Education

Ecofo Karurama I : Des classes en mode surpeuplé

Des salles de classe pleines à craquer. Certains élèves sont assis à même le sol, d’autres se bousculent sur un même banc pupitre à plus de 4. Les conditions d’apprentissage sont pitoyables. Les autorités éducatives appellent à l’aide.

Certaines salles de classe de l’Ecofo Karurama I sont pleines à craquer.

 

Pour nous enquérir de la situation, nous sommes allés à la découverte de l’école fondamentale Karurama I située dans la commune Rugombo de la province Cibitoke. Il est 14h. A première vue, les cours de l’après-midi ont déjà commencé. Les élèves sont dans les classes. Dans la cour de l’école tant belle que propre, les voix des enseignants retentissent.

De mauvaises conditions d’apprentissage

En entrant dans la classe de 3ème année primaire B, la situation est intenable. Il y a 31 bancs pupitres pour 185 élèves. Les écoliers suivent les cours assis sur le sol. Les plus chanceux qui ont réussi à avoir des bancs pupitres sont assis à 5.  Un environnement difficile qui n’est guère propice à des études scolaires sereines pour des apprenants issus généralement des milieux à faibles revenus. La situation est pareille dans d’autres classes.

Les élèves assis par terre changent chaque fois de position. Ce que nous témoigne Noëlla Mugisha, élève en classe de 2ème.  Assise par terre, pour prendre des notes, elle met ses cahiers sur les genoux et courbe le dos pour écrire. Fatiguée, elle se met carrément à plat ventre. Ce qui lui fait mal, selon elle. Et d’indiquer qu’étant tout près du tableau, elle n’arrive pas à bien voir ce qui est écrit au tableau.

Chantal Iradukunda, élève en 3ème année, abonde dans le même sens. « Je n’arrive pas à bien écrire dans mon cahier parce qu’on est très serré et les autres élèves me bousculent. Et, arriver à la maison, je n’arrive pas à bien lire ce que j’ai écrit pour réviser les cours.

Les enseignants semblent dépassés.

Jeanne Manirutingabo, jeune enseignante doit se casser en mille morceaux pour les encadrer. Le suivi des cours est difficile. « Les enfants ne font que déranger et dès que je vais faire taire ceux de derrière, ceux de devant prennent la relève et dérangent de plus belle ». Dans cette classe, les enfants sont assis jusqu’au tableau. Cette éducatrice nous confie qu’il lui est difficile de passer au milieu des enfants assis par terre pour aller au tableau. Elle se trouve obliger de développer diverses stratégies dans cet environnement qui sort de l’ordinaire.

Le manque de matériel didactique hante également cette école. La classe de 3ème année a seulement 5 livres qui, malheureusement, sont très abîmés. Pour remédier à cela, l’école a décidé de demander aux élèves de donner 100 FBu pour faire les photocopies des livres. « Mais cela n’a pas résolu le problème car, parmi les 185 élèves, ceux qui ont réussi à avoir les 100 FBu sont seulement au nombre de 20 ». Le pire c’est le moment d’enseigner le Kirundi car, selon cette éducatrice, l’école dispose d’un seul livre de Kirundi qui a été acheté par un parent d’un élève.

La direction demande la construction de nouvelles salles de classe

Emmanuel Ndikumana, maître responsable de cette école fait savoir que ce surpeuplement des classes s’explique par la qualité de l’éducation à cette école. L’école a une bonne réputation et les parents lui vouent beaucoup d’engouement ». Il demande au gouvernement de construire d’autres salles de classe. L’école dispose de 11 classes pour 2445 élèves. Il rassure que le nombre d’enseignants est suffisant. Ils sont au nombre de 40 de la 1ère année à la 9ème année. Il soutient que le suivi de ces élèves demeure pénible et que les mauvaises conditions d’apprentissage influent sur les résultats scolaires des élèves. Selon lui, le manque de places pour s’asseoir et de matériel didactique dans les écoles décourage certains enfants à aller à l’école. Ce qui peut causer des abandons scolaires. Rappelons que le même problème s’observe également à l’Ecofo Karurama II.

A propos de l'auteur

Chanelle Irabaruta.

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