Dans la zone Buringa de la commune Gihanga en province Bubanza, l’élevage des bovins est devenu une activité purement commerciale. Parallèlement, un marché spontané de fourrage s’est ouvert dans cet endroit. Avec courage et détermination, des vendeurs de fourrage s’activent pour gagner entre 5 mille et 8 milles FBu par un fagot de fourrage
Quand nous sommes arrivés à Buringa, l’heure était avancée. Le soleil avait déjà disparu derrière les hautes montagnes de l’autre côté du lac Tanganyika et le ciel commençait à s’obscurcir pour laisser paraître les étoiles. A Buringa, les bergers avaient déjà terminé de traire les vaches et les derniers vendeurs de fourrage commençaient à quitter les lieux. Cependant, certains des gens exerçant le métier de vendeur de fourrage passaient encore dans les étables pour remettre quelques fagots aux bergers en échange de l’argent.
Pour M.D, la journée a été longue. Il vient de déposer son fagot de fourrage en compagnie de ses trois amis dans une étable. Ces vaillants travailleurs vivent aux dépens de l’élevage des vaches. Tous les jours, ils passent de longues heures à errer dans les montagnes pour trouver une bonne herbe pour les vaches à échanger contre l’argent. Contre vents et marais, ils doivent gagner au moins un billet de 5000 FBu par jour. Pour ces travailleurs infatigables, l’essentiel est de gagner une somme d’argent lui permettant d’avoir de quoi manger et de subvenir aux autres besoins essentiels.
Après avoir remis son fourrage au berger, chaque vendeur de fourrage reçoit sa rémunération. Au visage rayonnant de joie malgré la fatigue, M. D rattache sa corde sur son vélo. L’heure du repos arrive après de longues heures de travail pour ces hommes qui ont trouvé un marché opportun du fourrage dans ce milieu où l’élevage des bovins s’est transformé en une véritable industrie.

Tous les jours, ils passent de longues heures à errer dans les montagnes pour trouver un fourrage de qualité à échanger contre l’argent.
A la découverte d’un travailleur dévoué
Jeune âgé d’environ 30 ans, M.D se bat pour la survie de sa famille. Il a dû faire plusieurs kilomètres de Bururi à Bubanza à la recherche d’un boulot rémunérateur. « Je travaille comme vendeur de fourrage depuis longtemps, mais cela n’a pas toujours été mon boulot », confie M.D. Cet homme qui décrit son travail comme un job très fatigant indique qu’il a parfois changé de boulot pour y retourner ensuite. «Aujourd’hui, j’ai dû travailler depuis 10 heures du matin et c’est maintenant que je viens de vendre mon fagot de fourrage», dit-il.
Natif de la province de Bururi, il sera obligé de déménager pour s’installer à Buringa dans la province de Bubanza où il travaille comme vendeur de fourrage. Chaque matin, il part au travail dans la plaine de l’Imbo. D’après lui, son objectif lorsqu’il a décidé de quitter sa province et sa famille était de pouvoir gagner de l’argent pour faire vivre sa famille. Pour un moment, il a travaillé dans les champs avant d’embrasser le métier de vendeur de fourrage.
Ce sont des travailleurs indépendants
M.D. n’a pas de salaire mensuel. Chaque matin, il va à la recherche du fourrage qu’il expose au marché à son retour. Comme cela se passe sur tous les marchés, la somme qu’il gagne sur son fourrage est fonction de la quantité vendue. Souvent, il ne parvient pas à faire deux tours au marché. « Il est très difficile de trouver du fourrage pendant la saison sèche », indique-t-il. Bien que le prix du fourrage augmente pendant l’été, on ne gagne pas beaucoup d’argent. Selon Minani, on est souvent amené à effectuer un long trajet. « Nous sommes obligés de parcourir de longues distances », affirme-t-il.
Cependant, il parvient à gagner entre 5 mille et 8 mille FBu par tour. « C’est difficile de dire combien on gagne par jour, car ça dépend de la quantité et de la qualité du fourrage vendu », explique cet ouvrier. S’il a la chance de trouver un endroit propice, il peut faire deux tours par jour et ainsi gagner plus. Ce père de famille travaille pour le bien-être de sa famille. Après avoir gagné un peu d’argent, il retourne dans sa famille pour rejoindre son boulot après quelques jours. C’est aussi, pour lui, un moyen de prendre congé de son travail. Pour ce vendeur de fourrage, l’essentiel est de gagner de l’argent. Il se fout de la fatigue et d’autres défis liés à son métier.




Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.