Environnement

Elargissement des lits des rivières Ntahangwa et Kanyosha : Y’a-t-il une solution durable ?

L’élargissement des lits de certaines rivières qui traversent la ville de Bujumbura inquiètent les riverains. Les conséquences sont fâcheuses. La construction des infrastructures génératrices de revenus sur ces rivières serait une solution incontournable

L’élargissement des lits de certaines  rivières qui traversent la ville de Bujumbura inquiètent les riverains. Les exemples les plus emblématiques sont les rivières Kanyosha et Ntahangwa. Les conséquences de cette situation sont fâcheuses. Les infrastructures tant publiques que privées ne cessent de s’effondrer. D’autres sont au bord du précipice. Pour calmer la situation, on a pensé à les réhabiliter. Les rivières Gasenyi et Nyabagere ont été les premières à être réhabilitées. De plus, l’élargissement du lit de la rivière Ntahangwa a provoqué une peur panique chez les habitants des quartiers  Kigobe, Mugoboka, Mutanga Sud, Buyenzi et Nyakabiga.  Le gouvernement en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers a réagi face à cette situation chaotique. Des travaux d’urgence visant la protection de l’école primaire du jardin public de Nyakabiga, de l’église pentecôte Nyakabiga, du quartier Kigobe, du pont de la République et du campus Mutanga ont été entrepris.   

Elargissement du lit de la rivière Ntahangwa, une menace inouïe

Malgré ces travaux, la rivière Ntahangwa constitue encore une menace sérieuse pour les riverains. L’élargissement du lit de cette dernière ne cesse de faire des ravages. Les quartiers Mutanga Sud, Mugoboka et Buyenzi sont devenus des proies faciles de cette rivière. S’il pleut, la situation s’aggrave. Par conséquent, les infrastructures tant publiques que privées  ne cessent de s’affaisser. D’autres pourront être détruites si rien n’est fait dans l’immédiat. Les habitants de ces quartiers lancent un cri d’alarme. Jacques Ciza rencontré au quartier Mugoboka fait savoir que les habitations sont menacées par cette rivière. L’ECOFO Mutanga Sud située sur l’avenue Sanzu est aussi au bord du gouffre. Au quartier Buyenzi, la situation est la même. Les infrastructures sont menacées. Le lit de la rivière s’élargit et les maisons s’effondrent du jour au jour.

Le lit de la rivière Kanyosha ne cesse de s’élargir

Elargissement de la rivière Kanyosha, la population riveraine dans la désolation

La rivière Kanyosha n’échappe pas à la règle. Le lit ne cesse de s’élargir. Les maisons s’affaissent et la population riveraine est toujours dans la désolation. Cette situation se présente ainsi au moment ou vers les années 1970 le lit de cette rivière ne dépassait pas 1 mètre.

La déforestation, une des causes de cette situation

Selon Ir Marc Rugerinyange, Coordonnateur des projets au Groupe EIS-EKA, la rage de la rivière Ntahangwa commence en amont dans les contreforts qui surplombent la ville de Bujumbura. Ces montagnes influencent la dynamique pluviale. Le sol n’est pas protégé par une couverture végétale. S’il pleut, l’eau ne s’infiltre pas. Elle coule avec une très forte pression et emporte tout ce qu’elle rencontre sur son passage. Comme aucune chose n’arrête la force de l’eau, les berges deviennent fragiles de par et d’autres du lit de cette rivière. Un autre facteur c’est la dynamique des paysages qui est à l’origine de l’instabilité du sol.

L’extraction des matériaux de construction ajoute le drame au drame

Selon Rugerinyange, les gens qui extraient le moellon, le sable et le gravier dans les rivières Ntahangwa et Kanyosha empirent la situation. La vitesse de l’eau devient excessive détruisant les bordures et élargissant le lit. Dans certaines zones situées entre Mutanga nord et Mutanga sud, le lit va jusqu’à plus de 100 m avec une pente dépassant 20 m. A Mugoboka, sur l’avenue Sanzu, la route goudronnée est déjà affectée. Pour lui, le gouvernement devrait protéger le plus rapidement possible les maisons menacées d’écroulement.

Selon Rugerinyange, réhabiliter les rivières qui traversent la ville de Bujumbura est une bonne initiative car la situation est dramatique.  N’eût été l’engagement de l’Etat et de ses partenaires techniques et financiers comme le Pnud, on allait enregistrer des dégâts gigantesques. Grâce à eux, les travaux d’urgence de protection de certaines infrastructures riveraines de la rivière Ntahangwa sont en cours.

La construction des tunnels sur les rivières traversant la ville de Bujumbura, un bon remède

Néanmoins, il fait savoir qu’il est possible de réaliser des travaux de grande envergure sur toutes les rivières qui traversent la ville de Bujumbura et pour remédier pour de bon à l’élargissement de leurs lits et aux effets pervers qui en résultent. «On peut construire des tunnels sur ces rivières et, au dessus de ces tunnels, on pourra ériger d’autres infrastructures génératrices de revenus qui contribueront au développement du pays à travers les taxes et les impôts divers» souligne- t- il.  De plus, ces activités vont générer des emplois. Il précise qu’on pourrait gagner une très grande superficie sur toutes ces rivières, estimée à 200 ha sur la rivière Ntahangwa.   

Jean Marie Sabushimike, géographe et professeur à l’université du Burundi propose le gabionnage, la construction des murs de soutènement ainsi que la plantation des arbres en amont et en aval. Selon toujours lui, pour une solution durable, le gouvernement devrait commander une étude pluridisciplinaire où se retrouveraient les ingénieurs, les géographes, les économistes, les  environnementalistes, etc. Ils auront pour rôle d’étudier tout ce qui est nécessaire pour assurer la durabilité du projet surtout que la section inférieure, moyenne et supérieure n’ont ni les mêmes problèmes ni les mêmes besoins.

Sabushimike conclut en demandant au gouvernement d’effectuer des études d’aménagement  avant de faire des travaux de grande envergure comme la viabilisation des terrains ou la construction des infrastructures.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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