diminueraient d’ampleur. Elle demande à la Mairie de penser à l’éclairage de tels endroits.

Eclairer les façades des maisons, une bonne initiative

Avant la veille de la célébration du 57ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, le maire de la ville de Bujumbura Freddy Mbonimpa avait recommandé aux habitants de mettre des lampes sur les murs donnant sur la voie publique de leurs résidences. Dans le quartier Kigobe où nous sommes passés, des lampes placées sur les clôtures des maisons éclairent les avenues. Ce qui tranquillise les habitants. « Les catchs ne sont plus fréquents depuis que les propriétaires des maisons ont pris l’initiative de laisser leurs lampadaires allumés », se réjouit James, un habitant du quartier.

Au nord de la capitale, dans le quartier Carama, plusieurs maisons sont éclairées sur leurs façades extérieures. Même à défaut des lampes de la Regideso sur les voies publiques, les piétons se disent en sécurité. « Je suis habitué à quitter le centre-ville un peu tard la nuit, mais je n’ai aucune inquiétude quand je traverse le quartier », témoigne Eric Ndayikunda, un habitant de Carama. La plupart des maisons appartiennent à des hauts gradés de l’armée, de la police ou des hauts dignitaires. Normal, donc pour lui, que leurs clôtures soient éclairées. A Kamenge et Kinama, les clôtures éclairées alternent avec celles qui ne sont pas éclairées le long des différentes avenues. Parfois l’une est très éclairée et l’autre se trouve dans une sorte de pénombre.

En attendant une solution durable au problème de l’éclairage publique, Freddy Mbonimpa fait savoir qu’il est en contact avec les partenaires pour remédier à cette situation. Et d’ajouter que la population sera appelée à donner sa contribution quant à la surveillance des saboteurs des poteaux et lampes publics.

A propos de l'auteur

Bonaparte Sengabo.

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